Comment la Suisse s’engage-t-elle au Conseil de sécurité de l’ONU?

La Suisse siège au Conseil de sécurité de l’ONU en 2023 et 2024. Son expertise en matière de paix et de sécurité internationale enrichit les discussions et les débats qui s’y tiennent. En mai 2023, la Suisse assurait la présidence du Conseil. Toute information concernant l’action de la Suisse ainsi que ses déclarations prononcées dans le cadre de son mandat au Conseil de sécurité sont publiées ici, sur le fil d’actualité.

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis est assis à la table en fer à cheval du Conseil de sécurité de l'ONU. Devant lui se trouve un panneau en bois portant l'inscription «Président».

Le 3 mai 2023, le conseiller fédéral Ignazio Cassis a présidé un débat du Conseil de sécurité de l'ONU axé sur l'instauration d'une confiance mutuelle. © DFAE

Le Conseil de sécurité de l’ONU en bref

Composition du Conseil de sécurité en 2024

Infographie représentant la composition du Conseil de sécurité de l’ONU en 2024. 5 membres permanents: France, États-Unis, Russie, Royaume-Uni et Chine. Et 10 membres non permanents: Suisse, Équateur, Malte, Japon, Mozambique, Algérie, Guyana, Sierra Leone, Slovénie et République de Corée.
Composition du Conseil de sécurité en 2024. © DFAE

Priorités et rôles de la Suisse au sein du Conseil de sécurité de l'ONU

Priorités

Le 31 août 2022, le Conseil fédéral a fixé quatre priorités pour le mandat de la Suisse au Conseil de sécurité de l’ONU:

  1. Construire une paix durable
  2. Protéger la population civile
  3. Renforcer l’efficience du Conseil de sécurité
  4. Agir pour la sécurité climatique

La Suisse souhaite se positionner de manière crédible sur tout l’éventail thématique figurant à l’agenda du Conseil de sécurité.

Les priorités suisses en détail

Rôles de la Suisse

Rédactrice (Penholderships):

  • Co-rédactrice du dossier Syrie humanitaire
  • Co-rédactrice pour le Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel (UNOWAS) avec la Sierra Leone

Présidences d'organes subsidiaires:

  • Présidente du Comité des sanctions sur la République populaire démocratique de Corée
  • Co-présidente du groupe informel d’experts sur les femmes, la paix et la sécurité, avec la Sierra Leone
  • Co-présidente du groupe informel d'experts sur le climat et la sécurité, avec le Mozambique
  • Point focal point focal informel sur «conflits et faim», avec le Guyana
  • Point focal sur la Cour pénale internationale (CPI), avec le Japon
  • Co-présidente du groupe informel d’experts sur la protection des civils, avec le Royaume-Uni

19.04.2024 – L'OSCE est un pilier central de l'architecture de paix en Europe

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et le Conseil de sécurité de l'ONU partagent le même objectif : instaurer et maintenir la paix et la sécurité. Le Conseil de sécurité s’engage dans ce mandat au niveau mondial, l'OSCE au niveau régional. La coopération entre les deux organes multilatéraux est essentielle. Ce thème était au centre d'un briefing du Conseil de sécurité aujourd'hui.

Des véhicules tout-terrain blancs de l'OSCE sont garés sur un parking dans une zone de conflit.
L'OSCE observe notamment et joue un rôle de médiateur dans les zones de conflit, contribuant ainsi à la prévention et à la gestion des conflits. © Keystone

La création de l'OSCE il y a près de 50 ans a jeté les bases d'un ordre pacifique fondé sur des règles dans la région de l'OSCE - comme le prévoit également la Charte de l'ONU. La guerre contre l'Ukraine a ébranlé l'OSCE et l'a placée devant de nouveaux défis, mais elle continue d'apporter une contribution importante à la stabilité dans de nombreuses régions de notre continent. En Abkhazie et en Ossétie du Sud, par exemple, elle contribue à la prévention et à la gestion pacifique des conflits. Ou dans les Balkans occidentaux, où l'OSCE promeut la gouvernance démocratique, y compris les élections, les droits de l'homme ainsi que les activités économiques et l'implication des jeunes dans les processus politiques. Ce sont tous des facteurs essentiels pour une paix durable - une priorité de la Suisse pour son adhésion au Conseil de sécurité de l'ONU.

En tant que médiateur et observateur impartial et grâce à son observation indépendante des élections, l'OSCE est un pilier central de l'architecture de la paix et de la sécurité en Europe, surtout en période de pressions accrues. Parallèlement à son siège au Conseil de sécurité de l'ONU, la Suisse s'engage également au sein de l'OSCE pour un multilatéralisme et une paix efficaces. Elle attache une grande importance à la cohérence entre les deux organes. Pour une Europe sûre, il faut aussi une OSCE forte et capable d'agir.

Déclaration de la Suisse, briefing OSCE, Conseil de sécurité de l'ONU, 19.04.2024

18.04.2024 – Demande d’adhésion de la Palestine comme État membre à part entière de l’ONU

La demande d’adhésion de la Palestine comme État membre à part entière de l’ONU n’a pas été soumise à l’Assemblée générale de l’ONU en raison du veto qu’y ont opposé les États-Unis le 18 avril au sein du Conseil de sécurité. La Suisse s’est abstenue lors du vote. Après avoir bien considéré tous les intérêts en jeu et consulté les présidents des commissions de politique extérieure du Parlement, le Conseil fédéral est arrivé à la conclusion que l’adhésion de la Palestine en tant que membre à part entière de l’ONU n’était pas, pour l’heure, de nature à favoriser un apaisement de la situation et les efforts de paix au Proche-Orient. La Suisse demeure attachée à la solution à deux États.

Depuis 2012, la Palestine a un statut d’État observateur aux Nations Unies. Elle a réactivé, le 2 avril 2024, la demande d’adhésion en tant que membre à part entière de l’ONU qu’elle avait faite en 2011 et qui n’était jamais allée à son terme. Conformément à la Charte de l’ONU, l’admission d’un nouveau membre se fait sur décision de l’Assemblée générale. Avant de parvenir à ce stade, le Conseil de sécurité doit émettre une recommandation positive à l’égard de la demande d’adhésion. Les États-Unis ayant opposé leur veto à la recommandation, la demande ne sera pas soumise au vote à l’Assemblée générale.

La Suisse estime qu’eu égard à la situation très instable au Proche-Orient et dans une perspective globale de politique de paix, l’adhésion pleine et entière de la Palestine à l’ONU n’est pas appropriée à l’heure actuelle. C’est pourquoi le Conseil fédéral a décidé de s’abstenir lors du vote au Conseil de sécurité de l’ONU sur la demande palestinienne. Cette décision a fait suite à une évaluation complète de la situation géopolitique globale et à la consultation des présidents des commissions de politique extérieure des Chambres fédérales, selon l’art. 152, al. 4 de la loi sur le Parlement. La Suisse estime qu’il serait mieux de procéder à l’adhésion de la Palestine aux Nations Unies en tant que membre à part entière à un moment où une telle mesure s’insérerait dans la logique d’une paix émergente.

La Suisse demeure attachée à la solution à deux États. Le Conseil fédéral est convaincu, comme cela a été souligné dans la stratégie MENA 2021-2024, que seule une solution à deux États négociée par les deux parties, conformément au droit international et aux paramètres convenus au niveau international, peut conduire à une paix durable au Proche-Orient.

Déclaration de la Suisse après le vote, Conseil de sécurité de l'ONU, 18.04.2024

Communiqué de presse: Demande d’adhésion de la Palestine comme État membre à part entière de l’ONU, 18.04.2024

Actualité: Situation au Proche-Orient

18.04.2024 – Proche-Orient : la solution à deux Etats est la base d'une paix durable

Dans le cadre d'un débat ministériel, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est penché sur la situation actuelle au Proche-Orient. Au vu des derniers développements et de l'escalade de la spirale de la violence, la Suisse a souligné dans sa déclaration la nécessité urgente de la désescalade et du respect du droit international. « Le respect de la Charte de l’ONU, du droit international humanitaire et des droits de l’homme doit guider toutes les parties aux conflits », a déclaré l'ambassadrice suisse à l'ONU au Conseil de sécurité.

Depuis les actes terroristes du Hamas du 7 octobre, que la Suisse condamne avec la plus grande fermeté, le Conseil de sécurité a adopté trois résolutions qui n'ont pas été appliquées. A New York, la Suisse a exigé aujourd'hui leur mise en œuvre immédiate. « Le cessez-le-feu exigé par la résolution du 25 mars exigé par la résolution 2728 n’a pas été respecté, tous les otages n’ont pas été libérés et de nombreux civils sont chaque jour victimes des combats », a rappelé l'ambassadrice suisse à l'ONU.

La situation humanitaire déjà dramatique dans la bande de Gaza se détériore à vue d'œil, une famine est imminente. L'aide humanitaire doit pouvoir être acheminée sans entrave par tous les points de passage possibles et distribuée dans tout Gaza, y compris dans le nord. En outre, la Suisse a réitéré sa demande de libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages restants.

Parallèlement, la situation en Cisjordanie ne doit pas être oubliée. La violence y a atteint un niveau record, notamment la violence des colons, que la Suisse condamne.

A New York, la Suisse a appelé toutes les parties au strict respect du droit international humanitaire. Elle reste convaincue que la base d'une paix durable au Proche-Orient repose sur une solution à deux Etats. Seule cette solution, négociée par les deux parties dans le respect du droit international, peut conduire à une paix durable entre Israéliens et Palestiniens. « La Suisse est prête à contribuer de manière constructive à une telle solution », a souligné l'ambassadrice suisse à New York.

Déclaration de la Suisse sur la situation au Proche-Orient, Conseil de sécurité de l'ONU, 18.04.2024

17.04.2024 – Les jeunes jouent un rôle central pour la paix

Le 17 avril 2024, dans le cadre d'un débat ouvert, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est penché sur le rôle des jeunes pour la paix dans le bassin méditerranéen. La Suisse est convaincue de la nécessité d’offrir aux jeunes de bénéficier d'un environnement épanouissant dans lequel ils et elles peuvent contribuer à la cohésion sociale, à l'apaisement des tensions et à l'économie.

« Le destin de chaque nation dépend de sa jeunesse », dit un proverbe arabe, une langue parlée par de nombreux jeunes dans la région de la Méditerranée. Les jeunes y jouent un rôle important dans la promotion de la paix. De nombreux jeunes hommes et femmes du bassin méditerranéen ont grandi au milieu des guerres et des conflits, par exemple en Bosnie-Herzégovine, en Syrie ou au Proche-Orient. Aux conflits s'ajoutent d'autres défis comme le manque de perspectives économiques, les obstacles à la participation politique et les conséquences négatives du changement climatique, qui se font particulièrement ressentir dans le bassin méditerranéen.

Des jeunes se tiennent sur un escalier.
Les barrières juridiques et institutionnelles doivent être levées pour que les idées des jeunes en faveur de la paix soient entendues. © Keystone

Dans leur quête vers une vie meilleure, ces jeunes ont de plus en plus tendance à perdre confiance dans les institutions étatiques. L'absence de protection de l'État, les déplacements forcés ou les arrestations arbitraires sont autant de facteurs qui accélèrent cette perte de confiance. Malgré cela, de nombreux jeunes des pays méditerranéens font preuve de résilience et s'engagent pour un avenir meilleur. Leur résilience et leur élan sont des piliers centraux pour l'instauration d'une paix durable – une priorité de la Suisse pour son mandat au Conseil de sécurité de l'ONU.

« La volonté des jeunes à s'engager ne fait aucun doute. Ce qu'il faut, c'est la volonté des dirigeantes et dirigeants politiques à faire leur part », a déclaré l'ambassadrice suisse à l'ONU Pascale Baeriswyl au Conseil. Dans sa déclaration à New York, la Suisse a souligné les éléments nécessaires à la pleine participation et au développement du potentiel des jeunes : Autonomisation, valorisation et protection. Premièrement, les jeunes ont besoin de perspectives économiques durables pour favoriser la confiance et la participation politique. En Bosnie-Herzégovine, par exemple, la Suisse soutient les jeunes dans le développement de compétences professionnelles dans le cadre du projet « Youth for Change ». En outre, les barrières juridiques et institutionnelles doivent être levées pour que les idées des jeunes pour la paix soient entendues. Pour le Conseil de sécurité, cela pourrait signifier, par exemple, une meilleure mise en œuvre de ses résolutions sur la jeunesse, la paix et la sécurité à travers la création d’un plan d'action. Enfin, les jeunes ont besoin de plates-formes hors ligne et en ligne dans lesquelles ils et elles peuvent s'exprimer sans crainte de représailles. Les discours de haine et la discrimination doivent céder la place au dialogue interculturel et intergénérationnel.

Déclaration de la Suisse sur le rôle des jeunes pour la paix, Conseil de sécurité de l'ONU, 17.04.2024

05.04.2024 – Proche-Orient : réunion d'urgence sur une menace de famine et les attaques contre les travailleurs humanitaires

Le Conseil de sécurité de l'ONU a débattu, lors d'une réunion d'urgence aujourd'hui, de la grave insécurité alimentaire dans la bande de Gaza et des attaques contre les travailleurs humanitaires. La réunion a été, entre autres, convoquée par la Suisse. Malgré l'adoption de la résolution du 25 mars 2024 demandant un cessez-le-feu immédiat, les combats se poursuivent. Le manque d'accès à la nourriture et l'approvisionnement insuffisant en eau qui en résultent sont catastrophiques pour la population civile. Selon les données de l'UNICEF, la malnutrition chez les enfants dans la bande de Gaza n'a jamais atteint un niveau aussi précaire dans le monde.

Lors d'une réunion d'urgence, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est penché aujourd'hui sur la situation catastrophique de la sécurité alimentaire dans la bande de Gaza et sur les attaques contre le personnel humanitaire.
Lors d'une réunion d'urgence, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est penché aujourd'hui sur la situation catastrophique de la sécurité alimentaire dans la bande de Gaza et sur les attaques contre le personnel humanitaire. UN Photo

Seule l'acheminement d’aide humanitaire peut y remédier. Mais l'insécurité généralisée et les restrictions de mouvement obligent les organisations humanitaires à suspendre leur travail. « La bande de Gaza est devenue l'endroit le plus dangereux pour les humanitaires », a souligné l'ambassadeur suisse Adrian Hauri et chargé d'affaires au Conseil de sécurité de l'ONU. La Suisse a exprimé à New York son profond respect pour tous les travailleurs humanitaires qui risquent leur vie chaque jour au Proche-Orient. « Nos pensées vont aujourd’hui aux organisations et familles des quelque deux cents travailleurs et travailleuses humanitaires qui ont été tués à Gaza depuis le 7 octobre. Les attaques contre les humanitaires constituent une violation du droit international humanitaire et doivent cesser immédiatement », a déclaré Adrian Hauri.

La Suisse a rappelé au Conseil que la Cour internationale de justice avait exigé d'Israël qu'il coopère étroitement avec l'ONU afin de garantir l’acheminement par toutes les parties concernées des services de base et de l'aide humanitaire dont le pays a urgemment besoin. Elle a, en conséquence, de nouveau appelé les parties au strict respect du droit international, en particulier du droit international humanitaire et des droits de l'homme. La Suisse a aussi insisté sur la mise en application de toutes les résolutions sur le Proche-Orient adoptées par le Conseil de sécurité depuis l'escalade de la violence en octobre dernier. « Un cessez-de-feu immédiat est le seul moyen de ne pas perdre plus de vies civiles », a souligné l'ambassadeur suisse. En outre, tous les otages encore détenus à Gaza doivent être libérés immédiatement et sans condition.

Déclaration de la Suisse sur la situation au Proche-Orient, Conseil de sécurité de l'ONU, 05.04.2024

04.04.2024 – Aggravation des conflits au Myanmar : la Suisse demande des mesures

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est penché sur la situation au Myanmar. Depuis le coup d'État militaire de 2021, le pays se trouve dans une profonde crise politique, sociale, économique et humanitaire. Dans différentes régions du pays, des groupes armés mènent depuis de nombreuses années une lutte contre l'armée. L'escalade constante de la violence a des conséquences catastrophiques pour la population civile. Des violations des droits de l'homme et des déplacements internes à grande échelle sont perpétrés dans tout le pays.

Une femme et un enfant sont visibles sur fond d'abris provisoires mis en place pour les réfugiés rohingyas déplacés.
La crise des Rohingyas n'est pas résolue depuis 2017. Plus d'un million de personnes ont été chassées du Myanmar et vivent aujourd'hui dans des camps au Bangladesh, sans perspective de retour en toute sécurité. © Keystone

Au Conseil, la Suisse a condamné l'escalade des conflits armés depuis la prise de pouvoir par les militaires et a appelé au dialogue entre toutes les parties au conflit afin de trouver une solution politique. Les rapports indépendants selon lesquels de possibles crimes de guerre et crimes contre l'humanité auraient eu lieu au Myanmar attisent la préoccupation. Au Conseil, la Suisse a appelé les parties au conflit à respecter leurs obligations en matière de droit international humanitaire et de droits de l'homme. Elle a en outre souligné à New York que toutes les parties sont tenues d’assurer un accès humanitaire rapide et sans entrave. La protection de la population civile et du personnel humanitaire et médical doit être garantie. En outre, l'étroite collaboration entre l'ONU et les acteurs régionaux tels que l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) est essentielle pour la médiation ainsi que pour la fourniture de l'aide humanitaire.

Dans sa déclaration, la Suisse a souligné que le Conseil de sécurité de l'ONU doit jouer un rôle plus actif dans l'instauration de la paix et de la sécurité au Myanmar. C'est pourquoi elle est résolument prête à soutenir les mesures du Conseil pour la réduction de la violence, la protection de la population civile et l'accès humanitaire.

Déclaration de la Suisse sur la situation au Myanmar, Conseil de sécurité de l'ONU, 04.04.2024

02.04.2024 – Proche-Orient: frappe aérienne contre le consulat iranien à Damas

La Suisse condamne la frappe aérienne contre le consulat iranien dans la capitale syrienne Damas, qui a fait plusieurs morts et blessés. Cette frappe aérienne accroît considérablement le risque d'une escalade majeure dans la région. La spirale de l'escalade doit s'arrêter immédiatement. La Suisse appelle toutes les parties au dialogue et à la plus grande retenue afin d'éviter une nouvelle aggravation de la situation et de trouver une solution. La Suisse a également souligné cela aujourd'hui lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU à New York.

Déclaration de la Suisse sur l'attaque aérienne contre le consulat iranien à Damas, Conseil de sécurité de l'ONU, 02.04.2024

28.03.2024 – Le mandat du Groupe d’experts du Comité des sanctions contre la Corée du Nord ne sera pas prolongé

La prolongation du mandat du Groupe d’experts du Comité des sanctions contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC) a échoué aujourd'hui en raison de veto russe au Conseil de sécurité de l'ONU. Depuis 2006, le Conseil de sécurité impose des sanctions à la RPDC dans le but de mettre un terme à son programme d'armes nucléaires et de missiles. Les sanctions comprennent différentes mesures telles que des restrictions commerciales, des restrictions financières ou un embargo sur les armes, qui ont pour but de stopper le flux de ressources et de technologies qui pourraient être utilisées pour les programmes militaires de la RPDC.

Un camion transportant un missile balistique lors d'un défilé militaire en Corée du Nord.
La Suisse s'engage activement contre la prolifération des armes nucléaires et a donc soutenu la résolution visant à prolonger le mandat du Groupe d’experts du Comité des sanctions contre la Corée du Nord. © Keystone

Le Groupe est composé d’experts indépendants. Ils sont nommés par le Conseil de sécurité pour surveiller la mise en œuvre des sanctions du Conseil. Le rôle principal du Groupe est d'enquêter sur la mise en œuvre des sanctions et d'en faire rapport au Conseil de sécurité. Les experts recueillent des informations sur les violations potentielles, les analysent et recommandent des mesures pour faire appliquer les sanctions. Par son travail, le Groupe d'experts contribue à améliorer la mise en œuvre des sanctions.

La Suisse a soutenu à New York la résolution visant à prolonger le mandat du Groupe d'experts et regrette la décision prise aujourd'hui par le Conseil. Dans sa politique étrangère, elle s'engage activement contre la prolifération des armes nucléaires et continue d'assumer ses responsabilités au sein du Conseil de sécurité de l'ONU en tant que présidente du Comité des sanctions pour la RPDC. Dans ce rôle, la Suisse cultive le consensus entre les membres du Conseil et s’engage pour le fonctionnement du Comité dans un contexte de tensions politiques accrues. Elle poursuivra cet engagement après la décision prise aujourd'hui par le Conseil.

Déclaration de la Suisse après le vote, Conseil de sécurité de l'ONU, 28.03.2024

Déclaration à la presse de la Suisse, New York, 28.03.2024

25.03.2024 – Proche-Orient : le Conseil de sécurité de l'ONU appelle à un cessez-le-feu immédiat

Le 25 mars 2024, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution sur la situation au Proche-Orient. Le Conseil demande ainsi un cessez-le-feu immédiat jusqu’à la fin du ramadan et qui devrait aboutir sur un cessez-le-feu durable et soutenu. La résolution a été soumise au vote du Conseil de sécurité par la Suisse et les neuf autres membres non permanents du Conseil en tant que co-Penholders.

Après plusieurs vetos, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté aujourd'hui, pour la première fois depuis le 7 octobre 2023, une résolution demandant un cessez-le-feu immédiat au Proche-Orient. La Suisse, qui a joué un rôle déterminant dans la recherche d'une solution entre les membres du Conseil durant les négociations, se félicite de cette adoption. Au vu des conséquences dramatiques du conflit sur la population civile, il était indispensable que le Conseil de sécurité émette un appel clair. 

Le Conseil de sécurité de l'ONU vote.
Le 25 mars 2024, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution sur la situation au Proche-Orient. Le Conseil demande ainsi un cessez-le-feu immédiat jusqu’à la fin du ramadan. © DFAE

La résolution contient d'autres requêtes, essentielles pour la Suisse : le Conseil réitère son exigence que toutes les parties respectent leurs obligations en vertu du droit international, y compris le droit international humanitaire et les droits de l'homme. La résolution exige la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages, la protection de la population civile et la garantie de l'accès de l'aide humanitaire. En outre, le Conseil déplore tous les actes de terrorisme et rappelle que les prises d'otages sont interdites par le droit international.

Dans sa déclaration après le vote, la Suisse a souligné l'importance de cette résolution. Elle s'attaque aux besoins les plus urgents sur le terrain et doit être mise en œuvre sans délai, ceci dans la perspective d'un cessez-le-feu durable et soutenu. La Suisse a réitéré à New York sa condamnation des actes terroristes du Hamas du 7 octobre et a souligné une nouvelle fois que la solution des deux États est la seule condition pour assurer la paix et une cohabitation digne et sûre d’Israël et de la Palestine en tant qu’États voisins.

La Suisse a œuvré sans relâche avec tous les membres du Conseil pour permettre l'adoption de cette résolution. La décision prise aujourd'hui par le Conseil souligne l’influence que les membres non permanents du Conseil peuvent exercer malgré les blocages pour permettre au Conseil de sécurité d'assumer son mandat de maintien de la paix et de la sécurité internationales.

Déclaration de la Suisse après le vote, 25.03.2024

22 .03.2024 – Proche-Orient : la résolution des États-Unis échoue au Conseil de sécurité de l'ONU en raison d'un double veto

Une résolution présentée par les États-Unis sur la situation au Proche-Orient a échoué aujourd'hui au Conseil de sécurité de l'ONU en raison du veto de la Russie et de la Chine. La résolution soulignait la nécessité d'un cessez-le-feu immédiat et durable à Gaza. Pour atteindre cet objectif, la résolution soutenait les négociations diplomatiques en cours, menées par les États-Unis, le Qatar et l'Égypte. Cette résolution exigeait également, entre autres, que les parties respectent leurs obligations en vertu du droit international et appelait à une augmentation de l'aide humanitaire. La Suisse estime qu'il est nécessaire de mettre en place un cessez-le-feu humanitaire immédiat. Une telle mesure doit notamment faciliter la libération des otages et l'acheminement immédiat de l'aide humanitaire vers et à l'intérieur de la bande de Gaza. La Suisse a soutenu la résolution à New York et en regrette le dénouement. Il est urgent que le Conseil de sécurité appelle les parties à respecter le droit international humanitaire et à protéger la population civile.

Dans sa déclaration après le vote, la Suisse a souligné que l'adoption de cette résolution aurait constitué un appel clair aux parties pour qu'elles respectent pleinement leurs obligations en vertu du droit international humanitaire et des droits de l'homme. La résolution aurait également incité à œuvrer en faveur d’un cessez-le-feu durable, près de six mois après les actes de terreur perpétrés par le Hamas, que la Suisse a condamnés. En outre, la résolution aurait souligné l'importance cruciale d'une solution à deux États, seule base pour la paix et la sécurité dans la région

Déclaration après le vote de la résolution des États-Unis, Conseil de sécurité de l'ONU, 22.03.2024

18.03.2024 – Haïti: la population civile souffre de la violence entre gangs

La situation sécuritaire en Haïti se détériore de façon significative. Les gangs criminels contrôlent de vastes zones de la capitale Port-au-Prince et étendent leur influence à d'autres régions du pays. La violence entre gangs, les expulsions, les violations des droits de l'homme, les enlèvements et les violences sexuelles sont en nette augmentation et minent la paix, la stabilité et la sécurité en Haïti et dans la région. L'escalade de la violence, qui a récemment conduit à la libération de milliers de prisonniers de différentes prisons, a des conséquences catastrophiques sur la population civile. Selon les chiffres de l'ONU, plus de cinq millions de personnes sont menacées de famine aiguë en Haïti. 

Une famille avec un enfant fuit la violence en Haïti avec ses biens dans une brouette.
La violence entre gangs en Haïti a provoqué le déplacement d'environ 360 000 personnes à l'intérieur du pays. © Keystone

En octobre dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU a autorisé l'envoi d'une mission multinationale d'assistance à la sécurité en Haïti. Alors que le Kenya s'est déclaré prêt à diriger la mission de police, l'envoi a été retardé en raison de processus politiques internes. Face à l'aggravation de la situation en Haïti, le Conseil de sécurité a récemment débattu de la situation de crise à trois reprises en l'espace de deux semaines. La semaine dernière, le Conseil a appelé, dans une déclaration, les acteurs concernés à agir. Il a condamné la violence et a demandé aux bandes armées de mettre immédiatement fin à leurs actions déstabilisatrices. Le Conseil a également exprimé son souhait de voir la mission du Conseil de sécurité se rendre en Haïti dès que possible. En outre, le Conseil a souligné la nécessité de créer des conditions de sécurité qui permettent un processus politique inclusif et des élections libres et équitables en Haïti. La semaine dernière, il a été annoncé qu'un conseil présidentiel et un Premier ministre intérimaire remplaceront le Premier ministre démissionnaire Ariel Henry. Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est à nouveau réuni aujourd'hui pour des consultations à huis clos. La Suisse s'engage pour que le Conseil continue à soutenir Haïti dans sa quête de paix, de stabilité et de sécurité. Sur place, la coopération suisse au développement poursuit son soutien à la population haïtienne.

15.03.2024 – Le Conseil de sécurité de l'ONU prolonge la mission de l'ONU en Afghanistan

Le Conseil de sécurité de l'ONU a prolongé à l'unanimité le mandat de la Mission des Nations unies en Afghanistan (MANUA) pour une année supplémentaire. L'Afghanistan est confronté à une multitude de crises complexes qui touchent l'économie ainsi que les droits de l'homme et en particulier les droits des femmes. En outre, les conséquences du changement climatique représentent un sérieux défi pour le pays. La lutte croissante pour l'eau a exacerbé les conflits, l'instabilité et l'insécurité au-delà des frontières de l'Afghanistan. En outre, le pays souffre fortement d'une crise humanitaire. Près de 20 millions de personnes dépendent de l'aide humanitaire.

Une femme et un homme se réchauffent les mains autour d'un feu en Afghanistan. Le sol est recouvert de neige.
La population civile d'Afghanistan souffre d'une crise humanitaire. Les températures rigoureuses de l'hiver aggravent encore la situation. © Keystone

La Suisse a soutenu la résolution au sein du Conseil et s'est félicitée de son adoption aujourd'hui. La MANUA joue un rôle important pour la population civile en Afghanistan. Elle fournit une aide humanitaire en Afghanistan, promeut les droits de l'homme, protège les enfants touchés par les conflits armés et soutient l'égalité de genre. La mission est également chargée de promouvoir les domaines du développement et de la gouvernance en Afghanistan, notamment l'État de droit. Tous occupent une place centrale dans la politique étrangère de la Suisse. Sur place, la Suisse s'engage avec des organisations partenaires comme l'ONU, le CICR et des ONG pour réduire la souffrance humaine.

12.03.2024 – Les femmes jouent un rôle clé dans la réalisation de la paix et de la sécurité

En marge de la 68e session de la Commission de la condition de la femme (CSW) de l'ONU, la présidente de la Confédération Viola Amherd a participé à une réunion informelle du Conseil de sécurité de l'ONU en formule «Arria» sur le thème «Femmes, paix et sécurité». La Suisse a organisé cette réunion. «Pour la Suisse, il n'y a aucun doute : la paix est indissociable de l'égalité des sexes et des droits des femmes», a souligné la présidente de la Confédération à New York. Leur participation aux processus de paix, à la prévention des conflits et à la reconstruction après les conflits est essentielle. 

La présidente de la Confédération Viola Amherd s'exprime lors d'une réunion informelle du Conseil de sécurité de l'ONU en formule « Arria » sur le thème «Femmes, paix et sécurité».
La présidente de la Confédération Viola Amherd a souligné à New York que la paix est indissociable de l'égalité des sexes et des droits des femmes. © DDPS

Dans le cadre de sa priorité «Promouvoir une paix durable», la Suisse poursuit l'objectif de renforcer la participation des femmes, sur un pied d'égalité, aux efforts de paix et de sécurité internationales. Au vu de la situation politique mondiale actuelle, ce n'est pas une tâche facile. La Convention de l'ONU sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) constitue aujourd'hui le principal cadre normatif pour les droits des femmes et des filles au niveau mondial. «Elle doit être respectée et mise en œuvre, notamment dans le cadre de nos discussions au Conseil de sécurité», a souligné la présidente de la Confédération. Un autre instrument est la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l'ONU ainsi que les neuf autres résolutions consécutives sur le thème «Femmes, paix et sécurité». La Suisse est l'un des premiers pays à avoir adopté un plan d'action national pour la mise en œuvre de ces résolutions. Afin de garantir les droits des femmes et des filles en tout temps, en temps de paix comme en temps de conflit, Viola Amherd a demandé lors de la réunion du Conseil d'aujourd'hui que les synergies entre la CEDAW et l'agenda «Femmes, paix et sécurité» soient renforcées. La Suisse vise ainsi également à renforcer les liens entre la Genève internationale, ville hôte des organisations des droits de l'homme de l'ONU, et New York, siège du Conseil de sécurité.

Déclaration de la présidente de la Confédération Viola Amherd sur «Les femmes, la paix et la sécurité , Conseil de sécurité de l'ONU, 12.03.2024

11.03.2024 – Proche-Orient : la violence sexuelle constitue une grave violation du droit international humanitaire

Lors de sa réunion d'aujourd'hui, le Conseil de sécurité des Nations unies a examiné le rapport de la représentante spéciale des Nations unies chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, Pramila Patten, publié le 4 mars à la suite de sa visite en Israël et dans les territoires palestiniens occupés. Selon ses déclarations, il y a des raisons de croire que des femmes et des filles ont été violées et torturées en divers endroits dans le cadre des attaques terroristes du 7 octobre coordonnées par le Hamas et d'autres groupes armés. À New York, la Suisse a réitéré sa condamnation des actes terroristes et réitéré sa condamnation de toutes les violences sexuelles dans les conflits. Le rapport Patten part également du principe que les otages encore en captivité sont exposés à des violences sexuelles. À New York, la Suisse a réitéré son appel à leur libération immédiate et inconditionnelle.

La violence sexuelle dans les situations de conflit est une violation grave du droit international humanitaire et des droits de l'homme. « Il est donc impératif que le Conseil de sécurité condamne unanimement toutes les violences sexuelles liées aux conflits, dans le contexte du conflit au Moyen-Orient comme dans tous les conflits armés, et agisse pour empêcher qu'elles ne se reproduisent », a déclaré la représentante permanente adjointe de la Suisse auprès de l'ONU, Riccarda Chanda, lors de la réunion du Conseil de sécurité. Elle a également souligné que les responsables doivent être identifiés et tenus de rendre des comptes. L'accès aux organes compétents de l'ONU doit être garanti. La Suisse a attiré l'attention sur les enquêtes en cours de la Cour pénale internationale. Celles-ci visent à enquêter sur toutes les violations du droit international commises en Israël et dans les territoires palestiniens occupés depuis le 7 octobre.

La Suisse s'est également déclarée profondément préoccupée par les informations contenues dans le rapport sur les formes de violence sexuelle et sexiste à l'encontre des Palestiniens et Palestiniennes dans les centres de détention, lors des perquisitions et aux postes de contrôle. Elle a condamné le fait que les hostilités dans la bande de Gaza continuent de faire de nombreuses victimes civiles, dont près de 9000 femmes. Selon l'ONU, 95 % des mères ne mangent pas à leur faim. Lors de la réunion du Conseil d'aujourd'hui, la Suisse a réitéré la nécessité d'un cessez-le-feu humanitaire immédiat à Gaza pour libérer les otages, permettre l'accès de l'aide humanitaire et protéger les civils. « Le Conseil de sécurité doit à tout prix mettre fin à la spirale de violence actuelle au Proche-Orient et relancer un processus de dialogue en vue d'une solution politique à ce conflit, dans lequel les femmes jouent un rôle décisif », a déclaré la représentante de la Suisse à New York.

Déclaration de la Suisse sur la violence basée sur le genre au Moyen-Orient, Conseil de sécurité de l'ONU, 11.03.2024

11.03.2024 – De bonnes méthodes de travail sont essentielles au bon fonctionnement du Conseil de sécurité de l'ONU

Le Conseil de sécurité de l'ONU a discuté aujourd'hui de ses méthodes de travail dans le cadre d'un débat ouvert annuel. L'objectif de cette réunion, organisée à l'initiative de la présidence japonaise, était d'échanger sur la responsabilité, la transparence et l'efficacité du Conseil afin qu'il puisse mieux remplir son mandat de maintien de la paix et de la sécurité dans le monde. Cette préoccupation est centrale pour la Suisse, étant donné sa priorité de « renforcer l'efficacité du Conseil de sécurité ». Les membres non permanents du Conseil (Elected Ten, E10) – dont la Suisse – se sont exprimés lors du débat dans une déclaration commune.

Vue de la table en fer à cheval du Conseil de sécurité de l'ONU.
Les E10 ont souligné à New York leur détermination à faire en sorte que le Conseil puisse remplir efficacement son mandat, en particulier en ces temps difficiles. © DFAE

Les E10 ont souligné à New York leur détermination à faire en sorte que le Conseil puisse remplir son mandat efficacement, surtout en ces temps difficiles. Dans leur déclaration, les E10 ont souligné la nécessité de renforcer la coopération du Conseil avec d'autres organes des Nations unies, comme l'Assemblée générale. Un autre point souligné a été la participation égale des femmes et l'intégration d'une perspective de genre dans toutes les méthodes de travail. Les perspectives de la société civile doivent également être prises en compte. Les E10 ont également souligné l'importance des sanctions ciblées en tant qu'instrument important du Conseil. En outre, les E10 se sont montrés préoccupés par l'utilisation fréquente du veto, ce qui a empêché l'adoption de résolutions importantes au cours des derniers mois. Cela peut limiter la confiance dans le Conseil de sécurité. Conformément au code de conduite du groupe ACT (Accountability, Coherence and Transparency Group), ils ont appelé à la retenue dans l'utilisation du veto, en particulier dans les cas qui exigent des mesures pour prévenir et mettre fin à des atrocités de masse.

Dans le cadre du débat ouvert, la Suisse a également participé à une déclaration du groupe ACT, qui s'engage pour un Conseil de sécurité de l'ONU transparent, efficace, efficient et inclusif et qui est coordonné par la Suisse.

Déclaration des E10 sur les méthodes de travail du Conseil de sécurité de l'ONU, 11.03.2024 (en)

07.03.2024 – Soudan : le Conseil de sécurité de l'ONU demande un cessez-le-feu par résolution

Le Soudan est le théâtre de l'une des pires catastrophes humanitaires actuelles. Suite à l'escalade du conflit en avril 2023 entre l'armée soudanaise (SAF) et les « Rapid Support Forces » (RSF), près de 25 millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire selon les chiffres de l'ONU. Elles manquent de tout, notamment de nourriture, d'eau, d'abris et de soins médicaux.

Un homme déplacé à l'intérieur du Soudan marche le long d'une route avec ses affaires.
Des millions de personnes ont été déplacées au Soudan depuis le début des hostilités. Les besoins humanitaires sont immenses. © Keystone

Dans ce contexte, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution exigeant une cessation immédiate des hostilités pendant le mois de jeûne du Ramadan, qui débute le 10 mars. Le Conseil appelle en outre les parties au conflit à s'efforcer de trouver une solution durable au conflit, à respecter strictement le droit international humanitaire et à permettre un accès sécurisé, rapide et sans entrave à l'aide humanitaire.

La Suisse a soutenu la résolution à New York parce qu'elle reflète trois aspects prioritaires pour elle. Il s'agit notamment de la protection de la population civile, de l'amélioration de la situation humanitaire et de la recherche d'une solution politique au conflit. Au Conseil de sécurité, la Suisse a souligné qu'elle était profondément préoccupée par les rapports faisant état de graves violations du droit international humanitaire et des droits de l'homme. Cela inclut les violences sexuelles et ethniques. « Nous réitérons notre appel urgent aux SAF et aux RSF de cesser immédiatement les hostilités, de respecter leurs obligations en vertu du droit international et de protéger les civils », a déclaré l'ambassadrice suisse à l'ONU Pascale Baeriswyl le 7 mars lors d'un briefing du Conseil de sécurité sur la situation au Soudan.

La Suisse a salué le communiqué des autorités soudanaises du 5 mars, qui annule la décision prise en février de suspendre l'aide humanitaire transfrontalière en provenance du Tchad. Cette décision ouvre en outre d'autres points de passage frontaliers et certains aéroports à l'aide humanitaire. La Suisse a demandé hier au Conseil une mise en œuvre rapide de cette annonce : « L'acheminement transfrontalier reste essentiel pour atteindre un plus grand nombre de personnes. Nous continuons à demander aux parties d’autoriser et de faciliter un accès humanitaire à travers les frontières et les lignes de front. » Enfin, la Suisse a souligné la nécessité d'une solution négociée durable au conflit. Elle a appelé les parties au conflit à revenir immédiatement à des négociations sur un cessez-le-feu ainsi qu'à un dialogue politique crédible et inclusif. Dans ce contexte, la Suisse salue l'adoption de la résolution aujourd'hui.

Déclaration de la Suisse sur la situation au Soudan, Conseil de sécurité de l'ONU, 07.03.2024  

27.02.2024 – Proche-Orient : insécurité alimentaire aiguë à Gaza

La crise alimentaire qui s'aggrave pour la population de Gaza était aujourd'hui au centre d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU. Cette réunion a été convoquée à la demande de la Suisse et de la Guyane, en leur qualité de points focaux conjoints au sein du Conseil sur le thème « Faim et conflit ». Selon les informations du Bureau humanitaire de l'ONU (OCHA), l'ampleur de l'insécurité alimentaire et le risque de famine qui en découle dans la bande de Gaza sont alarmants. L'escalade des hostilités au Proche-Orient depuis le 7 octobre est la cause principale de cette détresse aiguë. Les combats ont un impact négatif sur l'approvisionnement en eau, l'agriculture et la production de nourriture à Gaza. En raison des restrictions de mouvement et d'accès imposées dans le cadre du bouclage de la bande de Gaza en place depuis 2008, la situation était déjà préoccupante auparavant en raison de la pauvreté qui y règne. Selon OCHA, une personne sur quatre à Gaza est aujourd'hui touchée par la malnutrition sévère – ce qui représente plus d'un demi-million de personnes. Les enfants, les femmes enceintes et allaitantes, les personnes handicapées et les personnes âgées sont ainsi exposés à un risque de mortalité particulièrement élevé.

Cette situation dramatique est encore aggravée par les restrictions considérables imposées aux transports de denrées alimentaires dans et à l'intérieur de la bande de Gaza. Au Conseil de sécurité, la Suisse a rappelé à Israël qu'il devait mettre en œuvre les mesures ordonnées par la Cour internationale de justice le 26 février 2024. La Cour exige notamment d'Israël qu'il garantisse l'approvisionnement de base dont la population palestinienne a urgemment besoin et qu'il permette une aide humanitaire rapide et sans entraves. Dans ce contexte, la Suisse a appelé toutes les parties au conflit à respecter le droit international humanitaire, y compris l'interdiction de recourir à la faim comme arme de guerre, et à protéger la population civile.

« Nous, les membres de ce Conseil, nous devons utiliser notre influence et prendre des mesures pour éviter une famine et pour sauver des vies », a souligné le représentant de la Suisse au Conseil de sécurité. Un cessez-le-feu humanitaire immédiat est nécessaire de toute urgence. Avec la résolution 2417 de 2018, le Conseil de sécurité de l'ONU condamne fermement l'affamement de la population civile et le refus illégal de l'accès à l'aide humanitaire comme tactique de guerre. La Suisse a déclaré au Conseil qu'elle restait prête à collaborer avec tous les membres du Conseil pour trouver une solution politique qui mette fin aux souffrances des populations et rétablisse les perspectives de paix.

Déclaration de la Suisse sur la situation de la sécurité alimentaire au Moyen-Orient, Conseil de sécurité de l'ONU, 27.02.2024

23.02.2024 – «Notre objectif est la paix»

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis a participé à un débat de haut niveau au Conseil de sécurité de l'ONU, centré sur le deuxième anniversaire de la guerre en Ukraine. Le chef du DFAE a rappelé au Conseil que la recherche de la paix était l'objectif fondateur déclaré des Nations unies dans la Charte de l'ONU et a souligné que cet objectif constituait la raison d'être de l'organisation. «Nous portons ensemble la responsabilité de cet idéal, décidé il y a trois quarts de siècle», a souligné le chef du DFAE à New York.

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis au Conseil de sécurité de l’ONU.
«Nous travaillons sans relâche pour initier une dynamique à la fois pragmatique et inclusive», a souligné le chef du DFAE au Conseil de sécurité. © DFAE

Depuis le début de la guerre, le Conseil de sécurité n'a pas pu assumer sa responsabilité de garantir la paix et la sécurité de l'Ukraine et de son peuple. Des milliers de personnes ont perdu la vie, des millions ont été déplacées et les souffrances humaines sont immenses. Dans ce contexte, le conseiller fédéral Cassis a posé la question des actions que la communauté internationale peut entreprendre pour que les principes de la Charte de l'ONU, les Conventions de Genève et le droit international humanitaire soient respectés en Ukraine mais aussi ailleurs dans le monde. «Nous ne devons pas céder au pessimisme», a déclaré le conseiller fédéral Cassis.

Le chemin vers la paix en Ukraine doit être parcouru ensemble. Et le premier pas dans cette voie est la tenue en Suisse de la première conférence internationale sur la paix en Ukraine. «Mais nous travaillons sans relâche pour initier une dynamique à la fois pragmatique et inclusive», a souligné le chef du DFAE au Conseil de sécurité. Pour que l'amorce d'un tel processus puisse réussir, le conseiller fédéral Cassis a organisé le mois dernier diverses activités de sensibilisation à différents niveaux. «La Suisse, avec sa tradition de bons offices, est convaincue que nous devons être à l'écoute de tous», a souligné Ignazio Cassis. La condition préalable à un processus de paix réussi est une large représentation incluant toutes les régions du monde.

Discours du conseiller fédéral Ignazio Cassis à l'occasion du 2e anniversaire de la guerre en Ukraine, Conseil de sécurité de l'ONU, 23.02.2024

20.02.2024 – Proche-Orient : la résolution pour un cessez-le-feu humanitaire échoue au Conseil de sécurité de l'ONU

Le Conseil de sécurité de l'ONU a voté aujourd'hui une résolution appelant à un cessez-le-feu humanitaire immédiat au Proche-Orient. Le projet de résolution, présenté par l'Algérie, a échoué en raison du veto des Etats-Unis. La situation humanitaire dramatique pour plus de deux millions de personnes à Gaza ne cesse de s'aggraver : la famine rôde, le secteur de la santé est réduit à néant et une grande partie de la population a déjà été plusieurs fois déplacée à l'intérieur du territoire. Le manque de tout, notamment d'accès humanitaire, est criant. De plus, la menace d’une offensive militaire terrestre israélienne à Rafah, au sud de la bande de Gaza, constitue une menace préoccupation pour plus d'un million de personnes. Pendant ce temps, de nombreux otages attendent toujours d'être libérés.

Pour faire face à ces développements, la résolution exigeait, outre un cessez-le-feu immédiat, la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages, le respect total du droit international humanitaire par toutes les parties et un accès humanitaire rapide, sûr et sans entrave aux populations civiles en détresse. Elle aurait également condamné les déplacements forcés de la population palestinienne. En adoptant la résolution, le Conseil de sécurité aurait également rappelé les mesures préventives de la Cour internationale de justice du 26 janvier 2024 pour la prévention d'un génocide au Proche-Orient et réitéré son appel à une solution à deux États. Enfin, le projet de résolution avorté a également exprimé une grande inquiétude face à la menace d'une nouvelle escalade dans la région élargie suite à la violence à Gaza.

La Suisse a appuyé la résolution et a aussitôt regretté le résultat du vote. Dans son explication de vote, elle a réaffirmé sa position concernant l'escalade actuelle au Proche-Orient et souligné que l’appel à un cessez-le-feu humanitaire immédiat à Gaza s’inscrit dans la logique de l’engagement collectif du Conseil de sécurité à respecter et faire respecter les Conventions de Genève, et le droit international humanitaire, en toutes circonstances. «Nous ne pouvons admettre que des centaines de milliers de civils assiégés soient laissés en proie à la famine et aux épidémies, sans garanties de sécurité adéquates que ce soit pour la fourniture de l’assistance humanitaire et pour leur propre protection», a déclaré la Suisse.

Lors des négociations sur le projet de résolution, la Suisse s'est engagée de manière décisive pour que la demande de la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages, le respect du droit international et la protection de la population civile soient inscrits dans le texte de la résolution. La Suisse appelle les parties au conflit à mettre en œuvre sans délai les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU adoptées en décembre et novembre 2023 relatives à la situation sur le terrain. La libération immédiate des otages, un cessez-le-feu humanitaire, l'accès sans entrave de l'aide humanitaire à Gaza et le respect total du droit international humanitaire et des droits de l'homme par toutes les parties sont urgents. Sur cette base, il convient ensuite d'œuvrer à un dialogue politique, avec pour objectif une solution à deux États.

Déclaration de la Suisse après le vote, Conseil de sécurité de l’ONU, 20.02.2024

Situation au Proche-Orient

13.02.2024 – La prévention est la clé pour atténuer les risques climatiques dans les régions en conflit

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est penché sur le lien entre les conséquences du changement climatique, de l'insécurité alimentaire et des conflits armés dans le cadre d'un débat ouvert présidé par le Guyana. «Agir pour la sécurité climatique» est l'une des quatre priorités thématiques définies par le Conseil fédéral pour le mandat de la Suisse au Conseil de sécurité. La Suisse, représentée par l'ambassadrice Alexandra Baumann, cheffe de la division Prospérité et durabilité (AWN) du DFAE, a souligné à New York la nécessité de la prévention. «Les conflits sont la principale cause de la faim, le changement climatique déstabilise encore plus la situation», a-t-elle souligné. Au cours de la dernière décennie, l'insécurité alimentaire aigüe a massivement augmenté. En dépit des objectifs fixés par l’Agenda 2030, près 800 millions de personnes sont confrontées à la faim de manière chronique.

Alexandra Baumann s'exprime à la table du Conseil de sécurité de l'ONU.
L'ambassadrice Alexandra Baumann a représenté la Suisse lors du débat ouvert sur le changement climatique, les conflits et la sécurité alimentaire au Conseil de sécurité de l'ONU. © DFAE / UN Photo

Au Conseil de sécurité, la Suisse a présenté des solutions visant notamment à prévenir les risques liés au climat et à réduire les tensions. Au cours des dernières années, des systèmes d'alerte précoce ont été développés pour l'insécurité alimentaire, les conflits et les événements climatiques extrêmes. A l'heure actuelle, ces systèmes fonctionnent encore souvent en silos. Il est essentiel de les mettre en réseau afin d'éviter les angles morts dans la prévention des conflits. Les données ainsi obtenues doivent ensuite être utilisées pour une action préventive ciblée. Elles peuvent par exemple garantir la mise en place de systèmes alimentaires durables à long terme. Dans le cadre de sa coopération internationale, la Suisse s'engage également en ce sens au niveau bilatéral.

Une collaboration coordonnée entre les acteurs de la politique environnementale, de la politique de paix et de l'aide humanitaire est également nécessaire. Outre le Conseil de sécurité de l'ONU, cela concerne l'ensemble du système onusien mais également les organisations régionales comme l'Union africaine, les institutions locales, les scientifiques et le secteur privé. La Suisse encourage activement le dialogue entre ces acteurs et a récemment organisé des dialogues à Addis-Abeba sur les effets du changement climatique et des conflits sur la sécurité alimentaire.

Le Conseil doit prendre en compte l’impact du changement climatique sur la paix et la sécurité.
Alexandra Baumann, cheffe de la division Prospérité et durabilité au DFAE

Le résultat du cercle vicieux des conflits, de l'insécurité alimentaire et des conséquences du changement climatique est le même dans de nombreuses régions en conflit dans le monde : plus d'instabilité, plus d'insécurité et plus de souffrances pour la population civile. « Pour parvenir à des réponses adaptées au contexte, le Conseil doit prendre en compte l’impact du changement climatique sur la paix et la sécurité », a souligné Alexandra Baumann à New York. Au sein du Conseil de sécurité, la Suisse continuera à thématiser les effets du changement climatique pertinents pour la politique de sécurité et de paix ainsi qu’à identifier des solutions possibles et à contribuer à la formation d'un consensus entre les membres du Conseil.

Déclaration de la Suisse sur le changement climatique et la sécurité alimentaire, Conseil de sécurité de l'ONU, 13.02.2024

Article : Pourquoi les conséquences du changement climatique peuvent exacerber les conflits

09.02.2024 – Le Conseil de sécurité se rend en Colombie pour soutenir le processus de paix

Les délégations des 15 États membres du Conseil de sécurité de l'ONU et le président colombien Gustavo Petro posent pour une photo de groupe.
Rencontre entre les membre du Conseil de sécurité de l’ONU et le président colombien Gustavo Petro, à la Casa de Narino, le 8 février 2024, à Bogota. © Mission de l’ONU en Colombie

Du 7 au 11 février, la Suisse co-dirige une visite des 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU en Colombie avec le Guyana et le Royaume-Uni, Pour le Conseil, l’objectif est de se rendre compte de la réalité dans le pays, de l’application de l’accord de 2016 ainsi que d’apporter son soutient à l’établissement d’une paix durable. La Suisse continue à s’engager fortement en faveur du processus de paix en Colombie.

Article: Le Conseil de sécurité se rend en Colombie pour soutenir le processus de paix

05.02.2024 – Risque d'une nouvelle escalade régionale: la Suisse appelle à la retenue

Dans le cadre d'une réunion d'urgence demandée par la Russie, le Conseil de sécurité de l'ONU a mené un débat sur les frappes aériennes en Syrie et en Irak, menées par les États-Unis après l'attaque d'une base américaine en Jordanie. Au Conseil, la Suisse s'est dite préoccupée du risque d'escalade régionale, qui se profile toujours plus depuis les attaques terroristes du Hamas le 7 octobre et la guerre à Gaza. Ce risque s’est considérablement aggravé au cours des dix derniers jours. «Il existe dans la région un véritable risque pour la paix et la sécurité internationales», a souligné le représentant permanent adjoint de la Suisse à l'ONU, Adrian Hauri, à New York.

La Suisse a appelé les parties au conflit et tous les acteurs qui y exercent une influence à faire preuve d'un maximum de retenue afin d'éviter une nouvelle escalade dans la région. « Une seule erreur de calcul peut avoir des conséquences désastreuses », a déclaré le représentant de la Suisse lors de la réunion du Conseil. La Suisse a rappelé que toutes les mesures militaires devaient être conformes au droit international et a appelé toutes les parties à garantir le respect du droit international humanitaire et des droits de l'homme. Seules des solutions politiques peuvent en fin de compte garantir la paix et la sécurité dans la région. Un cessez-le-feu humanitaire est notamment nécessaire à Gaza. Au sujet de la Syrie, la Suisse a déclaré au Conseil que la résolution 2254 du Conseil de sécurité de l'ONU appelle à un cessez-le-feu au niveau national.

Déclaration de la Suisse sur la situation en Syrie et en Irak, Conseil de sécurité de l'ONU, 05.02.2024

31.01.2024 – Proche-Orient: les mesures de la Cour internationale de justice sont contraignantes pour les deux parties

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est à nouveau penché aujourd'hui sur la situation actuelle au Proche-Orient. La Suisse a réaffirmé sa position et a notamment appelé au respect du droit international humanitaire. Compte tenu de la situation humanitaire catastrophique à Gaza, une trêve humanitaire est urgente afin de permettre l'accès humanitaire et la libération de tous les otages. La Suisse a souligné son soutien indéfectible à la Cour internationale de justice et a rappelé que les mesures provisoires du 26 janvier sont contraignantes pour les deux parties. Elle attend d'Israël qu'il se conforme à l'ordonnance de la Cour et prenne les mesures nécessaires pour empêcher la commission de tout acte de génocide et l'incitation à celui-ci. Cela nécessite des mesures efficaces qui doivent être prises sans délai afin de permettre également la fourniture de services de base et d'aide humanitaire.

Par ailleurs, la Suisse s'est montrée préoccupée à New York par les graves accusations portées contre des employés de l'UNRWA soupçonnés d'avoir participé aux actes terroristes du 7 octobre. La Suisse applique une politique de tolérance zéro à l'égard de tout soutien au terrorisme et de toute incitation à la haine ou à la violence. La Suisse a pris note des mesures immédiates prises par l'UNRWA à l'encontre de ses collaborateurs et attend de l'enquête interne qu'elle fasse toute la lumière sur ces accusations.

Enfin, la Suisse a mis en garde contre une régionalisation du conflit et a réaffirmé que le respect du droit international, un cessez-le-feu humanitaire, l'accès à Gaza pour l'acheminement de l'aide et la libération des otages ne sont que les premières étapes d'une solution politique durable au conflit, qui doit reposer sur une solution à deux États.

Déclaration de la Suisse sur la situation au Proche-Orient, Conseil de sécurité de l'ONU, 31.01.2024

30.01.2024 – Stabilité et sécurité à Chypre: la mission de maintien de la paix de l’ONU prolongée d’un an

Le Conseil de sécurité de l’ONU a prolongé aujourd’hui à l’unanimité le mandat de la mission de maintien de la paix de l’ONU à Chypre (UNFICYP) par le biais d’une résolution. L’UNFICYP est déployée depuis 60 ans sur l’île méditerranéenne et apporte une contribution importante à la stabilité sur place et en Europe.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a envoyé cette mission de maintien de la paix en 1964, après l’éclatement de violences entre les communautés chypriotes turque et grecque. Il s’agit donc de l’une des plus anciennes missions de maintien de la paix de l’ONU encore en cours. Un cessez-le-feu a certes été conclu entre les parties au conflit, mais le pays reste divisé depuis l’invasion du nord de l’île par les troupes turques en 1974. Dans ce contexte, l’UNFICYP maintient une zone tampon entre les troupes des deux camps.

Des membres de la force de maintien de la paix de l’ONU, l’UNFICYP, traversent une ruelle entre des bâtiments en ruine dans la zone tampon.
L’UNFICYP apporte une contribution importante à la stabilité et la sécurité à Chypre et en Europe. © Keystone

Avec l’adoption de cette résolution, le Conseil de sécurité de l’ONU salue également la nomination de Maria Angela Holguin Cuellar comme envoyée personnelle du secrétaire général de l’ONU pour Chypre. Il s’agit là d’une étape importante dans la recherche d’un terrain d’entente en vue de revenir à des négociations formelles et de relancer un éventuel processus de négociation. La Suisse soutient l’envoyée et les bons offices du secrétaire général de l’ONU.

Au sein du Conseil, la Suisse a soutenu la prolongation de la mission de maintien de la paix de l’ONU et considère qu’une solution politique acceptable pour les deux parties est essentielle. Elle soutient une solution fédéraliste qui, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité, repose sur deux zones pour les deux communautés, avec une égalité de droits politiques. Pour y parvenir, la confiance et le dialogue entre les parties doivent être renforcés. C’est pourquoi la Suisse s’engage notamment au niveau bilatéral auprès du Comité des personnes disparues à Chypre. Ce dernier est composé de Chypriotes grecs et turcs. En outre, la Suisse continue à se proposer comme hôte pour des discussions. L’ONU a ainsi pu maintenir le dialogue politique, notamment au Bürgenstock (2004), au Mont Pèlerin (2016) et à Crans-Montana (2017).

23.01.2024 – Conseil de sécurité de l'ONU: Le conseiller fédéral Cassis souligne la nécessité d’une solution globale

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis a participé le 23 janvier à un débat ministériel sur le Proche-Orient au Conseil de sécurité de l'ONU. Sous présidence française, ce débat avait pour objectif de contribuer à des avancées concrètes en vue d'une solution politique à la crise au Proche-Orient. Au Conseil, le chef du DFAE a fait une analyse de la situation et présenté ses vues pour une solution au conflit et une paix durable dans la région.

Le conseiller fédéral Cassis a réaffirmé la position du Conseil fédéral sur le conflit au Proche-Orient lors d'un débat de haut niveau au Conseil de sécurité de l'ONU. Il a condamné les attaques terroristes du Hamas contre Israël et a exigé la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages détenus par le Hamas. Le chef du DFAE a également pointé la précarité de la situation humanitaire à Gaza: «Depuis le 7 octobre dernier, la violence ne semble plus avoir de limites en Israël, à Gaza, comme dans tout le Territoire palestinien occupé.»

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis s'exprime au Conseil de sécurité de l'ONU.
Le conseiller fédéral Ignazio Cassis lors du débat ministériel sur le Proche-Orient au Conseil de sécurité de l'ONU. © DFAE

Le chef du DFAE s'est également exprimé à New York sur l’engagement du Conseil de sécurité de l'ONU sur le conflit au Proche-Orient. Ce dernier a adopté récemment des résolutions essentielles qui sont très difficilement mises en œuvre. Seule une partie des otages a été libérée, des civils sont quotidiennement victimes des combats et le droit humanitaire international est continuellement violé. «Nous ne pouvons pas céder à la frustration. Nous ne pouvons pas nous laisser décourager» a déclaré Ignazio Cassis devant le Conseil de sécurité. Il a souligné la nécessité d'une solution globale, impliquant notamment les États de la région. «Sans un consensus politique régional, une paix durable au Proche-Orient n'est pas possible» a précisé le chef du DFAE. Au niveau diplomatique, les dernières années ont montré qu'il y avait une marge de manœuvre pour une entente politique et des intérêts communs entre Israël et les États de la région. Cette marge de manœuvre doit être utilisée pour œuvrer à une paix durable, qui passera par la solution à deux États. «C’est la seule solution qui donnera tant aux Israéliens qu’aux Palestiniens la perspective de vivre en paix et en sécurité», a souligné le conseiller fédéral Cassis.

Le chef du DFAE a appelé les parties au conflit, les États de la région et les membres du Conseil de sécurité à agir afin de jeter les bases d'une cessation durable des hostilités et d'une solution politique à la crise. Cette dernière passera par la libération immédiate des otages, un cessez-le-feu humanitaire, l'accès sans entrave de l'aide humanitaire à Gaza et le respect total du droit international humanitaire. La Suisse est prête à soutenir ces efforts en collaboration avec Israël, l'Autorité palestinienne, et les États de la région.

Discours du conseiller fédéral Ignazio Cassis sur la situation au Proche-Orient, Conseil de sécurité de l'ONU, 23.01.2024

La situation au Proche-Orient

12.01.2024 – Réunion d'urgence sur la situation en mer Rouge

Suite à de nouvelles attaques menées ces derniers jours par les Houthis yéménites contre des navires marchands en mer Rouge, suivies de frappes militaires des États-Unis et du Royaume-Uni, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni d'urgence aujourd'hui. Au Conseil de sécurité, la Suisse a souligné que ces récents développements sont préoccupants et augmentent le risque d'une escalade régionale.

Il y a deux jours, le Conseil de sécurité a adopté une résolution appelant à une plus grande sécurité des navires et au strict respect des droits et libertés de navigation, conformément au droit international. La Suisse a soutenu cette résolution, car le Conseil exprime ainsi sa préoccupation face à la situation dans la région et appelle les Houthis à cesser immédiatement leurs attaques contre les navires en mer Rouge.

La Suisse a souligné aujourd'hui à New York – tout comme après le vote du 10 janvier – son appréciation juridique de la résolution: le droit de prendre des mesures militaires mentionné dans l'article correspondant de la résolution est limité à l'interception d'attaques contre des navires marchands et de guerre. Cela ne concerne donc que la protection d'un navire attaqué et de son équipage. Dans ce contexte, toute opération militaire qui irait au-delà de la nécessité immédiate de protéger les navires et les personnes serait disproportionnée et non couverte par la résolution.

La Suisse s'inquiète des frappes militaires de la coalition anglo-américaine. Les incidents en mer Rouge ont déjà des conséquences négatives sur le transport maritime et le commerce international. Mais la situation précaire des populations civiles au Yémen et dans la région, qui dépendent d'une aide humanitaire vitale acheminée par voie maritime, peut également s'aggraver si les hostilités se poursuivent. Face à cette situation, la Suisse a appelé au Conseil de sécurité toutes les parties et tous les acteurs en mer Rouge et de la région environnante à faire preuve de prudence et de retenue et à strictement respecter le droit international. Ceci dans le but d'éviter une escalade régionale. A long terme, seule une paix durable au Yémen, impliquant tous les acteurs concernés, permettra de garantir la sécurité en mer Rouge.

Déclaration de la Suisse sur la situation en mer Rouge, Conseil de sécurité de l'ONU, 12.01.2024

12.01.2024 – Proche-Orient: la Suisse demande l'application intégrale des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU

Dans le cadre d'une réunion d'urgence, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est à nouveau penché aujourd'hui sur la situation au Proche-Orient, en particulier sur l'expulsion forcée de la population palestinienne. La Suisse s'est montrée préoccupée par l'augmentation constante de la violence et des souffrances de la population civile. Face à la situation humanitaire catastrophique, elle a appelé à faciliter l'accès humanitaire à la bande de Gaza et à permettre la libération des otages qui s'y trouvent encore. Pour y parvenir, la Suisse a souligné la nécessité d'un cessez-le-feu humanitaire durable. Au Conseil de sécurité, la Suisse a une nouvelle fois condamné les attaques terroristes du Hamas du 7 octobre et en particulier les violences sexuelles contre les femmes et les filles.

Pour atténuer les souffrances de la population civile, il est essentiel que les deux résolutions du Conseil de sécurité sur le Proche-Orient adoptées en novembre et en décembre soient pleinement mises en œuvre. Ces résolutions demandent notamment d'augmenter l'aide humanitaire à Gaza en garantissant un accès rapide, sûr et sans entrave, conformément au droit international humanitaire. Une grave famine, qui touche déjà près d'un demi-million de personnes à Gaza, se profile.

La Suisse a également souligné à New York que les Conventions de Genève interdisent les déplacements forcés de population et que de tels déplacements peuvent constituer un crime de guerre. Elle s'oppose aux appels à l'expulsion de civils du territoire palestinien occupé, y compris de Gaza, et a appelé les dirigeants de toutes les parties à s'abstenir de toute déclaration provocatrice. En outre, toutes les violations du droit international commises en Israël et dans l'ensemble du territoire palestinien occupé doivent faire l'objet d'une enquête et leurs auteurs doivent répondre de leurs actes devant les instances compétentes. À cette fin, la Cour pénale internationale (CPI) mène actuellement une enquête sur la situation dans le territoire palestinien occupé, qui couvre à la fois les événements du 7 octobre et les événements en cours à Gaza et en Cisjordanie.

La recherche d'une solution politique est urgente. Dans cette optique, la Suisse continue de soutenir la solution des deux États, afin que Gaza puisse être reconstruite en tant que partie d'un futur État palestinien, qui pourra exister en paix et à l'intérieur de frontières sûres et reconnues, côte à côte avec Israël.

Déclaration de la Suisse sur la situation au Proche-Orient, Conseil de sécurité de l'ONU, 12.01.2024

11.01.2024 – UNOWAS: la prévention, un moyen d'assurer la paix et la sécurité en Afrique de l'Ouest et au Sahel

Le travail du Bureau régional des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel (UNOWAS) a été au centre d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU aujourd'hui. L'UNOWAS est actif dans 16 pays où des millions de personnes sont confrontées à des défis nombreux et complexes qui menacent la sécurité de la région. Fin janvier 2023, le Conseil de sécurité a renouvelé le mandat de l'UNOWAS, dirigé par la Suisse et le Ghana, pour une nouvelle période de trois ans. Malgré une tendance positive dans le domaine du renforcement de la gouvernance démocratique dans certains pays, la situation sécuritaire reste instable dans une grande partie de la région et les besoins humanitaires augmentent. Lors de la réunion du Conseil, aujourd'hui, la Suisse a souligné que la prévention est essentielle pour éviter de nouveaux conflits et l'escalade de ceux déjà existants. 

 Des bulletins de vote sur lesquels sont écrits «Oui» et «Non» sont posés sur une table en bois.
L'UNOWAS soutient des élections inclusives en Afrique de l'Ouest et dans la région du Sahel, renforçant ainsi la gouvernance démocratique. © Keystone

La Suisse s'est félicitée au Conseil des améliorations apportées à la gouvernance démocratique. Ainsi, l'année dernière, plusieurs élections dans la région se sont déroulées de manière manifestement pacifique. Au Nigeria, la Suisse a notamment soutenu le « National Peace Committee » afin d'endiguer la violence en amont et pendant les élections.

En outre, la Suisse s'est félicitée au Conseil de l’aide apportée par l'UNOWAS au Ghana, à la Mauritanie, au Sénégal et au Togo pour l’organisation des élections. En outre, la Suisse a souligné que la promotion des lois visant à renforcer le rôle des femmes dans les processus politiques doit se poursuivre et leur mise en œuvre assurée. Cela contribue à la construction et à la consolidation des institutions politiques, des processus électoraux et de la gouvernance démocratique dans toute la région.

La situation sécuritaire des civils reste préoccupante dans certaines régions du Sahel en raison des attaques de groupes armés. La Suisse a déclaré à New York qu'il fallait notamment suivre de près l'évolution de la situation après le retrait de la mission de maintien de la paix de l'ONU (MINUSMA) du Mali à la fin de l’année 2023. Face à cela, elle a souligné la nécessité de renforcer le travail des États membres de l'ONU au niveau bilatéral et multilatéral afin de limiter le risque d'une crise régionale grave. Cela devrait notamment se faire en étroite collaboration avec l'Union africaine et les organisations sous-régionales.

Un autre facteur important pour la protection des populations est le renforcement des actions humanitaires afin de prévenir les crises humanitaires graves et d'atténuer celles qui existent déjà, causées par les conflits, l'instabilité, les déplacements internes et les conséquences du changement climatique. Environ 26 millions de personnes dans la région du Sahel ont aujourd'hui besoin d'une aide humanitaire pour survivre. Dans ce contexte, la Suisse a souligné que la prise en compte des risques climatiques est centrale pour une prévention efficace des conflits en Afrique de l'Ouest et au Sahel. Les effets du changement climatique, tels que les inondations et les sécheresses, ont des conséquences importantes sur la sécurité dans la région. Au sein du Conseil, la Suisse a souligné que l'analyse continue des risques climatiques et une meilleure compréhension du lien entre le climat, la paix et la sécurité restaient importantes pour aider les pays concernés à s'adapter aux effets du changement climatique. La Suisse a également lu une déclaration au nom de plusieurs pays afin d'attirer l'attention sur les effets négatifs du changement climatique sur la paix et la sécurité.

Déclaration de la Suisse sur la situation en Afrique de l'Ouest et au Sahel, Conseil de sécurité de l'ONU, 11.01.2024

Déclaration commune sur la sécurité climatique, Conseil de sécurité de l'ONU, 11.01.2024 (en)

10.01.2024 – Le Conseil de sécurité de l'ONU appelle à plus de sécurité pour les navires en mer Rouge

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté aujourd'hui une résolution condamnant les attaques menées par les Houthis yéménites contre des navires marchands en mer Rouge. Par cette résolution, le Conseil demande aux Houthis de cesser immédiatement leurs attaques qui entravent le commerce mondial et nuisent à la sécurité dans la région. La Suisse a soutenu la résolution.

Le 19 novembre 2023, les Houthis ont capturé le cargo «Galaxy Leader» en route vers l'Inde depuis la Turquie, se sont emparés de l'équipage et ont détourné le navire vers la province yéménite de Hodeida. La résolution du Conseil de sécurité adoptée aujourd'hui exige la libération immédiate de l'équipage et la restitution du «Galaxy Leader».

Le cargo bleu et blanc «Galaxy Leader» jette l'ancre sur des eaux turquoises en mer Rouge, au large des côtes yéménites.
Le cargo «Galaxy Leader» capturé par les Houthis le 19 novembre 2023 au large des côtes yéménites. © Keystone

Par cette résolution, le Conseil de sécurité souligne que les droits et libertés de navigation des navires marchands doivent être respectés conformément au droit international. En outre, le Conseil appelle à la prudence et à la retenue afin d’éviter une nouvelle escalade en mer Rouge et dans l’ensemble de la région.  

Déclaration de la Suisse après le vote, Conseil de sécurité de l'ONU, 10.01.2024

29.12.2023 – La Suisse souligne la nécessité d’une solution politique durable au Proche-Orient

Sur demande des Émirats Arabes Unis, une réunion d’urgence a été tenu au Conseil de sécurité de l’ONU vendredi 29 décembre au sujet de la situation actuelle au Proche-Orient. La poursuite des hostilités à Gaza et la montée de la violence en Cisjordanie sont préoccupants et renforcent la menace d’une extension régionale du conflit. Ces développements compromettent la perspective politique de mise en œuvre d’une solution à deux États, telle que soutenue par la Suisse.

Face aux derniers développements, la Suisse a de nouveau souligné que le respect du droit international humanitaire et des droits humains, la protection des civils et la libération des otages, doivent rester une priorité du Conseil de sécurité. La Suisse a également souligné la nécessité d’une solution politique durable au Proche-Orient.

Au nom de la Suisse et du Brésil, en tant que points focaux informels sur les conflits et la faim au sein du Conseil de sécurité, une déclaration a également été prononcée par rapport à l'insécurité alimentaire aiguë dans la bande de Gaza, qui touche plus de 90 % de la population.

Déclaration de la Suisse au Conseil de sécurité de l’ONU, 29.12.2023 

Déclaration conjointe de la Suisse et du Brésil, Conseil de sécurité de l’ONU, 29.12.2023 (PDF, 1 Page, 107.0 kB, Anglais)

22.12.2023 – Proche-Orient : le Conseil de sécurité de l'ONU adopte une résolution pour augmenter l'aide humanitaire à Gaza

Face à l'aggravation de la situation dans la bande de Gaza, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté aujourd'hui une résolution visant à augmenter l'aide humanitaire. La résolution aborde les besoins humanitaires urgents de la population civile, déplore toutes les attaques contre les civils, y compris les actes terroristes - qui incluent ceux du Hamas depuis le 7 octobre - et demande ce qui suit :

  • Le respect du droit international humanitaire par toutes les parties au conflit.
  • Accès rapide et sans entrave pour accélérer les livraisons humanitaires en quantité suffisante, y compris le mécanisme de l'ONU pour l'aide humanitaire et l'ouverture de différents points de passage.
  • Libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages restants.
  • Protection de la population civile par les deux parties au conflit.
  • Nécessité d'une solution à deux États.
  • Appel à la création des conditions d'une cessation durable des hostilités.

La Suisse a soutenu la résolution présentée au Conseil par les Émirats arabes unis parce qu'elle contribue à atténuer la situation humanitaire catastrophique dans la bande de Gaza et qu'elle reprend différents aspects de la position suisse sur le conflit actuel. Il s'agit notamment du respect du droit international humanitaire par toutes les parties au conflit, de la libération de tous les otages, de la garantie d'un accès humanitaire sûr et sans entrave à la bande de Gaza et de la nécessité d'une solution à deux États.

Dans le but de permettre un accès humanitaire rapide et sans entrave, la résolution adoptée aujourd'hui souligne la nécessité urgente d'envisager des mesures visant à créer les conditions d'une cessation durable des hostilités. Cela ne porte pas atteinte au droit d'Israël d'assurer sa défense et sa sécurité, mais vise plutôt à faciliter l'accès humanitaire et à permettre la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages. Dans sa déclaration après le vote, la Suisse a salué la décision du Conseil et souligné que la résolution d'aujourd'hui doit être complémentaire au droit international humanitaire, selon lequel toutes les parties au conflit et les autres États sont tenus d'autoriser et de faciliter les mesures d'aide aux populations en détresse.

Déclaration de la Suisse après le vote, Conseil de sécurité de l'ONU, 22.12.2023

21.12.2023 – La Suisse s’engage pour le financement durable des opérations de soutien à la paix de l’Union Africaine

Le 21 décembre 2023, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté une résolution en faveur d’un financement durable des opérations de soutien à la paix de l’Union Africaine (UA). La Suisse a soutenu le texte présenté par les trois pays africains du Conseil, le Gabon, le Ghana et le Mozambique.

Les opérations de paix menées par l’Union Africaine sont essentielles pour gérer les défis sécuritaires présents sur le continent africain. Au cours des 20 dernières années, les opérations de paix menées par l’UA ont permis de trouver des réponses à des situations complexes, faisant par exemple face aux prises de pouvoir illégitimes dans plusieurs pays, en accompagnant des élections ou en observant des accords de cessez-le-feu. Cela illustre le rôle prépondérant que les acteurs régionaux peuvent assumer pour relever les défis de sécurité sur le continent. Les opérations de paix dirigées par l'UA ont généralement un meilleur ancrage local, une connaissance plus détaillée du contexte, et une plus grande propension à prendre des risques face à des menaces complexes.

Néanmoins, l’UA dispose de moyens limités ne lui permettant pas de faire valoir systématiquement ses atouts pour soutenir les efforts de paix sur le continent. L’UA a notamment besoin de ressources stables et de financement durables. Une résolution dans ce sens a été adoptée le 21 décembre dernier au Conseil de sécurité sur initiative du Gabon, du Ghana et de la Mozambique. La Suisse avait, dès le début des discussions, activement soutenu cette résolution, dès lors qu’elle assurait un financement prévisible, durable et flexible de la part de l’ONU aux opérations de soutien à la paix dirigées par l’UA.

Impulsion sous présidence suisse

La question du financement des opérations de soutien à la paix dirigées par l’Union Africaine avait déjà été abordée en mai 2023 au Conseil de sécurité sous la présidence de la Suisse.

Déclaration de la conseillère fédérale Viola Amherd lors du Briefing paix et sécurité en Afrique – Conseil de sécurité de l’ONU, 25 mai 2023

En 2018, la Suisse avait déjà coparrainé un projet de résolution des trois pays africains au Conseil, jugeant le financement de ces opérations crucial pour la crédibilité du système onusien. Ce projet n’a pas abouti. Le principe de la résolution, votée le 21 décembre dernier, vise en premier lieu à formuler des «solutions africaines pour des défis africains». Promouvoir des solutions provenant d’Afrique-même aux défis qui concernent le continent revient à promouvoir des solutions durables. En ce sens, la Suisse a toujours soutenu l’ancrage régional des opérations de paix. Cela vaut également dans d’autres régions du monde, y compris en Europe via l’OSCE. Grâce à cette résolution, l'UA et l'ONU disposent désormais d'un cadre auquel elles peuvent se référer lors de futurs déploiements éventuels de missions de paix dirigées par l'UA sous mandat du Conseil de sécurité, ce qui facilite la planification financière. À l'avenir, les autorisations concrètes devront toujours être prises au cas par cas par le Conseil de sécurité et la commission de l'Assemblée générale des Nations unies chargée des questions financières. Par ailleurs, la Suisse reconnait et salue les progrès faits par l’Union Africaine depuis 2018 pour instaurer un cadre aux opérations de soutien à la paix.

Respect du droit international humanitaire et des droits de l’homme

La résolution adoptée à l’unanimité au Conseil le 21 décembre a mis l’accent sur le fait que toutes les forces de sécurité respectent le droit international humanitaire et les droits de l’homme. Ce respect est une condition essentielle à l’octroi de fonds par l’ONU. Il s’agit d’une exigence de diligence en matière de droits de l’homme des Nations Unies. «La Suisse a eu à cœur d'apporter son soutien et de jouer un rôle constructif dans le processus de négociation, en visant à promouvoir une conciliation entre les positions», a déclaré Pascale Baeriswyl. Elle a aussi invité toutes les parties à contribuer de leur mieux à la mise en œuvre de cette résolution-cadre. «Nous appelons en particulier à la volonté de chacun de trouver des compromis pour les futures négociations au cas par cas. C’est un pas décisif pour l’avenir des opérations de soutien à la paix dirigés par l’Union Africaine pour promouvoir la paix et la sécurité sur le continent», a-t-elle conclu.

Résolution en faveur d’un financement durable des opérations de soutien à la paix de l’Union Africaine (UA), Conseil de sécurité de l’ONU, 21 décembre 2023

Déclaration après le vote de la Suisse, Conseil de sécurité de l’ONU, 21 décembre 2023

 

21.12.2023 – Le Conseil de sécurité de l'ONU prolonge le mandat de la Force des Nations unies chargée d’observer le désengagement sur le plateau du Golan

Le Conseil de sécurité de l'ONU a aujourd'hui prolongé à l'unanimité de six mois le mandat de la Force des Nations unies chargée d'observer le plateau du Golan (FNUOD). Mandatée pour la première fois par le Conseil de sécurité en mai 1974, la FNUOD est l'une des missions de l'ONU à avoir été déployée le plus longtemps. Son déploiement remonte à la "guerre du Kippour" entre Israël et la Syrie, qui a éclaté en octobre 1973 et qui s'est en partie déroulée sur le plateau du Golan. En mai de l'année suivante, les deux parties au conflit se sont mises d'accord à Genève sur un cessez-le-feu et sur la création d'une zone démilitarisée. La FNUOD surveille cette zone démilitarisée et le respect du cessez-le-feu entre Israël et la Syrie.

Un véhicule blanc de l'ONU passe un point de contrôle dans un paysage aride et vallonné.
Depuis près de 50 ans, la FNUOD surveille le cessez-le-feu entre Israël et la Syrie sur le plateau du Golan. Ici, une photo prise en 1990. © UN Photo

La Suisse a soutenu la résolution au sein du Conseil de sécurité car la FNUOD apporte une contribution importante à la paix et à la stabilité au Proche-Orient. Dans un contexte d'escalade de la violence au Moyen-Orient après les actes terroristes du Hamas le 7 octobre et des fortes tensions régionales, cette mission est encore plus importante pour éviter une régionalisation du conflit actuel.

19.12.2023 – Siège de la Suisse au Conseil de sécurité de l’ONU: bilan et perspectives

L’année 2023 a été marquée par une série de crises, sur lesquelles le Conseil de sécurité de l’ONU a été appelé à se pencher. Il n’est guère un foyer de conflit qui n’ait pas figuré à l’ordre du jour de ses séances pratiquement quotidiennes, de l’Ukraine au Proche-Orient, en passant par le Soudan et Haïti. Durant l’année qui se termine, la Suisse a mis l’accent sur certaines thématiques suivant les quatre priorités fixées par le Conseil fédéral. Un travail qu’elle entend poursuivre et consolider tout au long de la seconde moitié de son mandat en 2024.

Article: Siège de la Suisse au Conseil de sécurité de l’ONU: bilan et perspectives

08.12.2023 – Une résolution pour un cessez-le-feu humanitaire échoue au Conseil de sécurité de l'ONU en raison d'un veto

Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a écrit le 6 décembre au Conseil de sécurité de l'ONU pour demander un cessez-le-feu humanitaire en raison de la situation insoutenable dans la bande de Gaza. Dans ce contexte, les Émirats arabes unis avaient présenté au Conseil de sécurité une résolution demandant un cessez-le-feu humanitaire immédiat, le respect du droit international humanitaire et la protection des populations civiles israéliennes et palestiniennes par les deux parties au conflit, ainsi que la libération immédiate de tous les otages restants. La Suisse avait soutenu la résolution. Elle a toutefois échoué en raison du veto des États-Unis. Pendant les négociations, la Suisse s'était engagée avec succès pour que la protection des civils de la part des deux parties et la libération des otages soient inscrites dans le texte de la résolution.

La résolution était axée sur l’humanitaire et visait à améliorer la situation catastrophique pour la population civile dans la bande de Gaza. Après le vote, la Suisse a assuré que le cessez-le-feu humanitaire demandé dans la résolution aurait été compris comme une pause humanitaire limitée dans le temps, et qui ne porterait pas atteinte au droit d'Israël à la défense et à la sécurité. Le Conseil fédéral s'est penché sur le projet de résolution lors de sa réunion d'aujourd'hui.

La Suisse regrette la décision prise aujourd'hui par le Conseil. Elle continuera à s'engager pour que le Conseil de sécurité s'accorde sur des mesures qui vont au-delà de l'aide humanitaire. Celle-ci est nécessaire à la survie, mais elle ne résoudra pas le conflit. Une solution à deux États négociée par les deux parties constitue la base de la paix et de la stabilité au Proche-Orient.

Déclaration de la Suisse après le vote

Déclaration de la Suisse, briefing sur la situation au Proche-Orient, Conseil de sécurité de l'ONU, 08.12.2023

06.12.2023 – L'hiver s'installe en Ukraine: la protection des civils est désormais encore plus importante

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni aujourd'hui pour discuter de la situation en Ukraine. L'agression militaire de la Russie contre son voisin se poursuit sans relâche. L'arrivée de l'hiver représente un fardeau supplémentaire pour la population civile en détresse. Les attaques continues de la Russie contre les infrastructures essentielles aggravent la situation humanitaire précaire. Elles provoquent des coupures d'électricité, de chauffage et d'eau, qui sont particulièrement vitales en hiver. Les organisations humanitaires travaillent sans relâche pour remédier à cette situation. Le manque d'accès humanitaire aux zones ukrainiennes sous contrôle russe reste préoccupant.

Un garçon ukrainien coupe du bois dans son jardin.
De nombreux Ukrainiens s'attendent à un hiver rigoureux et s'y sont préparés pendant des mois en collectant du bois de chauffage et en achetant des générateurs. © Keystone

Dans ce contexte, la Suisse a souligné au Conseil de sécurité l'urgence de renforcer les mesures humanitaires dont dépendent quelque 18 millions de personnes. Ces mesures devraient assurer l'approvisionnement en électricité et en chauffage. La Suisse a également réitéré son appel au respect du droit international humanitaire et à la protection de la population civile. Elle a également souligné la protection particulière du personnel et des installations médicales. Depuis le 24 février 2022, au moins 10'000 civils ont perdu la vie en Ukraine et plus de 18'500 ont été blessés. La poursuite des frappes aériennes russes, qui ne s'arrêtent pas aux habitations, écoles, hôpitaux et autres installations civiles dans tout le pays, augmente encore ce chiffre. Par ailleurs, la Suisse a souligné au Conseil la nécessité de renforcer la sécurité alimentaire en Ukraine, car la sécurité alimentaire dans de nombreuses régions du monde en dépend également. Dans ce contexte, la Suisse a réitéré son soutien aux efforts de l'ONU et d'autres acteurs pour faciliter les exportations de céréales en provenance d'Ukraine.

La visite du président de la Confédération Alain Berset à Kyiv (Kiev) il y a dix jours, à l'occasion d'un sommet international sur la sécurité alimentaire mondiale, a souligné la solidarité constante de la Suisse avec les citoyens ukrainiens. Dans le cadre de ses activités humanitaires, la Suisse continuera à fournir une aide hivernale à la population civile ukrainienne et s'engagera fortement dans le déminage humanitaire du pays.

Déclaration de la Suisse sur la situation en Ukraine, Conseil de sécurité de l'ONU, 06.12.2023

01.12.2023 – La Suisse regrette le retrait de la Mission de l'ONU au Soudan

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé aujourd'hui, à la demande du gouvernement soudanais, de mettre fin à la mission politique de l'ONU au Soudan (MINUATS). Sans l'accord et la volonté politique du pays hôte, les missions politiques des Nations unies ne peuvent pas mettre en œuvre leur mandat. Le 16 novembre, le gouvernement a retiré son consentement à la MINUATS par le biais d'une lettre adressée au Secrétaire général. Dans sa déclaration, la Suisse a regretté, après le vote, que la mission de l'ONU au Soudan ne sera plus opérationnelle à l'avenir. Le mandat de la MINUATS était, à l'origine, destiné à accompagner la transition du pays, mais celle-ci a été brutalement interrompue par l'éclatement du conflit en avril dernier. Plusieurs agences de l'ONU resteront dans le pays. Au sein du Conseil, la Suisse a réitéré son soutien à l'Envoyé personnel du Secrétaire général de l'ONU pour le Soudan, récemment nommé, et aux efforts de paix régionaux. Elle a également appelé toutes les parties au conflit à respecter leurs obligations dans le cadre du droit international humanitaire, notamment en ce qui concerne la protection des civils.

Des femmes et des hommes montent dans un camion bondé à Khartoum.
Des habitants de la capitale soudanaise Khartoum quittent leur domicile pendant une pause dans les combats. © Keystone

Le conflit actuel a un impact massif sur la population civile. La situation humanitaire dans le pays est catastrophique. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), plus de cinq millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur du Soudan depuis le début des violences et plus d'un million ont fui les conséquences du conflit en direction des pays voisins. Le nombre de personnes déplacées est ainsi devenu l'un des plus élevés au monde. Le conflit continue d'aggraver la situation humanitaire. Les chiffres du Bureau des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) confirment que près de 25 millions de personnes – la moitié de la population soudanaise – ont un besoin urgent d'aide humanitaire. Ils souffrent du manque de nourriture, d'eau potable, d'installations sanitaires, d'abris, de soins médicaux et, plus généralement, de protection. Pour répondre précisément à ces besoins humanitaires au Soudan et dans les pays voisins concernés, la Suisse a débloqué jusqu’ici environ 60 millions de francs suisses en 2023.

Face à la poursuite des violences, aux déplacements de population et aux besoins humanitaires croissants, la Suisse tient à ce que le Conseil de sécurité continue d'assumer ses responsabilités en matière de paix et de sécurité et reste informé de la situation au Soudan. C'est pourquoi, lors des négociations sur la résolution, la Suisse s'est également engagée à ce que le Conseil continue de recevoir des rapports sur la situation dans le pays et sur le rôle de l'Envoyé personnel du Secrétaire général de l'ONU pour le Soudan. Celui-ci doit jouer un rôle important dans le soutien des efforts de paix régionaux.

Déclaration de la Suisse après le vote, 01.12.2023

29.11.2023 – Proche-Orient: la Suisse salue la libération des otages au Conseil de sécurité de l'ONU

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est penché aujourd'hui, en présence de plusieurs ministres, sur l’urgence de la situation au Proche-Orient. L'ambassadeur Thomas Gürber, chef de la division ONU du DFAE, représentait la Suisse. Au début des débats, le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a affirmé au Conseil de sécurité que la situation au Moyen-Orient se détériore de plus en plus et appelé à ce que cette tendance soit inversée.

L'ambassadeur Thomas Gürber s'exprime à la table en fer à cheval du Conseil de sécurité de l'ONU à New York.
L'ambassadeur Thomas Gürber a réaffirmé au Conseil de sécurité de l'ONU la position de la Suisse sur le conflit actuel au Proche-Orient. © UN Photo

Thomas Gürber a fait référence à la résolution du Conseil de sécurité sur la protection des enfants, adoptée le 15 novembre, qui constitue une première étape importante pour le Conseil dans la gestion du conflit actuel. Cette résolution appelle toutes les parties à respecter leurs obligations en vertu du droit international et du droit international humanitaire, notamment en ce qui concerne la protection des civils.

La Suisse salue la libération des otages et remercie les États concernés pour leurs efforts de médiation, ainsi que le CICR pour son rôle dans la mise en œuvre de la libération des otages. L'ambassadeur Gürber a rappelé que la Suisse exigeait la libération de tous les otages. Pour y parvenir, des pauses humanitaires sont nécessaires, comme le demande le Conseil dans sa résolution. Thomas Gürber a souligné que les pauses humanitaires devaient être prolongées à cette fin, mais aussi pour fournir une assistance humanitaire à la population civile de la bande de Gaza.

L'aide humanitaire est vitale, mais elle ne constitue pas une solution durable au conflit. La Suisse continuera à s'engager au sein du Conseil de sécurité en faveur de la promotion du consensus et d'une solution politique au conflit. La solution à deux États, au sein de laquelle les populations israélienne et palestinienne peuvent vivre ensemble dans la paix, la sécurité et la dignité, est la seule base pour garantir la paix et la stabilité au Proche-Orient.

En outre, Thomas Gürber a réaffirmé au Conseil la position de la Suisse sur le conflit actuel: elle condamne fermement les actes de terrorisme commis par le Hamas depuis le 7 octobre, reconnaît le droit légitime d'Israël d'assurer sa sécurité et sa défense et appelle toutes les parties à respecter le droit international humanitaire pour protéger la population civile. Elle exige enfin un accès humanitaire rapide et sans entrave à la bande de Gaza.

Déclaration de la Suisse sur la situation au Proche-Orient, Conseil de sécurité de l'ONU, 29.11.2023

Situation en Israël et sur le territoire palestinien occupé

20.11.2023 – La coopération au développement et la promotion de la paix en point de mire du Conseil de sécurité de l'ONU

Le 20 novembre 2023, le Conseil de sécurité de l’ONU mènera un débat ouvert sur le lien entre coopération au développement et promotion de la paix. Un lien qui constitue depuis de nombreuses années une priorité de la coopération internationale de la Suisse. Au sein du Conseil, la Suisse apporte son expertise dans les discussions, en insistant sur le fait que le développement économique d’un État n’est pas toujours un gage de paix. À ses yeux, il importe avant tout de réduire les inégalités et de renforcer la capacité de résistance des communautés. Pour parvenir à une cohabitation pacifique, il est également essentiel de miser sur le dialogue, aussi bien entre les différents groupes sociaux qu’entre la population et ses décideurs. Ces résultats doivent ensuite être consolidés dans le cadre d’un dialogue politique avec les gouvernements locaux. Depuis 2016, la Suisse soutient en outre le détachement de conseillers de l’ONU en matière de paix et de développement. Dans leur rôle d’interface pour les activités de paix et de développement menées par l’ONU sur le terrain, ces spécialistes aident les acteurs locaux à prévenir les conflits violents. Les exemples sous le lien suivant illustrent la manière dont la Direction du développement et de la coopération (DDC) contribue efficacement au maintien de la paix et de la sécurité au Sahel et dans la Corne de l’Afrique.

Article: La coopération au développement et la promotion de la paix en point de mire du Conseil de sécurité de l'ONU

15.11.2023 – Le Conseil de sécurité de l'ONU adopte une résolution axée sur la protection des enfants au Moyen-Orient

Après des semaines de tractations, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté aujourd'hui une résolution sur la protection des enfants au Moyen-Orient. Le texte de la résolution, soumis au vote par Malte en tant que présidente du groupe de travail du Conseil sur la protection des enfants dans les conflits armés, appelle à la protection des enfants par des pauses humanitaires limitées dans le temps.

Selon la résolution, les pauses doivent servir entre autres à fournir des soins humanitaires à la population civile, en particulier aux enfants, à évacuer les enfants malades et blessés de la bande de Gaza et à retrouver les enfants disparus. Pour ce faire, la résolution exige un accès humanitaire sûr et sans entrave pour les organisations humanitaires de l'ONU, ses partenaires et le CICR pendant les pauses dans les combats.

La résolution adoptée par le Conseil de sécurité exige en outre de toutes les parties qu'elles respectent le droit international humanitaire et assurent la protection de la population civile, en particulier des enfants, ce qui correspond à une priorité de la politique étrangère suisse. De même, le texte demande la libération de tous les otages détenus par le Hamas depuis le 7 octobre.

La Suisse a soutenu la résolution parce qu'elle répond à l'urgence de la situation humanitaire dans la bande de Gaza. La résolution reflète quatre priorités de la Suisse : (1) des pauses humanitaires pour un accès humanitaire rapide ; (2) le respect du droit international humanitaire ; (3) la libération des otages et (4) la prévention de la propagation du conflit. Le texte concis de la résolution, axé sur les besoins opérationnels, a délibérément renoncé à une contextualisation politique, d'autant plus qu'une telle contextualisation ne s'est pas révélée consensuelle lors des négociations. En tant que pays doté d'une longue tradition humanitaire et dépositaire des Conventions de Genève, la Suisse attache une importance particulière à la protection des enfants dans les conflits. Selon le droit international humanitaire et les Conventions de Genève, les civils, dont les enfants font partie, doivent être protégés dans les conflits. Dans son explication de vote, la Suisse a réitéré la position du Conseil fédéral sur le conflit actuel au Moyen-Orient, notamment sa condamnation des actes de terreur du Hamas et la reconnaissance du droit d'Israël à assurer sa défense et sa sécurité. La «Déclaration après le vote» permet aux Etats présents à l'ONU d'exposer leurs positions et évaluations détaillées en complément de leur vote.

Après quatre tentatives infructueuses d'adopter une résolution sur le Proche-Orient depuis le 7 octobre, le Conseil de sécurité a témoigné de sa capacité d'action et de décision en adoptant la résolution d'aujourd'hui. En même temps, la résolution envoie un signal important à tous les acteurs et à la population civile concernée sur le terrain. La dernière fois que le Conseil de sécurité a été en mesure d'adopter une résolution sur le Moyen-Orient, c'était en 2016. La Suisse continuera à s'engager au sein du Conseil de sécurité de l'ONU pour que celui-ci prenne des mesures allant au-delà de la protection de la population civile et visant la situation globale dans le conflit actuel au Proche-Orient – notamment une résolution condamnant les actes terroristes du Hamas, exigeant la libération de tous les otages, reconnaissant le droit d'Israël à assurer sa sécurité et demandant un accès humanitaire rapide, sûr et sans entrave à Gaza.

Déclaration de la Suisse après le vote, Conseil de sécurité de l'ONU, 15.11.2023

Situation en Israël et sur le territoire palestinien occupé

15.11.2023 – Le Conseil de sécurité de l'ONU renouvelle quatre résolutions

Le Conseil de sécurité de l'ONU a renouvelé quatre résolutions les 14 et 15 novembre 2023. Il s'agit notamment des mandats des missions de maintien de la paix de l'ONU en République centrafricaine (MINUSCA), dans la région frontalière d'Abyei entre le Soudan et le Soudan du Sud (UNISFA), de la mission de transition en Somalie dirigée par l'Union africaine (ATMIS) et du régime de sanctions pour le Yémen. La Suisse a soutenu le renouvellement de ces quatre résolutions au sein du Conseil, car elles sont conformes à ses priorités pour l'adhésion de la Suisse au Conseil de sécurité.

MINUSCA en République centrafricaine

Alors que la situation sécuritaire s'est améliorée dans certaines régions de la République centrafricaine, la poursuite des affrontements armés continue de mettre en danger la population civile. La MINUSCA contribue de manière importante à faire avancer les efforts de paix dans le pays et à assurer une meilleure protection de la population civile. Sur place, la Suisse est représentée par un bureau de coopération de la DDC à Bangui. En collaboration avec le gouvernement et la MINUSCA, elle promeut le respect du droit international humanitaire et des droits de l'homme.

L'UNISFA dans la région d'Abyei, entre le Soudan et le Soudan du Sud

La région d'Abyei, riche en ressources, située entre le Soudan et le Soudan du Sud, a été le théâtre d'affrontements meurtriers après la déclaration d'indépendance du Soudan du Sud en 2011, provoquant le déplacement de plus de 100 000 personnes. Sur le terrain, l'UNISFA assure la protection des civils et l'accès des acteurs humanitaires.

ATMIS en Somalie

La mission de transition en Somalie (ATMIS), dirigée par l'Union africaine et mandatée par le Conseil de sécurité de l'ONU, soutient les autorités locales dans le maintien des opérations de maintien de la paix. L'objectif d'ATMIS est de permettre aux forces de sécurité somaliennes de maintenir de manière autonome la sécurité dans le pays.

Régime de sanctions au Yémen

Les sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU concernant le conflit au Yémen visent à soutenir les efforts politiques en cours pour parvenir à un cessez-le-feu et à la paix dans le pays. Les sanctions comprennent le gel des avoirs, l'interdiction de voyager et l'embargo sur les armes à l'encontre des personnes et des entités sanctionnées.

14.11.2023 – Les forces de police de l'ONU contribuent à la protection des civils dans les zones de conflit

Les policiers jouent un rôle important dans les missions de paix de l'ONU mandatées par le Conseil de sécurité. Ils travaillent parfois dans des conditions très difficiles pour maintenir l'ordre public et protéger la population civile dans les zones de conflit. Lors du débat ouvert annuel du Conseil de sécurité de l'ONU sur les forces de police dans les missions de paix, la Suisse a souligné leur importance pour la paix et la sécurité. Parallèlement, elle a évoqué plusieurs points pour que les forces de police puissent accomplir leur travail de manière encore plus efficace.

Huit policiers de l'ONU sont assis à l'arrière d'un pick-up blanc. Au premier plan, des enfants africains posent pour la photo.
Forces de police de l'ONU appartenant à la Mission de maintien de la paix des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) en patrouille dans un camp de personnes déplacées à Juba, au Soudan du Sud. © UN Photo

Il s'agit notamment de soutenir la formation des forces de police locales dans les pays hôtes des missions de maintien de la paix de l'ONU. Les autorités locales doivent être en mesure d'assurer elles-mêmes la sécurité de leurs populations. Concrètement, la capacité d'action de la police locale doit par exemple être renforcée pour le maintien de l'ordre public lors de l'organisation d'élections. De plus, les forces de police de l'ONU agissent comme un système d'alerte précoce. Ils disposent d'un vaste réseau grâce à leurs contacts quotidiens dans la société. Dans ce contexte, il est essentiel que le personnel de police puisse communiquer avec la population locale et reçoive une formation adaptée au contexte. Cela permet de s'assurer que les informations reçues peuvent être utilisées pour prendre des décisions lors de la planification des missions, pour protéger la population civile par exemple. Pour que ces décisions importantes puissent être prises, il est essentiel que les commandants de police soient préparés aux nombreux défis qui se posent dans les zones de conflit. C'est pourquoi la Suisse accueille un cours annuel de deux semaines pour les commandants de police dans les missions de paix de l'ONU, qui se déroule actuellement à Stans, dans le canton de Nidwald.

La Suisse contribue activement aux activités de la police au sein de l'ONU et met des policiers à disposition pour des missions de paix, par exemple en République démocratique du Congo ou au Soudan du Sud. Outre leur expertise technique, les connaissances linguistiques du personnel de police suisse constituent un atout. Dans le cadre de ses activités auprès de l'ONU, la Suisse poursuivra ses efforts afin d'accroître l'impact des missions de paix.

Déclaration de la Suisse, Débat ouvert sur les forces de police de l'ONU, Conseil de sécurité de l'ONU, 14.11.2023

10.11.2023 – Proche-Orient: les acteurs humanitaires doivent pouvoir opérer de manière sûre et efficace

Au vu de la situation au Moyen-Orient, le Conseil de sécurité des Nations Unies s'est à nouveau réuni d'urgence aujourd'hui. Tedros Ghebreyesus, directeur général de l'OMS, a présenté au Conseil des informations venues tout droit du terrain sur la situation humanitaire catastrophique actuellement dans la bande de Gaza.

Conformément à sa position, la Suisse a fermement condamné les actes terroristes du Hamas au sein du Conseil, a demandé la libération inconditionnelle de tous les otages du Hamas et a reconnu le droit d'Israël d'assurer sa défense et sa sécurité. Elle a en outre rappelé que toutes les parties devaient respecter le droit humanitaire international.

Le droit humanitaire international régit la conduite de la guerre et protège les victimes des conflits armés. Il a une portée universelle. En tant que pays ayant une longue tradition humanitaire et en tant que dépositaire des Conventions de Genève, la Suisse considère la protection des civils comme un pilier central de sa politique étrangère et une priorité énoncée lors de son adhésion au Conseil de sécurité de l'ONU. Au sein du Conseil, la Suisse s'est montrée profondément préoccupée par la situation humanitaire dramatique à Gaza. Elle a souligné que la population civile, privée d'eau, d'électricité et de services vitaux, a un besoin urgent d'aide et de protection. Le droit international humanitaire exige en outre la protection des installations médicales et des acteurs humanitaires. L'incident de mardi dernier, au cours duquel un convoi du CICR transportant des fournitures destinées à l'hôpital Al-Quds de Gaza a été pris pour cible, illustre le contexte d'insécurité dans lequel travaillent les organisations humanitaires à Gaza.

Au sein du Conseil de sécurité de l'ONU, la Suisse continuera à contribuer activement à ce que le Conseil prenne des mesures urgentes, telles que l'appel à des pauses ou à des trêves humanitaires, afin de garantir un accès rapide et sans entrave de l'aide humanitaire à Gaza. Cela devrait permettre au CICR et aux autres acteurs humanitaires d'atténuer la crise sanitaire qui s'aggrave sur place. Lors de la conférence humanitaire internationale qui s'est tenue hier à Paris, la Suisse a confirmé un financement supplémentaire de 90 millions de francs pour l'aide humanitaire d'urgence dans toute la région. 

Déclaration de la Suisse sur la situation au Proche-Orient, Conseil de sécurité de l'ONU, 10.11.2023

Situation en Israël et sur le territoire palestinien occupé

06.11.2023 – Réunion d'urgence sur la situation à Gaza

Dans le cadre d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, la Suisse s'est déclarée profondément préoccupée par le nombre de victimes civiles à Gaza et par le fait que des hôpitaux, des bâtiments de l'ONU et d'autres installations civiles dans la bande de Gaza aient été touchés. Elle a souligné que les obligations du droit international humanitaire sont claires : la population civile et les biens civils doivent être protégés, en Israël comme dans la bande de Gaza.

Parallèlement, la Suisse a condamné une nouvelle fois sans équivoque les actes de terrorisme et les tirs de roquettes du Hamas contre la population israélienne, conformément à sa position. Elle a demandé la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages détenus par le Hamas à Gaza. La Suisse reconnaît le droit d'Israël d'assurer sa défense et sa sécurité et rappelle que toutes les parties sont tenues de respecter le droit international humanitaire. Face à la situation humanitaire catastrophique à Gaza, elle a appelé à assurer un approvisionnement rapide et sans entrave en biens et services de base pour tous les civils dans le besoin.

Situation en Israël et sur le territoire palestinien occupé

02.11.2023 – Bosnie-Herzégovine: prolongation votée à l'unanimité en faveur de EUFOR ALTHEA

Le 2 novembre 2023, le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé à l'unanimité par résolution d'autoriser la mission EUFOR ALTHEA de l'UE pour une année supplémentaire. La tâche principale de la mission est d'aider les autorités à maintenir un environnement sécurisé dans le pays. Les négociations, cette année, se sont déroulées sous la direction de la Suisse. Dans ce rôle, elle a permis le dialogue entre toutes les parties concernées. La Suisse se félicite de la prolongation unanime de l'autorisation, qui constitue un signal fort de soutien à la stabilité et à la sécurité en Bosnie-Herzégovine.

Un militaire suisse observe une vallée en Bosnie-Herzégovine à l'aide de jumelles.
Depuis 2004, des militaires suisses contribuent au maintien de la paix en Bosnie-Herzégovine dans le cadre de l'EUFOR Althea. © DDPS

Par sa présence, EUFOR ALTHEA apporte une contribution importante au maintien de la paix en Bosnie-Herzégovine et contribue à la stabilisation de la région des Balkans occidentaux. Au-delà du maintien d'un environnement sécurisé, le mandat de la mission comprend également la mise en œuvre et le respect de l'accord de paix de Dayton et la coopération avec les autorités bosniaques pour atteindre ces objectifs. Conformément à son engagement de longue date dans le domaine de la promotion de la paix, la Suisse continuera à soutenir la mission en mettant à sa disposition des experts.

La situation en matière de politique de sécurité dans le pays reste fragile depuis la guerre de 1992-1995. Depuis 2004, jusqu'à 20 militaires suisses participent à la mission EUFOR ALTHEA dans les Balkans. Ils sont stationnés sur des sites de conflit connus ou potentiels et échangent avec la population locale et les autorités. Ils ont ainsi accès à des informations qui permettent à l'EUFOR d'évaluer la situation en matière de politique de sécurité dans le pays.

Dans le cadre de la coopération internationale, la Suisse soutient la Bosnie-Herzégovine dans le but de faire progresser les réformes et de créer de nouvelles perspectives pour la population. Au sein du Conseil de sécurité, la Suisse a assuré la Bosnie-Herzégovine qu'elle continuerait à la soutenir sur la voie d'un avenir unifié et pacifique.

Déclaration de la Suisse sur la situation en Bosnie-Herzégovine, Conseil de sécurité de l'ONU, 02.11.2023

31.10.2023 – Le Conseil de sécurité de l'ONU renouvelle quatre missions de paix

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté hier et aujourd'hui quatre résolutions renouvelant des missions de paix de l'ONU. Il s'agit des missions de l'ONU en Colombie, en Libye, au Sahara occidental et en Somalie. La Suisse a soutenu les quatre résolutions au sein du Conseil.

Vue de la salle du Conseil de sécurité de l'ONU.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a renouvelé fin octobre 2023 les missions de l'ONU en Colombie, en Libye, au Sahara occidental et en Somalie. © DFAE

UNVMC en Colombie

La Mission de surveillance des Nations unies en Colombie (UNVMC) a pour mandat de surveiller et de vérifier l'accord de paix entre les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) et le gouvernement colombien. Dans le cadre de sa politique de paix de longue date en Colombie, la Suisse a accepté, à la demande du gouvernement colombien et du groupe rebelle EMC FARC-EP (Estado Mayor Central de las FARC-EP), un mandat officiel d'Etat garant des négociations de paix.

UNSMIL en Libye

La Mission d'assistance des Nations unies en Libye (UNSMIL) est active dans le pays depuis la chute du régime autoritaire de Mouammar Kadhafi en 2011. Les tâches de l'UNSMIL consistent notamment à aider le gouvernement libyen à établir l'état de droit et à organiser des élections démocratiques.

La MINURSO au Sahara occidental

La mission de paix de l'ONU au Sahara occidental (MINURSO) surveille le cessez-le-feu entre le gouvernement marocain et le mouvement indépendantiste Polisario. De même, la MINURSO soutient la réduction de la menace des mines. Des membres de l'armée suisse sont engagés dans le déminage humanitaire au Sahara occidental dans le cadre du Service de l’action antimines des Nations Unies (UNMAS).

UNSOM en Somalie

La Mission d'assistance des Nations Unies en Somalie (UNSOM) soutient le gouvernement somalien dans le maintien de la paix et l'établissement de l'État de droit. En outre, la MONUP aide le gouvernement à mettre en place des mécanismes de renforcement des droits de l'homme et à intégrer les femmes dans les processus politiques. En outre, la mission surveille les violations des droits de l'homme ou du droit international humanitaire en Somalie et aide à enquêter sur celles-ci.

30.10.2023 – Réunion d'urgence sur la situation au Moyen-Orient

Face aux hostilités qui se sont intensifiées au Moyen-Orient au cours du week-end dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni en urgence aujourd'hui. La Suisse a souligné à cette occasion que l'appel lancé à toutes les parties à protéger la population civile est et doit rester une mission centrale du Conseil de sécurité de l'ONU. La population civile doit être protégée en Israël, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.

La Suisse condamne fermement les attaques terroristes et les prises d'otages du Hamas. Elle exige la libération immédiate et inconditionnelle des otages et exprime sa solidarité avec le peuple israélien. Trois semaines après le début des hostilités, la situation humanitaire dans la bande de Gaza est dramatique. La population souffre du manque de biens essentiels à sa survie, comme l'eau ou l'électricité. Face à cette situation, la Suisse demande à toutes les parties d'assumer leurs obligations dans le cadre du droit international humanitaire et de permettre un accès rapide, sécurisé et sans entrave de l'aide humanitaire à Gaza.

Vue de la salle du Conseil de sécurité de l'ONU.
Face aux hostilités qui se sont intensifiées au Moyen-Orient au cours du week-end dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni en urgence aujourd'hui. © DFAE

Le droit international humanitaire, y compris les Conventions de Genève, a une portée universelle. Il constitue le cadre juridique en faveur de la protection des populations civiles dans les conflits. La Suisse reconnaît la volonté légitime d'Israël d'assurer sa défense et sa sécurité nationales. Elle rappelle que le droit international humanitaire tient compte des besoins légitimes tels que la sécurité et la nécessité militaire, raison pour laquelle il doit donc être respecté sans exception. Les violations du droit international humanitaire et des droits de l'homme doivent faire l'objet d'enquêtes et les auteurs doivent être tenus de rendre des comptes.

Au sein du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale des Nations unies, la Suisse s'est engagée ces dernières semaines en faveur de mesures telles que des pauses humanitaires ou un cessez-le-feu humanitaire. Elle a de nouveau demandé au Conseil de sécurité d'œuvrer ensemble pour mettre un terme à la violence. Quatre résolutions sur le Proche-Orient ont échoué au Conseil au cours des deux dernières semaines. La Suisse continue de s'engager activement en faveur d'une action commune du Conseil de sécurité et d'une solution pacifique.

Déclaration de la Suisse sur la situation au Proche-Orient, Conseil de sécurité de l'ONU, 30.10.2023

Situation en Israël et sur le territoire palestinien occupé

 

25.10.2023 – Toujours pas d'accord sur la résolution concernant la situation au Moyen-Orient

Le 25 octobre 2023, le Conseil de sécurité de l'ONU a voté sur un projet de résolution des États-Unis concernant la situation au Moyen-Orient. L'adoption de la résolution a échoué en raison du veto de la Russie et de la Chine. La Suisse a soutenu la résolution parce qu'elle aurait représenté un pas en avant du Conseil de sécurité pour protéger la population civile au Moyen-Orient et parce qu'elle insistait sur les pauses humanitaires comme mesure d'accès humanitaire. La Suisse s'est activement impliquée dans les négociations avant le vote afin que le droit international humanitaire et les pauses humanitaires soient inscrits dans le texte de la résolution.

Le Conseil a également voté sur un projet de résolution russe qui n'a pas obtenu la majorité. La Suisse s'y est abstenue. La proposition russe demandait un cessez-le-feu humanitaire, ce que la Suisse soutient en principe, mais le texte de la résolution, qui n'avait pas été consulté au préalable par les membres du Conseil, contenait des éléments qui ne correspondaient pas à la position et aux estimations de la Suisse.

Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit à New York.
Le 25 octobre 2023, le Conseil de sécurité de l'ONU a voté sur un projet de résolution concernant la situation au Moyen-Orient. © UN Photo

La veille, lors d'un débat ouvert au Conseil de sécurité de l'ONU, la Suisse a de nouveau condamné les attaques terroristes, les tirs de roquettes indiscriminés contre la population israélienne et les prises d'otages par le Hamas. Elle a également souligné la volonté légitime d'Israël d'assurer sa défense et sa sécurité nationales et a appelé toutes les parties à respecter le droit international, en particulier le droit international humanitaire. Elle a également exhorté à prendre des mesures de désescalade. En outre, la Suisse a appelé tous les acteurs à lever les obstacles à l'acheminement rapide, sûr et sans entrave de l'aide à Gaza.

En tant qu'État dépositaire des Conventions de Genève, la Suisse place la protection des civils au premier rang de ses préoccupations et en a fait une priorité pour son adhésion au Conseil de sécurité. «Il est essentiel de protéger la population civile en Israël et à Gaza. Nous plaidons pour un Conseil de sécurité qui fasse du respect du droit international humanitaire une priorité, surtout en cas d'urgence», a déclaré à New York l'ambassadrice de Suisse Maya Tissafi, cheffe de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) et responsable de la Taskforce Moyen-Orient.

Dans son intervention, la Suisse a souligné son engagement, nourri depuis la semaine dernière, pour que le Conseil puisse adopter une résolution permettant des pauses humanitaires et un accès rapide, sûr et sans entrave à l'aide à Gaza. La semaine dernière déjà, deux textes de résolution ont échoué, respectivement en raison du manque de quorum et du veto des Etats-Unis.

La Suisse reste convaincue que des pauses humanitaires sont nécessaires de toute urgence afin que la population civile puisse recevoir des biens de première nécessité et que les organisations humanitaires puissent accéder à la bande de Gaza conformément au droit international humanitaire. Pour y parvenir, le Conseil de sécurité doit trouver une solution. La Suisse continue à s'engager dans ce sens.

La Suisse a demandé au Conseil de sécurité de l'ONU d'intensifier ses efforts afin d'assumer ses responsabilités en matière de protection des civils. Les mesures humanitaires d'urgence sont essentielles dans le contexte actuel, en situation d'escalade du conflit. L'objectif d'une paix durable au Proche-Orient, basée sur une solution à deux États, ne doit pas être perdu de vue.

Déclaration après le vote: La situation au Moyen-Orient, 25.10.2023 

Déclaration de la Suisse sur la situation au Proche-Orient, Conseil de sécurité de l'ONU, 24.10.2023

Situation en Israël et sur le territoire palestinien occupé

25.10.2023 – Les droits des femmes doivent être protégés pour qu'elles puissent contribuer à une paix durable

Le Conseil de sécurité de l'ONU a discuté, dans le cadre d'un débat ouvert sur «les femmes, la paix et la sécurité», des défis liés à la participation des femmes dans les processus de paix. La Suisse a déclaré au Conseil qu'elle souhaitait renforcer les voix des représentantes de la société civile. Leurs recommandations doivent être mieux prises en compte dans les débats et les décisions du Conseil. Lors des débats, la Suisse a donc réitéré des recommandations importantes émises par des femmes de la société civile lorsque celles-ci avaient été invitées en tant que rapporteures pendant la présidence suisse en mai. Les femmes du monde entier doivent avoir le droit à la liberté de participer pleinement aux processus de décision politique. Pour une paix durable, les femmes doivent pouvoir participer sur un pied d'égalité aux négociations et au maintien de la paix. Pour y parvenir, les femmes et les filles ont impérativement besoin d'être protégées contre la violence et les violations des droits de l'homme. Au sein du Conseil, la Suisse a demandé à tous les États de prévenir les violations des droits des femmes, y compris celles commises dans l'espace numérique. Les droits de l'homme appartiennent à tous les êtres humains, indépendamment de leur appartenance à une minorité nationale, éthique, religieuse ou linguistique.

La Suisse s'engage depuis des années dans le cadre du plan d'action national pour la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l'ONU sur «les femmes, la paix et la sécurité". La Division Paix et Droits de l'Homme du DFAE (DPDH) s'engage dans plusieurs pays pour une participation égale des femmes à la prévention et à la résolution des conflits. Il s'agit par exemple de la mise en place d'un réseau national de médiatrices et de militantes pour la paix au Liban. En Colombie, au Népal et aux Philippines, l'initiative de la société civile les femmes à la table de la paix, «Women’s Peace Tables» (WPT) aide les femmes à participer aux processus de paix officiels dans leur pays.

La DDC soutient également le programme «Mujeres Resilientes» (en français «Femmes résistantes») au Salvador dans le cadre de la coopération internationale. Dans la vidéo, Camille Flückiger, qui travaille au bureau de coopération de Managua (Nicaragua), explique comment la Suisse donne sur place aux femmes les moyens de s'attaquer aux conflits locaux et de contribuer ainsi à la paix. 

23.10.2023 – Kosovo: la Suisse appelle les deux parties à reprendre le dialogue

La situation au Kosovo était aujourd'hui le sujet d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, à laquelle participaient la présidente kosovare Vjosa Osmani et la première ministre serbe Ana Brnabić. Les tensions et l'insécurité au Kosovo se sont accrues depuis la dernière réunion du Conseil. Lors d'une attaque contre la police en septembre dernier, un policier kosovar a perdu la vie et plusieurs personnes ont été blessées. La désescalade est donc essentielle dans l'optique d'un retour au processus de normalisation.

Dans ce contexte, la Suisse a condamné au Conseil de sécurité les récents actes de violence au Kosovo et a appelé toutes les parties à coopérer. Afin de mettre en œuvre des solutions politiques, il convient d'éviter la rhétorique incendiaire ou le renforcement du déploiement de troupes à proximité de la frontière. La Suisse a appelé les parties à s'engager dans le dialogue mené par l'UE et à mettre en œuvre leurs engagements dans le cadre de l'accord de normalisation des relations entre le Kosovo et la Serbie.

Un soldat et une soldate de l'armée suisse au sein de la KFOR discutent à côté d'un véhicule d'intervention blanc au Kosovo.
L'armée suisse participe à la Kosovo Force (KFOR) depuis 1999 avec la SWISSCOY. Les équipes de liaison et de surveillance servent de système d'alerte précoce à la KFOR pour les changements de situation potentiels. © DDPS

Depuis plus de trente ans, la Suisse entretient des relations étroites avec le Kosovo, où réside une importante diaspora. La Suisse soutient activement le dialogue entre la Serbie et le Kosovo et contribue à l'instauration de la confiance. Travailler sur le passé constitue un pilier central du processus de réconciliation. La Suisse soutient notamment activement les deux États dans la recherche et l'identification des personnes disparues. Dans le cadre de sa coopération internationale, la Suisse promeut au Kosovo une gouvernance inclusive et démocratique et crée des emplois décents. Elle contribue ainsi à offrir des perspectives d'avenir à l'ensemble de la société.

En outre, le contingent suisse auprès de la Kosovo Force (KFOR), qui compte jusqu'à 195 militaires, est le contingent suisse le plus important engagé dans une mission de paix. La KFOR est issue d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU de 1999. L'objectif de la KFOR est de garantir la liberté de mouvement de la population et de veiller à la stabilité de l'environnement. Les militaires suisses apportent une contribution concrète sur le terrain pour que la KFOR puisse atteindre cet objectif. Lors de la réunion du Conseil de sécurité de ce jour, la Suisse a souligné son soutien à la KFOR en tant que garante de la sécurité.

Déclaration de la Suisse sur la situation au Kosovo

18.10.2023 – Pas de consensus sur la résolution sur la situation humanitaire au Proche-Orient au Conseil de sécurité de l'ONU

Les populations civiles d'Israël et de la bande de Gaza sont les premières victimes de la reprise du conflit au Proche-Orient. Des milliers de personnes en Israël et à Gaza, dont des centaines d'enfants, ont déjà perdu la vie. C'est dans ce contexte que le Conseil de sécurité de l'ONU a voté le 18 octobre 2023 une résolution présentée par le Brésil, qui condamne les attaques du Hamas et appelle les parties à respecter le droit international humanitaire, à protéger la population civile et à permettre l'acheminement de l'aide humanitaire vers Gaza. La Suisse a soutenu la résolution. L'adoption de la résolution a échoué en raison d'un veto américain. Le projet de résolution présenté par le Brésil visait à obtenir un consensus au sein du Conseil de sécurité et présentait des points essentiels du point de vue de la Suisse. Elle regrette donc le rejet de cette résolution importante aujourd'hui.

Lundi soir, un texte de résolution présenté par la Russie avait échoué faute de majorité. Ce texte ne contenait pas de référence claire au droit international humanitaire - l'une des priorités de la Suisse au Conseil de sécurité. La Suisse s'était abstenue lors du vote.

Au sein du Conseil de sécurité, la Suisse continue à s'engager en faveur de solutions pour que le Conseil assume sa responsabilité de protection des populations civiles au Proche-Orient. Mais elle reste également active en dehors du Conseil de sécurité, aux niveaux multilatéral et bilatéral, afin d'améliorer la situation humanitaire dans la région.

Réunion d'urgence suite à l'explosion survenue à l'hôpital Al-Ahli de Gaza

Immédiatement après le vote de la résolution, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est penché sur l'explosion survenue à l'hôpital Al-Ahli de Gaza dans le cadre d'une réunion d'urgence. Selon l'ONU, des centaines de personnes ont été tuées et de nombreux blessés. La Suisse rappelle que les hôpitaux et les civils doivent toujours être protégés conformément au droit international humanitaire. Une enquête précise doit être menée.

La Suisse s'engage au Conseil de sécurité pour améliorer la situation au Proche-Orient

Ces derniers jours, la Suisse a pris position sur l'escalade de la situation au Proche-Orient au sein du Conseil de sécurité de l'ONU lors de différentes séances à huis clos. Vendredi dernier, elle a une nouvelle fois condamné les actes terroristes du Hamas et reconnu la volonté légitime d'Israël d'assurer sa défense et sa sécurité nationales. Elle a appelé les deux parties à respecter le droit international et a souligné que l'aide humanitaire et médicale devait être fournie rapidement et sans entrave. Lors des négociations sur la résolution, la Suisse s'est engagée en faveur de ces deux objectifs : d'une part, la condamnation des actes terroristes et la protection de la population civile et, d'autre part, le respect du droit international, en particulier du droit international humanitaire et des droits de l'homme.

La Suisse reste convaincue qu'une solution durable au conflit du Proche-Orient ne peut être atteinte que par des moyens pacifiques. Ceci sur la base d'une solution à deux États négociée par les deux parties, en accord avec le droit international et les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU.

Situation en Israël et sur le territoire palestinien occupé

12.10.2023 – Le Conseil de sécurité de l’ONU thématise la coopération entre l’ONU et les organisations régionales

Six jours après son voyage à Addis Abeba (Éthiopie) à l’occasion de la rencontre annuelle avec les membres du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine, le Conseil de sécurité a tenu une réunion sur la coopération étroite entre l’ONU et les organisations régionales et sous-régionales dans les domaines de la prévention des conflits, de la médiation, du maintien de la paix et de la consolidation de la paix. « Le partenariat stratégique et un échange régulier entre l’ONU et l’UA sont nécessaires et essentiels pour un multilatéralisme efficace et effectif », a déclaré au nom de la Suisse Adrian Hauri à New York.

Les Nations Unies et les organisations régionales telles que l'UA apportent des forces et des perspectives différentes, ainsi que des approches uniques sur des questions d’intérêt commun. Lors de leur réunion annuelle, les membres du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine et du Conseil de sécurité de l’ONU ont exprimé leur inquiétude face à l'évolution de la situation sécuritaire sur le continent africain, et à la myriade de menaces qui pèsent sur la paix, la sécurité et la stabilité. À Addis Abeba, la Suisse s’est par exemple positionnée, avec d’autres pays, sur la situation actuelle au Sahel.

À New York, la Suisse a assuré qu’elle continuera à poursuivre son soutien de longue date pour l’architecture africaine de paix et de sécurité. « C’est notre intention de promouvoir davantage les échanges et la compréhension mutuelle entre l’ONU et l’UA », a déclaré Adrian Hauri.

Le Conseil pour la Paix et la Sécurité de l’Union Africaine voyagera à New York en octobre 2024. Cette rencontre aura donc lieu sous la prochaine Présidence suisse du Conseil de sécurité.

08.10.2023 – Réunion sur le Proche-Orient: la Suisse appelle au respect du droit international

Le Conseil de sécurité s'est réuni aujourd'hui en consultations à huis clos sur la situation au Proche-Orient. La Suisse a condamné les attaques choquantes, y compris les actes de terreur et les tirs de roquettes, du Hamas contre Israël. Elle a demandé la libération immédiate des personnes prises en otages et actuellement détenues à Gaza. Elle a déploré toutes pertes civiles et a appelé toutes les parties à protéger la population civile et à respecter les obligations du droit international humanitaire. La Suisse a également souligné que la désescalade était la priorité. Elle a appelé tous les responsables à faire preuve de la plus grande retenue, à tout mettre en œuvre pour instaurer un cessez-le-feu et éviter une escalade régionale. Cet appel était aussi destiné aux États qui peuvent exercer une influence sur les parties.

07.10.2023 – Réunion d'urgence sur l'escalade de la violence en Israël

En raison de l'escalade de la violence en Israël, le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira le 08.10.2023 en session d'urgence. La Suisse soutient que le Conseil aborde rapidement la situation actuelle au Proche-Orient. Elle condamne les tirs de roquettes effectués aujourd'hui par le Hamas et les attaques menées contre Israël depuis la bande de Gaza. La population civile doit être protégée et le droit international doit être respecté en tout temps. La Suisse demande un arrêt immédiat de la violence afin d'éviter une nouvelle escalade.

Prise de position de la Suisse

02.10.2023 – Crise sécuritaire en Haïti: le Conseil de sécurité de l’ONU autorise le déploiement d’une force internationale de police

Lors de sa réunion d’aujourd’hui, le Conseil de sécurité des Nations Unies a décidé d’autoriser l’envoi par des États tiers de forces de police en Haïti. En Haïti, l’intensification de la violence des gangs a entraîné une grave détérioration de la situation sécuritaire. Pour la seule période de janvier à juin 2023, plus de 2000 homicides ont été commis par des membres de gangs. Les violences sexuelles et les enlèvements sont monnaie courante. La police nationale haïtienne ne dispose pas de ressources suffisantes pour endiguer l’escalade de la violence. La situation humanitaire dans le pays est également préoccupante. D’après l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), environ cinq millions de personnes, soit près de la moitié de la population haïtienne, se trouvent en situation d’insécurité alimentaire. La menace d’une famine plane sur le pays. D’importantes inondations dues à de fortes pluies ainsi qu’un tremblement de terre en juin ont encore aggravé la situation.

Deux membres de gangs armés d'un revolver et d'un fusil dans une ruelle étroite de Port-au-Prince, la capitale d'Haïti.
Deux membres de gangs dans les rues de Port-au-Prince. Sous le coup d'une violence massive des gangs, Haïti est en proie à une crise sécuritaire précaire. Le Conseil de sécurité de l'ONU y répond par l'envoi de forces de police par des pays tiers. © Keystone

La mesure décidée le 2 octobre 2023 par le Conseil de sécurité de l’ONU est une réponse à une demande exprimée par le gouvernement haïtien. Le secrétaire général de l’ONU avait également suggéré au Conseil de sécurité, dans le cadre d’un rapport, de prendre une série de mesures pour rétablir la sécurité de la population dans cet État des Caraïbes. Le déploiement d’une mission multinationale de soutien composée de forces de police est l’une des mesures préconisées. Le Kenya s’est déjà porté volontaire pour diriger cette force. Lors des négociations de la résolution, la Suisse a notamment insisté pour que le respect du droit international et des droits de l’homme ainsi que la lutte contre les abus sexuels soient inscrits dans le texte et à ce qu'un mécanisme de surveillance soit mis en place au sein de la mission.

Le 6 septembre 2023, le Conseil fédéral a donné son accord de principe concernant l’autorisation d’une mission de soutien à la sécurité en Haïti. Il avait adopté des directives en vue des négociations à New York. Dans des cas exceptionnels et sous certaines conditions, la mission pourra également recourir à la force pour remplir son mandat consistant à aider la police locale à rétablir l’ordre et la sécurité publics. Conformément à l’art. 152, al. 4, de la loi sur le Parlement, les présidents des commissions de politique extérieure (CPE) du Conseil national et du Conseil des États ont été consultés sur cette question, selon les modalités convenues entre le Conseil fédéral et les CPE concernant l’implication du Parlement durant le mandat de la Suisse au Conseil de sécurité de l’ONU.

Déclaration de la Suisse

29.09.2023 – Le Conseil de sécurité de l'ONU lutte contre la traite des êtres humains au large de la Libye

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé aujourd'hui de renouveler la résolution sur la lutte contre le trafic de migrants et la traite des êtres humains au large de la Libye. Les Etats membres de l'ONU et les organisations régionales actives dans ce pays sont ainsi autorisés à inspecter et à saisir en haute mer les navires dont ils ont de bonnes raisons de soupçonner qu'ils sont utilisés pour le trafic de migrants ou la traite d'êtres humains depuis la Libye vers l'Europe. La Suisse a soutenu au sein du Conseil le renouvellement annuel de cette résolution, introduite pour la première fois en 2015, car il s'agit d'un instrument important de lutte contre la traite d'êtres humains et pour la protection des vies humaines.

Des hommes et des femmes africains sont assis en rangs serrés dans un canot pneumatique en mer.
Par sa décision du 28 septembre, le Conseil de sécurité de l'ONU renforce la lutte contre l'immigration clandestine en provenance de Libye via la Méditerranée. © Keystone

La Libye est un pays de destination et de transit pour les migrants en provenance de toute l'Afrique. Le conflit qui a éclaté au Soudan en avril 2023 devrait encore aggraver la situation. Le nombre de personnes qui tentent de traverser la Méditerranée depuis la Libye est en augmentation constante. Selon un rapport du Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, près de 8500 personnes, dont des femmes et des enfants, ont été interceptées et ramenées en Libye au cours du premier semestre 2023. Environ 750 personnes se sont noyées en mer et près de 950 ont été portées disparues.

21.09.2023 – Réunion d'urgence sur la situation dans le Haut-Karabakh

Le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu une réunion d’urgence sur la situation dans le Haut-Karabakh. La Suisse est profondément préoccupée par les opérations militaires lancées par l’Azerbaïdjan en début de semaine. Au sein du Conseil, elle a souligné l’importance de l’accès humanitaire. La Suisse est prête, avec ses bons offices, à contribuer au dialogue et à une paix durable si l’Arménie et l’Azerbaïdjan le souhaitent.

20.09.2023 – Le président de la Confédération Alain Berset représente la Suisse lors du débat sur l'Ukraine

Le président de la Confédération Alain Berset a participé à un débat sur l'Ukraine au Conseil de sécurité. Celui-ci s'est déroulé sous la présidence de l’Albanie pendant la semaine d'ouverture de l'Assemblée générale de l'ONU, en présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Le président de la Confédération a souligné à cette occasion l'importance cruciale de la Charte des Nations unies pour la paix et la sécurité dans le monde. Or, le nombre de conflits augmente et, avec lui, les souffrances de la population civile. Alain Berset a une nouvelle fois condamné l'agression militaire de la Russie contre l'Ukraine en ce qu’elle représente un exemple frappant de rupture avec les principes de la Charte de l'ONU. Le président de la Confédération a demandé à la Russie de cesser toutes les opérations de combat et de retirer immédiatement ses troupes du territoire ukrainien.

Le président de la Confédération Alain Berset s'exprime au Conseil de sécurité de l'ONU.
Le président de la Confédération Alain Berset a souligné au Conseil de sécurité de l'ONU l'importance du multilatéralisme pour une paix durable. © DFAE

Les conséquences de l'agression militaire de la Russie contre l'Ukraine se ressentent dans le monde entier. La sécurité alimentaire est menacée, le secteur de l'énergie est affecté et les risques nucléaires augmentent. C'est pourquoi un multilatéralisme fort et une confiance mutuelle sont plus importants que jamais pour parvenir à la paix en Ukraine.

La tâche de reconstruction de l'Ukraine dans l'esprit des principes de Lugano est immense. La Suisse a fait preuve de solidarité envers la population ukrainienne à de nombreux égards. Elle soutient notamment le déminage humanitaire avec le concert d'experts ainsi que des livraisons de matériel. Elle prévoit d’ailleurs d'élargir cet engagement. Le président de la Confédération a également appelé à un retour à l'initiative céréalière de la mer Noire.

Déclaration du président de la Confédération Alain Berset au Conseil de sécurité de l'ONU, 20.09.2023

20.09.2023 – La cohésion entre les membres non permanents est un facteur essentiel d’efficacité du Conseil

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis a représenté la Suisse lors d’un point de presse commun des dix membres non permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (dix membres élus ou E10). Depuis janvier 2023, la Suisse est pour deux ans un membre élu du Conseil de sécurité. Les E10 représentent les deux tiers des membres du Conseil. Comme une décision du Conseil de sécurité, portant par exemple sur l’adoption d’une résolution, doit recueillir neuf votes positifs, les E10 jouent un rôle crucial pour permettre à cet organe principal de l’ONU de remplir sa mission, à savoir maintenir la paix et la sécurité dans le monde. 

Les dix membres élus du Conseil de sécurité. Le conseiller fédéral Ignazio Cassis a représenté la Suisse.
Les dix membres élus du Conseil de sécurité. Le conseiller fédéral Ignazio Cassis a représenté la Suisse. © DFAE
Un Conseil de sécurité efficient, transparent et efficace est aujourd’hui plus important que jamais.
Conseiller fédéral Ignazio Cassis

Dans une déclaration commune à la presse, les E10 ont souligné la cohésion existant entre eux et affirmé leur attachement au multilatéralisme: «Nous continuerons à jouer un rôle constructif afin de jeter des ponts et de trouver des compromis judicieux sur tous les sujets traités par le Conseil. Nous avons vu quelles mesures significatives le Conseil de sécurité peut prendre pour maintenir la paix lorsque ses membres sont d’accord entre eux.» Lors des échanges qui se sont tenus en août dernier sur les bords du lac Léman, les E10 ont approfondi leur coopération. «Un Conseil de sécurité efficient, transparent et efficace est aujourd’hui plus important que jamais. Je me félicite d’autant plus de la cohésion existant entre les membres élus du Conseil, qui poursuivent ensemble cet objectif», a déclaré le conseiller fédéral Ignazio Cassis à l’issue de l’évènement organisé à New York.

Déclaration commune à la presse (en)

19.09.2023 – Première livraison de matériel humanitaire en Syrie via Bab-al-Hawa depuis juillet

Près de vingt camions chargés de matériel humanitaire ont franchi le 19 septembre le point de passage de Bab-al-Hawa entre la Turquie et la Syrie. Et ce pour la première fois depuis juillet dernier. La Suisse salue le fait que l’aide humanitaire continue d’être acheminée vers le nord-ouest de la Syrie via Bab-al-Hawa. Plus de quatre millions de personnes dépendent de ces livraisons d’importance vitale.

Le renouvellement du mécanisme d’aide humanitaire transfrontalière via Bab-al-Hawa a échoué le 11 juillet 2023 en raison du veto de la Russie au Conseil de sécurité de l’ONU. La situation humanitaire dans toute la Syrie reste précaire et il est important que les organisations de l’ONU aient un accès humanitaire à toutes les régions de la Syrie. En tant que membre du Conseil de sécurité, la Suisse continue à s’engager pour que l’accord sur la poursuite de l’utilisation du point de passage de Bab-al-Hawa entre l’ONU et le gouvernement syrien soit mis en œuvre.

14.09.2023 – Des partenariats avec le secteur privé pour rendre l'aide humanitaire plus efficace

Plus de 100 conflits armés à travers le monde marquent l'époque actuelle. Ce sont surtout les populations civiles qui en souffrent. Le nombre de personnes déplacées a plus que doublé au cours des dix dernières années. Le nombre de personnes en détresse a plus que quintuplé. Alors que les besoins augmentent, le financement de l'aide humanitaire, qui fait cruellement défaut, diminue. Le Conseil de sécurité de l'ONU a discuté aujourd'hui, sous la présidence de l’Albanie, des moyens de relever ce défi. En effet, les besoins humanitaires sont de plus en plus importants. Cela est dû aux effets négatifs du changement climatique, à la faible gouvernance et aux conflits armés, ainsi qu'aux conséquences de Covid-19. D'un autre côté, chaque conflit résolu pacifiquement contribue à réduire les besoins humanitaires. Le Conseil de sécurité de l'ONU et une coopération accrue avec le secteur privé jouent des rôles importants à cet égard.

Un homme africain est assis derrière un ordinateur et lit le journal en ligne.
La coopération avec le secteur privé local permet de réduire les besoins humanitaires. Un internet stable est une condition préalable afin que les personnes concernées puissent s'informer dans les régions en crise. © Keystone

La Suisse a souligné au Conseil de sécurité que la communauté internationale doit anticiper et investir pour mieux identifier les risques de conflit et fournir une aide humanitaire. Les nouvelles technologies peuvent aider. «Elles rendent les systèmes d’alerte précoce plus efficaces. En outre, il ne faut pas sous-estimer l’importance d’une connexion internet stable et sûre. Celle-ci permet aux personnes de s'informer et à l'aide nécessaire d'atteindre rapidement les personnes dans le besoin», a déclaré Pascale Baeriswyl, ambassadrice suisse auprès de l'ONU à New York. C'est pourquoi il est également essentiel de renforcer les partenariats entre les États et les acteurs privés dans le domaine humanitaire, car leur potentiel n'est pas encore pleinement exploité.

Dans ce domaine, la Suisse soutient différents projets dans le cadre de sa coopération internationale. Il s'agit par exemple de programmes de paiement en espèces pour les victimes de phénomènes naturels ou de catastrophes. En collaboration avec des institutions financières privées locales, ces personnes reçoivent ainsi de l'argent liquide pour acheter des biens dont elles ont un besoin urgent. Ces biens sont achetés sur place, ce qui permet aux commerçants ou aux agriculteurs locaux de poursuivre leur activité malgré les circonstances difficiles. La Suisse contribue ainsi également à endiguer le déplacement des personnes concernées.

L'expertise et les réseaux d'entreprises et d'organisations privées implantées dans des zones de conflit peuvent apporter une contribution importante à la réponse humanitaire des États et des organisations internationales. «Cependant, toute action liée à l'engagement du secteur privé doit être fondée sur les principes humanitaires et les droits humains», a souligné M. Baeriswyl au Conseil de sécurité.

Déclaration de la Suisse sur les partenariats public-privé, Conseil de sécurité de l'ONU, 14.09.2023

07.09.2023 – Renforcer les missions de paix de l'ONU pour une promotion de la paix efficace et efficiente

Il y a 75 ans, le Conseil de sécurité de l'ONU envoyait la première mission de paix, l'ONUST, pour maintenir le cessez-le-feu au Moyen-Orient. Depuis lors, plus d'un million de personnes ont servi dans plus de 70 missions de paix des Nations Unies. Des millions de civils à travers le monde ont ainsi été sauvés. Douze missions sont aujourd'hui actives et la nature des conflits a radicalement changé depuis 1948. Le Conseil de sécurité de l'ONU a échangé aujourd'hui sur la manière dont les missions de maintien de la paix de l'ONU doivent s'adapter pour pouvoir remplir leur mission dans un environnement de plus en plus complexe. Les casques bleus effectuent un travail précieux dans de nombreuses régions en conflit, dans des conditions difficiles. Ils surveillent notamment les cessez-le-feu, facilitent l'accès des acteurs humanitaires par leur présence et soutiennent les processus de stabilisation politique afin d'assurer une paix durable.

Carte du monde sur laquelle sont indiquées les douze missions de paix de l'ONU.
En 2023, douze missions de maintien de la paix de l’ONU sont actives à travers le monde. Au Mali, la MINUSMA doit se retirer d'ici la fin de l'année 2023. Au total, jusqu'à 90'000 personnes seront déployées, dont 31 militaires suisses et jusqu'à 20 policiers suisses. © DFAE

Lors de la réunion du Conseil, la Suisse a souligné la nécessité de renforcer les partenariats avec les organisations régionales, notamment l'Union africaine (UA). Les missions de maintien de la paix dirigées par l'UA doivent également pouvoir réagir de manière plus flexible aux événements imprévus. En outre, la protection des populations civiles doit toujours être au cœur d'une mission de paix. «La Suisse s’engage pour une discussion approfondie de la réforme du maintien de la paix», a déclaré Pascale Baeriswyl, ambassadrice suisse à l'ONU à New York. En outre, la Suisse a également souligné l'importance de l'efficacité des missions de paix de l'ONU. Dans ce contexte, la Suisse a demandé au Conseil une coordination encore plus étroite entre la planification, le budget et l'évaluation des performances. Et ce afin que les missions de paix de l'ONU puissent contribuer de manière efficace et efficiente à la promotion de la paix.

Déclaration de la Suisse sur les missions de paix de l'ONU, Conseil de sécurité de l'ONU, 07.09.2023

05.09.2023 – De bonnes méthodes de travail sont essentielles pour que le Conseil de sécurité de l'ONU puisse remplir son mandat

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est penché aujourd'hui sur l'amélioration de ses méthodes de travail lors d'un débat ouvert. Il s'agit d'un sujet important pour la Suisse: «Renforcer l'efficacité» est l'une des quatre priorités thématiques que le Conseil fédéral a fixées pour le mandat de la Suisse en tant que membre du Conseil. Dans le cadre du débat, la Suisse a participé à des déclarations communes au nom des dix membres élus du Conseil (E10) et au nom du groupe ACT, qui milite pour un Conseil de sécurité de l'ONU transparent, efficace, efficient et inclusif.

Les voix des E10 sont également déterminantes pour une décision au sein du Conseil. Une résolution nécessite neuf votes positifs. Dans leur déclaration commune, les E10 ont souligné la nécessité de bonnes méthodes de travail pour le Conseil de sécurité afin qu'il puisse répondre de manière efficace et transparente aux défis actuels dans un environnement géopolitique de plus en plus complexe. Pour y parvenir, les E10 ont souligné, entre autres, l'esprit de compromis, l'utilisation responsable du veto et l'implication systématique de la société civile dans les discussions. La déclaration commune a été précédée d'une réunion des membres actuels et futurs du Conseil en Suisse, au cours de laquelle ils ont approfondi leur coopération afin de promouvoir l'efficacité du Conseil.

La Suisse coordonne à New York le groupe interrégional ACT, qui fête cette année son dixième anniversaire. La déclaration du groupe ACT devant le Conseil de sécurité souligne que ce dernier doit agir en toute confiance vis-à-vis de tous les États membres de l'ONU et des milliards de personnes concernées, au nom desquelles il agit. «Rien ne pourrait être un meilleur signal du Conseil que la mise en œuvre consciencieuse de ses propres engagements». Dans ce contexte, le groupe ACT a souligné la nécessité d'un plus grand partage de la charge de travail entre tous les membres du Conseil, par exemple en codirigeant les dossiers thématiques et géographiques, ainsi que des échanges avec les pays touchés par les conflits. 

Déclaration commune des membres non permanents du Conseil sur les méthodes de travail du Conseil de sécurité, Conseil de sécurité de l'ONU, 05.09.2023 (en)

31.08.2023 – Le Conseil de sécurité de l'ONU renouvelle le mandat de la mission de l'ONU au Liban

Le Conseil de sécurité de l'ONU a renouvelé aujourd'hui le mandat de la mission de maintien de la paix au Liban, la FINUL, pour une période de 12 mois. La FINUL a été déployée pour la première fois par le Conseil en 1978, ce qui en fait l'une des plus anciennes missions opérationnelles de l'ONU.

Des Casques bleus de l'ONU sont visibles depuis un fil de fer barbelé qui constitue la fameuse Ligne bleue entre le Liban et Israël.
Soldats de la paix de l'ONU en service sur la Ligne bleue entre le Liban et Israël. Ils contribuent concrètement à une paix durable et à la protection des civils dans la région. © Keystone

La région située le long de ce que l'on appelle la Ligne bleue entre le Liban et Israël est marquée par des conflits armés récurrents. La mission surveille le cessez-le-feu le long de la Ligne bleue et contribue à réduire les tensions. Elle contribue ainsi concrètement à la promotion d'une paix durable, une priorité définie par le Conseil fédéral pour l'adhésion de la Suisse au Conseil de sécurité. La Suisse a également soutenu un renforcement du mandat dans le domaine des énergies renouvelables, ce qui permet de limiter les risques liés au climat. La Suisse a soutenu la résolution au Conseil.

28.08.2023 – Réunion du Conseil de sécurité sur le retrait de la mission de maintien de la paix de l'ONU au Mali

Le 30 juin 2023, le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé, à la demande du gouvernement de transition malien, de retirer la mission de maintien de la paix de l'ONU MINUSMA du Mali d'ici la fin de l'année. Le Conseil s'est aujourd’hui réuni à nouveau pour discuter des progrès réalisés jusqu'à présent ainsi que des défis posés par ce retrait. Le retrait soulève la question de la poursuite de certaines tâches importantes de la mission et du maintien de ses acquis. Cela concerne entre autres l'accord de paix existant ou la protection de la population civile. Depuis 2012, une crise sécuritaire, socio-économique et humanitaire ne cesse de s'aggraver au Mali. Dans le nord et le centre du pays en particulier, des attaques contre la population civile, les forces de sécurité maliennes ou des affrontements entre groupes armés, parfois d'inspiration djihadiste, ont lieu presque quotidiennement. En juin 2015, des mouvements du Nord et le gouvernement malien ont signé à Alger un accord de paix dont la mise en œuvre est accompagnée par la MINUSMA, un engagement qui arrive cependant à son terme.

Des casques bleus de la mission de paix de l'ONU (MINUSMA) se tiennent à côté d'un véhicule blindé blanc dans un paysage aride et sablonneux au Mali.
Avec le retrait de la mission de maintien de la paix de l'ONU (MINUSMA) d'ici fin 2023, la population civile du Mali sera encore plus vulnérable. © UN Photo

La réunion du Conseil s'est concentrée sur la garantie d'un retrait ordonné de la MINUSMA et sur l'avenir incertain du Mali à partir de janvier 2024. En conséquence, la Suisse a souligné dans son intervention que la mise en œuvre de l'accord de paix et les mesures de confiance étaient essentielles. «Neuf ans de travail, de dialogue et d’efforts pour la réconciliation nationale sont en jeu – avant tout pour le peuple malien, mais également pour la région du Sahel», a souligné Adrian Hauri, chef de mission adjoint de la Suisse auprès de l'ONU à New York.

La Suisse a également souligné qu'il était important que les tâches importantes de la MINUSMA soient poursuivies de manière appropriée par le gouvernement de transition malien ainsi que par d'autres acteurs régionaux. Pour ce faire, des discussions approfondies et inclusives sont nécessaires afin que des solutions concrètes et réalisables soient proposées d'ici la fin de l'année. Dans son rôle au sein du Conseil de sécurité en tant que co-rédactrice du Bureau régional de l'ONU pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel UNOWAS – qui couvre également le Mali –, la Suisse est prête à soutenir activement ce processus. «Nous saluons toutes les mesures prises pour minimiser l’impact négatif du retrait de la MINUSMA sur la population et pour mieux répondre aux besoins humanitaires», a déclaré M. Hauri. Les défis sont et resteront extrêmement complexes, c'est pourquoi une étroite collaboration entre tous les acteurs concernés, l'ONU et la MINUSMA, est au centre des préoccupations. D'une part, pour assurer le retrait de la mission selon le calendrier prévu et, d'autre part, pour garantir la sécurité du personnel de la MINUSMA stationné au Mali jusqu'au retrait complet.

Déclaration de la Suisse sur la situation au Mali, Conseil de sécurité de l'ONU, 28.08.2023

22.08.2023 – Des élections libres et équitables ainsi que l’implication des femmes sont essentielles pour l’avenir de la Libye

Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit tous les deux mois pour faire le point sur la situation en Libye. La Mission d’assistance des Nations Unies en Libye (UNSMIL) est active dans le pays depuis la chute du régime autoritaire de Mouammar Kadhafi en 2011. Les tâches de l’UNSMIL consistent notamment à aider le gouvernement libyen à établir un état de droit et à organiser des élections démocratiques.

Les dernières élections, prévues pour décembre 2021, ont été reportées à une date indeterminée. Et ce parce qu’aucun consensus sur les lois électorales n’a pu être trouvé entre les différents acteurs libyens. «Il est impératif que les questions non résolues soient abordées. En outre, afin de créer un environnement propice à des élections justes et équitables, un accord préélectoral inclusif est nécessaire», a déclaré Riccarda Chanda, cheffe de mission adjointe de la Suisse auprès de l’ONU à New York. Pour ce faire, la Suisse soutient l’UNSMIL, notamment en sa qualité de coprésidente du groupe de travail sur le droit international humanitaire et les droits de l’homme du processus de Berlin. Le processus de Berlin a été lancé en janvier 2020 afin de parvenir à un cessez-le-feu durable en Libye.

Une jeune femme libyenne portant un foulard violet est assise à une table en bois et prend des notes.
Une étudiante libyenne participe à un atelier sur les droits de l’homme organisé par l’UNSMIL à l’université de Tripoli. © UN Photo

Selon le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, la situation des droits de l’homme en Libye se détériore de plus en plus. Les contrôles excessifs et les restrictions bureaucratiques imposés par les autorités et les acteurs de la sécurité à la société civile se multiplient. «La Suisse soutient l’appel du secrétaire général à la levée de ces mesures», a souligné la représentante de la Suisse au Conseil de sécurité. En outre, la Suisse est préoccupée par les violations des droits et les abus envers les femmes et les filles. De tels actes ne pouvent rester impunis. S’adressant aux autorités libyennes, la Suisse a souligné au Conseil de sécurité de l’ONU que la participation des femmes aux processus politiques doit se faire en toute sécurité et sans intimidation. Pour cela, leur liberté de mouvement et le respect de leurs droits fondamentaux doivent également être garantis. La Suisse s’est également déclarée préoccupée par les violents affrontements qui ont eu lieu récemment à Tripoli et qui ont fait des victimes. Elle appelle toutes les parties à respecter en tout temps le droit international humanitaire et les droits de l’homme.

Déclaration de la Suisse sur la situation en Libye, Conseil de sécurité de l’ONU, 22.08.2023

17.08.2023 – Première réunion du Conseil de sécurité sur la situation des droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée depuis six ans

Le Conseil de sécurité de l'ONU a discuté aujourd'hui de la situation des droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC) dans le cadre d'un briefing formel et public. C'est la première fois depuis 2017 qu'une discussion sous ce format est possible au Conseil de sécurité. Les programmes d'armes nucléaires et de missiles de la RPDC, interdits par de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité, constituent une menace pour la paix et la sécurité internationales. La grave situation des droits de l'homme des Nord-Coréens est également liée à ceci.

Scène de rue à Pyongyang, capitale de la RPDC.
Scène de rue à Pyongyang, la capitale de la République populaire démocratique de Corée. © Keystone

Selon une Commission d'enquête sur les droits de l'homme créée en 2013 par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU pour la RPDC, des violations systématiques et graves des droits de l'homme continuent d'avoir lieu dans le pays. Au Conseil de sécurité, la Suisse a rappelé à la RPDC qu'elle devait respecter les droits de l'homme universels. Elle a également souligné que les personnes responsables de violations des droits de l'homme devaient être tenues de rendre des comptes. Au vu du gouvernement autoritaire de la RPDC, le Conseil de sécurité doit examiner toutes les options possibles pour s'assurer que ces violations ne restent pas impunies.

L'éventail des violations des droits de l'homme en RPDC est vaste. «La torture, la détention arbitraire, la disparition forcée vers des camps de prisonniers politiques ne sont que quelques exemples de violations graves et systématiques. Nous rappelons aussi l’obligation de la RPDC d’immédiatement stopper toutes violations», a déclaré Adrian Hauri, chef de mission adjoint de la Suisse auprès de l'ONU à New York et chargé d'affaires.

«La grave situation des droits de l'homme en RPDC menace la stabilité et la paix dans la région et au-delà», a déclaré M. Hauri à New York. Le Conseil de sécurité doit donc s'engager en faveur d'un changement positif et durable pour le peuple nord-coréen. En outre, la Suisse a appelé la RPDC à entamer un dialogue et à coopérer avec les acteurs internationaux afin de mettre fin aux graves violations des droits de l'homme et à leurs conséquences humanitaires.

Déclaration de la Suisse sur la situation des droits de l'homme en RPDC, Conseil de sécurité de l'ONU, 17.08.2023

03.08.2023 – Pas de paix durable avec l'estomac vide

Selon les estimations de l'ONU, jusqu'à 783 millions de personnes dans le monde étaient touchées par la faim en 2022. C'est 122 millions de personnes de plus qu'avant le Covid-19. De fait, les populations civiles en Syrie, en Somalie, au Soudan, en Afghanistan et au Yémen – pour ne citer que quelques contextes – sont gravement menacées par la faim. La décision de la Russie de suspendre l'initiative céréalière de la mer Noire ne fera qu'aggraver l'insécurité alimentaire déjà précaire dans de nombreuses régions du monde. De plus, le changement climatique a des conséquences imprévisibles et à long terme; il touche d'abord les plus pauvres et ceux qui sont déjà affectés par les guerres.

La guerre engendre la faim et la faim engendre la guerre.
Adrian Hauri, chef de mission adjoint de la Suisse auprès de l'ONU à New York

«La guerre engendre la faim et la faim engendre la guerre», a déclaré Adrian Hauri, chef de mission adjoint de la Suisse auprès de l'ONU à New York et chargé d'affaires, au Conseil de sécurité de l'ONU le 3 août. Dans le cadre de sa propre présidence, la Suisse avait débattu en mai de l'interaction entre les conflits armés, les violations du droit international qui en découlent et la sécurité alimentaire. Cette discussion avait eu lieu au Conseil à l'occasion du débat de haut niveau sur la protection des civils, présidé par le président de la Confédération Alain Berset. L'accent avait alors été mis sur l'accès des civils aux biens et services de base essentiels, tels que la nourriture, l'eau ou les soins médicaux.

Une femme yéménite tient des lentilles orange dans sa main.
L'ONU considère le Yémen comme l'une des plus graves crises humanitaires au monde. Des centaines de milliers de personnes sont touchées par la famine suite à la guerre civile qui dure depuis 2015. © Keystone

En adoptant une résolution en 2018, le Conseil de sécurité a reconnu la nécessité de briser le cercle vicieux des conflits armés et de l'insécurité alimentaire. Lors du briefing du Conseil sur la sécurité alimentaire organisé aujourd'hui par les États-Unis, la Suisse a souligné trois domaines d'action pour prévenir les famines liées aux conflits armés et à la violence.

D'une part, les parties au conflit doivent impérativement respecter le droit international humanitaire. Cela signifie qu'elles doivent, par exemple, garantir la protection des infrastructures civiles telles que les marchés ou les chaînes d'approvisionnement, s'abstenir de miner les terres arables, permettre à la population civile d'accéder à l'eau potable et garantir une aide humanitaire sans entrave aux personnes dans le besoin.

D'autre part, la lutte contre l'impunité des parties au conflit qui utilisent l'affamement des populations civiles comme méthode de guerre doit être poursuivie. Cela a également un effet préventif. La Suisse demande que les responsables de tels crimes soient davantage tenus de rendre des comptes et que justice soit rendue aux victimes de ces crimes inhumains. M. Hauri a également profité de l'occasion pour faire la promotion de l'amendement au Statut de Rome, initié et promu par la Suisse, selon lequel la famine peut être considérée comme un crime de guerre.

En outre, les crises alimentaires dans les situations de conflit portent souvent un visage féminin. Les femmes et les filles sont celles qui mangent en dernier et trop petites quantités. En même temps, elles cherchent aussi activement des stratégies de survie et contribuent ainsi à la recherche de solutions. C'est pourquoi la Suisse a souligné au Conseil que les mesures visant à améliorer la sécurité alimentaire devraient également prendre en compte la perspective de genre.

Un estomac vide ne peut pas être la base d'une paix durable. «Les solutions politiques aux conflits doivent faire partie de notre approche globale visant à éliminer la faim, à garantir à tous l’accès à une nourriture suffisante et adéquate et à promouvoir des systèmes alimentaires résilients, inclusifs et durables», a souligné Mme Hauri à New York.

Déclaration de la Suisse sur les Conflits et sécurité alimentaire, Conseil de sécurité de l'ONU, 03.08.2023

28.07.2023 – Protection des civils dans les missions de paix de l'ONU

La protection des civils est l'une des tâches principales des missions de paix de l'ONU. Celles-ci agissent généralement dans un environnement difficile et sont confrontées à différents défis en matière de politique de sécurité. Il s'agit par exemple de dynamiques de conflit instables, de graves violations du droit international, d'une liberté de mouvement limitée, de désinformation ou de ressources limitées. Le 28 juillet, le Conseil de sécurité a discuté avec les commandants des missions de maintien de la paix au Sud-Soudan (MINUSS), au Liban (FINUL) et en République démocratique du Congo (MONUSCO) de la manière dont les missions peuvent relever ces défis et améliorer la protection des civils sur le terrain. «Malheureusement, les civils représentent encore la vaste majorité des victimes des conflits armés, et leur protection est en conséquence plus nécessaire que jamais», a souligné l'ambassadrice suisse auprès de l'ONU, Pascale Baeriswyl, devant le Conseil de sécurité. La protection des civils est également une priorité dans le cadre du siège de la Suisse au Conseil de sécurité.

Un observateur militaire suisse est assis au milieu d'une foule de personnes dans un village de la région du Cachemire et écoute leurs explications.
Un observateur militaire suisse auprès de la mission de l'ONU UNMOGIP au Cachemire s'entretient avec la population locale afin de recueillir des indices sur l'état d'esprit et les problèmes quotidiens. © DDPS

Au sein du Conseil, la Suisse a souligné que les missions de maintien de la paix de l'ONU devaient être moins réactives en matière de protection des civils et qu'elles devaient plutôt mettre l'accent sur la prévention des infractions commises à l'encontre de la population civile. Elle a en outre précisé que cette protection devait également être assurée dans les phases de transition, comme par exemple dans le cas du retrait imminent de la mission de maintien de la paix de l'ONU au Mali (MINUSMA). «Le retrait de la MINUSMA ne doit en aucun cas engendrer une péjoration de la condition des civils: le Gouvernement malien doit assurer dès maintenant la reprise des fonctions exercées antérieurement dans ce domaine par la Mission», a déclaré Mme. Baeriswyl à New York.

L'armée suisse est engagée dans des missions de paix, comme de nombreux autres pays. Environ 280 Suisses sont engagés dans cette mission. L'armée suisse soutient notamment le «United Nations Mine Action Service» (UNMAS) en Afrique de l'Ouest dans le cadre du déminage humanitaire. Au Kosovo, les militaires contribuent à un environnement sûr et stable et à la liberté de mouvement de la population. Des observateurs militaires suisses sont déployés dans la région du Cachemire, entre l'Inde et le Pakistan. Ils surveillent les régions touchées par les conflits et échangent avec les autorités et la population afin d'obtenir des informations pertinentes pour évaluer la situation sécuritaire. En outre, la Suisse dispose d'un contingent pouvant aller jusqu'à 20 policiers déployés dans des missions de l'ONU. En 2022, elle en a envoyé 16. Leur mission est de soutenir et de former le personnel de police local dans les phases de reconstruction post-conflit. La Suisse apporte ainsi une contribution concrète sur le terrain au maintien de la paix, au respect du droit international, et donc à la protection des populations civiles.

Déclaration de la Suisse sur la protection des civils dans les missions de paix de l'ONU, Conseil de sécurité de l'ONU, 28.07.2023

18.07.2023 – À l’occasion des 25 ans du Statut de Rome, la Suisse préside une rencontre du Conseil de sécurité à New York sur la Cour pénale internationale

Les États parties au Statut de Rome se sont réunis le 17 juillet pour commémorer les 25 ans de ce texte fondateur. Ils ont participé à une table ronde ministérielle sur la vision stratégique de la CPI pour la prochaine décennie. «Avec la création de la Cour pénale internationale, c’est un élément essentiel de l’architecture multilatérale défendant l’état de droit qui a vu le jour. La Cour mérite un soutien indéfectible de la communauté internationale, aujourd’hui, pour la décennie à venir et au-delà», a assuré Corinne Cicéron Bühler à cette occasion.

Corinne Cicéron-Bühler apparaît dans un écran dans la salle du Conseil de sécurité de l’ONU à New-York.
La rencontre informelle du 18 juillet en formule « Arria » était présidée par l’Ambassadrice Corinne Cicéron Bühler, avec un titre de Secrétaire d’État du DFAE. © DFAE

Les 25 ans du Statut de Rome sont l’occasion de célébrer une réalisation importante de la communauté internationale en matière de lutte contre l’impunité. Ce texte a donné naissance à la Cour en tant qu’instance judiciaire indépendante qui est chargée d’enquêter sur les crimes les plus graves : génocide, crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crime d’agression. Ces commémorations permettent à la CPI de gagner en visibilité et contribuent à renforcer le soutien politique nécessaire à son mandat. Cette rencontre avait également pour but d’encourager ceux qui ne l'ont pas encore fait à adhérer au Statut de Rome et à réfléchir à son avenir.

Avec la création de la Cour pénale internationale, c’est un élément essentiel de l’architecture multilatérale défendant l’état de droit qui a vu le jour.
Corinne Cicéron Bühler

Le jour suivant, les États membres de l’ONU ont discuté de la contribution de la Cour au maintien de la paix et de la sécurité internationale. La rencontre informelle du 18 juillet en formule « Arria » était présidée par l’Ambassadrice Corinne Cicéron Bühler, avec un titre de Secrétaire d’État du DFAE, et par l’Ambassadeur Kimihiro Ishikane, Représentant permanent du Japon auprès des Nations Unies. Elle a servi de cadre à des échanges de vues sur le rôle et l’importance de la CPI dans la lutte contre l’impunité dans le monde. La rencontre a aussi été l'occasion pour les États de réaffirmer leur engagement à l'égard du Statut de Rome. La présidente de l’Assemblée des États parties Silvia Fernández de Gurmendi, la directrice exécutive du Fonds au profit des victimes de la CPI Deborah Ruiz Verduzco, ainsi que des représentants du monde académique et de la société civile ont présenté leurs visions pour le futur de la Cour en matière de paix et sécurité.

Déclaration de la Suisse, 18.07.2023

Communiqué de presse, 19.07.2023

18.07.2023 – Le Conseil de sécurité de l’ONU aborde les opportunités et les risques de l’intelligence artificielle sur la paix et la sécurité internationales

L'évolution actuelle de l'intelligence artificielle (IA) peut transformer nos sociétés. Le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu une réunion de haut niveau afin d’examiner les implications potentielles de l'IA sur la paix et la sécurité internationales. Dans sa déclaration, la Suisse a encouragé une utilisation sûre et responsable de ces nouvelles technologies.

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit tenir compte de l’impact des nouvelles technologies sur le monde actuel. Pour la Suisse, l’IA est en mesure, par exemple, d’améliorer l'analyse des conflits, de permettre une alerte précoce et de favoriser les efforts de prévention ou de soutenir les activités de médiation et de consolidation de la paix. En cas de mauvaise utilisation, elle peut toutefois faire courir des risques supplémentaires en matière de paix et sécurité. « Si elle peut représenter un défi en raison de sa rapidité et son apparente omniscience, l’intelligence artificielle peut et doit servir la paix », a déclaré Pascale Baeriswyl, ambassadrice de la Suisse à l’ONU à New-York.

Si elle peut représenter un défi en raison de sa rapidité et son apparente omniscience, l’intelligence artificielle peut et doit servir la paix.
Pascale Baeriswyl, ambassadrice de la Suisse à l’ONU à New-York

Face au progrès technologique, la Suisse a rappelé que le droit international existant s'applique à l'IA et doit être respecté. De plus, la Suisse a formulé trois pistes pour minimiser les risques d’une mauvaise utilisation de ces nouvelles technologies. Elle a d’abord évoqué le besoin d’un cadre commun, partagé par tous les acteurs impliqués dans le développement et dans l'application de cette technologie. Elle a ensuite rappelé que toute IA doit être centrée sur l’humain et être garante de transparence sur leur fonctionnement et sur les données auxquelles elle fait recours. Enfin, elle a appelé à la responsabilité des développeurs et des utilisateurs, gouvernementaux ou non, de s’assurer que l'IA favorise l’égalité et l’inclusion et combatte toute discrimination.

La recherche de pointe peut aider à poser les jalons d’une utilisation de l’intelligence artificielle pour la paix comme illustré par un prototype d’un outil d’analyse assistée par l’IA, développé par l'École polytechnique fédérale de Zurich. La Suisse s’engage également dans la recherche de solutions, notamment par l’intermédiaire du « Swiss Call for Trust & Transparency », une initiative où le secteur privé, le monde académique, et la diplomatie cherchent conjointement des solutions pratiques et rapides aux risques liés à l'IA.

Déclaration de la Suisse, 18.07.2023

17.07.2023 – La Suisse adresse son soutien au processus de reconstruction de l’Ukraine au Conseil de sécurité de l’ONU

Lors d’une réunion de haut-niveau sous la présidence du ministre des affaires étrangères du Royaume-Uni et en présence du ministre des affaires étrangères de l’Ukraine, la Suisse a réitéré son soutien à la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, en conformité avec le droit international. Elle a également souligné l’obligation de toutes les parties de respecter le droit international humanitaire.

Appel au renouvellement de l’initiative céréalière de la Mer Noire

La Suisse a saisi l’occasion de cette réunion pour rappeler l’importance de travailler d’ores et déjà sur les questions de reconstruction. Le processus de reconstruction a été entamé à l’occasion de la tenue de la première Ukraine Recovery Conference (URC) à Lugano en juillet 2022, organisée conjointement par la Suisse et l’Ukraine. Cette conférence avait débouché sur l’adoption des principes de Lugano auxquels tous les pays participants avaient souscrit. Hôte de l’URC l’année dernière, le conseiller fédéral Ignazio Cassis avait clairement fait savoir que la population ukrainienne pourrait continuer à compter sur le soutien de la Suisse pour la reconstruction du pays lors de l’URC2023 à Londres le 22 juin.

Autre sujet-clé lors de la réunion, en vue du renouvellement de l’initiative de la Mer Noire, la Suisse a lancé un appel urgent en faveur de la sécurité alimentaire mondiale. La Suisse déplore la décision de la Russie sur l’initiative céréalière de la Mer Noire et espère que ceux-ci seront reconduits dans un proche futur. Depuis son adoption en juillet 2022, cette initiative a permis l'exportation de plus de 32 millions de tonnes de denrées alimentaires vers 45 pays répartis sur trois continents. La Suisse salue et soutient par ses bons offices les efforts inlassables du Secrétaire général et de la Turquie pour trouver un accord entre les parties et poursuivre cette initiative importante.

Un homme porte un drone sur la pente d’une petite colline.
La Suisse a exprimé son inquiétude vis-à-vis de l’utilisation de mines antipersonnel et d’armes à sous-munitions en Ukraine. © Keystone

La Charte des Nations unies comme point de départ pour une paix globale, juste et durable

Pascale Baeriswyl, l’ambassadrice de la Suisse à l’ONU à New-York, a appelé à défendre les principes de la Charte des Nations unies qui constituent la base sur laquelle une paix globale, juste et durable peut être construite en Ukraine. « La Suisse suit attentivement les différents engagements visant à avancer vers la paix, tout en soulignant que la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine doivent être respectées », a-t-elle ajouté en lien avec les différentes initiatives de la communauté internationale.

La Suisse a une nouvelle fois apporté son soutien à la Cour pénale internationale et aux mesures et mécanismes qui visent à rendre justice aux victimes et à reconstruire l’Ukraine, tels que le registre de dommages qui a été établi par le Conseil de l’Europe. Elle a par ailleurs réitéré cet impératif de justice lors du débat annuel sur la situation dans les territoires ukrainiens temporairement occupés qui s’est tenu à l’Assemblée générale le lendemain (18 juillet).

Comme État partie des Conventions d’Ottawa et d’Oslo, la Suisse appelle tous les États et parties au conflit à ne pas faire usage de ces armes.
Pascale Baeriswyl, ambassadrice de la Suisse à l’ONU à New-York

La Suisse toujours active en faveur du déminage humanitaire

Pascale Baeriswyl a également exprimé l’inquiétude de la Suisse vis-à-vis de l’utilisation de mines antipersonnel et d’armes à sous-munitions en Ukraine. «Comme État partie des Conventions d’Ottawa et d’Oslo, la Suisse appelle tous les États et parties au conflit à ne pas faire usage de ces armes», a-t-elle déclaré au Conseil. La Suisse mise aussi sur son expertise pour soutenir le déminage humanitaire en Ukraine. Elle lance actuellement de nouvelles mesures dans ce domaine grâce à un crédit supplémentaire approuvé par le Parlement lors de la session d’été 2023. En 2023, la Suisse soutiendra l’Ukraine dans le domaine du déminage humanitaire à hauteur d’au moins 15 millions de francs.

Statement de la Suisse, 17.07.2023

14.07.2023 – Débat ouvert sur la violence sexuelle dans les conflits

Le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu le 14 juillet un débat ouvert sur le thème «Violence sexuelle liée aux conflits». L’année 2023 marque le quinzième anniversaire de la résolution 1820 du Conseil de sécurité, qui demande notamment l’arrêt complet de la violence sexuelle dans les conflits et souligne l’importance de mettre fin à son impunité. Malgré les progrès réalisés depuis lors pour mettre en œuvre cette importante résolution, la violence sexuelle affecte encore chaque année des milliers de personnes dans les conflits, en particulier des femmes.

Une femme d’origine africaine est prise en photo de dos et met sa main devant sa bouche.
La violence sexuelle dans les conflits affecte en particulier les femmes. © Keystone

Le rapport annuel 2022 du secrétaire général des Nations Unies met en évidence 20 pays dans lesquels des violences sexuelles sont perpétrées. «Quinze ans après l’adoption de la résolution 1820, la violence sexuelle et basée sur le genre dans les conflits persiste, tout comme l’impunité. Nous devons mettre en œuvre pleinement et durablement les exigences que ce Conseil s’est fixé lui-même dans cette résolution», a déclaré Simon Geissbühler, chef de la Division paix et droits de l’homme du DFAE, lors de ce débat organisé par le Royaume-Uni.

Approche centrée sur les survivantes et les survivants

Lors du débat ouvert, la Suisse a tout d’abord souligné que le renforcement des capacités et de l’expertise des missions onusiennes ainsi que des institutions nationales était essentiel pour prévenir et décourager de tels crimes à l’avenir. La Suisse a également relevé que la prévention des violences sexuelles passe aussi par l’inclusion des femmes dans les processus de la maîtrise des armements et le désarmement. En effet, la prolifération illicite d’armes légères et de petit calibre engendre un plus grand risque de violence sexuelle liée aux conflits.

La Suisse s’est en outre prononcée en faveur d’une approche centrée sur les survivantes et survivants et qui tient compte de leurs besoins. «Sans protection contre la violence sexuelle, il ne peut y avoir de participation égale. Et, comme nous le savons bien, l’engagement des femmes est une condition sine qua non pour une paix durable», a conclu Simon Geissbühler.

Déclaration de la Suisse lors du débat ouvert «Violence sexuelle liée aux conflits», Conseil de sécurité de l’ONU, 14.07.2023

14.07.2023 – La Suisse soutient le renouvellement du mandat du BINUH en Haïti

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l’unanimité pour 12 mois le renouvellement du mandat du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH). La Suisse s’est positionnée en faveur de ce renouvellement face à la situation sécuritaire de plus en plus précaire dans le pays.

Haïti se trouve dans une grave crise politique, sécuritaire et humanitaire. De nombreux gangs contrôlent une grande majorité de la capitale Port-au-Prince et terrorisent la population en multipliant assassinats, enlèvements et viols. Les autorités, elles, sont en position de faiblesse face à l’augmentation des crimes commis. La réunion du Conseil a eu lieu deux ans après l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse en juillet 2021.

Une femme apparaît à contrejour au fond d’un couloir.
Les femmes sont régulièrement victimes de violences sexuelles en Haïti et n'ont que peu de recours dans le cadre de la loi. © Keystone

Le dernier rapport du Secrétaire général de l’ONU publié ce mois-ci témoigne de l’ampleur de la crise. Dans ces circonstances difficiles, « Ce conseil doit faire preuve d’unité dans le renouvellement du mandat du BINUH afin de lui permettre de remplir efficacement sa mission. », a demandé Pascale Baeriswyl, ambassadrice de la Suisse à l'ONU à New York. Le travail du BINUH sur place est essentiel, en ce qu’il s’emploie à soutenir les autorités haïtiennes contre l’impunité et à poser les fondements d’une paix durable.

Déclaration de la Suisse, 06.07.2023

11.07.2023 – Conseil de sécurité de l’ONU: veto à la prolongation de l’aide humanitaire transfrontalière de l’ONU en Syrie

Le 11 juillet 2023, le Conseil de sécurité de l’ONU n’a pas encore prolongé le mécanisme d’aide humanitaire transfrontalière en Syrie. Son échec tient au veto de la Russie.

La résolution dite transfrontalière du Conseil de sécurité, qui existe depuis 2013, permet aux organisations de l’ONU d’entrer en Syrie, à des fins humanitaires, par le poste-frontière turco-syrien de Bab el-Haoua situé au nord-ouest du pays. Dans cette région, plus de quatre millions de personnes sont tributaires de l’aide humanitaire.

La Suisse endosse avec le Brésil le rôle de corédacteur sur le dossier humanitaire syrien au Conseil de sécurité. Le projet de résolution présenté par les deux pays demandait une prolongation du mécanisme de 9 mois, sur la base de l'analyse et des recommandations urgentes du Secrétaire général de l'ONU, du Secrétaire général adjoint à l'aide humanitaire et des agences et organisations spécialisées actives sur le terrain. Ce projet a reçu le véto de la Russie.

Avant le vote, la Suisse avait néanmoins défendu une prolongation de douze mois, soit une proposition encore plus large que la résolution actuelle de l'aide transfrontalière mais en raison des positions divergentes au sein du Conseil, une prolongation de neuf mois semblait être le meilleur compromis possible pour pouvoir continuer à garantir une aide vitale aux personnes en détresse.

De nombreux camions sont alignés sur une route en Syrie.
Un convoi international chargé de matériel d’aide humanitaire se situe au nord-ouest de la Syrie. Plus de quatre millions de personnes ont besoin de cette aide vitale dans cette région. © Keystone

L'Assemblée générale de l'ONU se penchera sur la question dans un délai de 10 jours, sur la base d'une résolution de l'Assemblée générale de l'ONU d'avril 2022. Conformément à cette résolution, après l'exercice du droit de veto par un ou plusieurs membres permanents du Conseil de sécurité, une réunion est convoquée pour traiter de la situation.

La Suisse déplore l'incertitude que cela représente pour la population locale concernée. La Suisse reste néanmoins en contact avec tous les membres du Conseil et les acteurs humanitaires afin de faciliter rapidement, de manière transparente et inclusive, un compromis qui permettrait de maintenir l’accès humanitaire transfrontalier dans le nord-ouest de la Syrie.

05.07.2023 – Il faut faire plus pour le bien-être des enfants dans les conflits armés

Le 5 juillet, le thème «enfants dans les conflits armés» a été au centre d'un débat ouvert du Conseil de sécurité de l'ONU. Le rapport annuel du Secrétaire général de l'ONU sur ce sujet a été présenté à cette occasion. Jusqu'à présent, le Conseil a adopté 13 résolutions qui constituent un cadre et des instruments importants pour la protection des enfants. Depuis 2005, cela a permis de libérer plus de 150’000 enfants des groupes ou des forces armés. Cependant, il faut faire davantage. En 2022, plus de 27'000 violations graves des droits de l'enfant ont été recensées dans différents conflits armés. Il s'agit notamment d'homicides et de mutilations, d'attaques contre des écoles et des hôpitaux et de refus d'accès humanitaire. Le rapport contient une liste des belligérants qui commettent systématiquement de telles violations graves des droits de l'enfant.

Des enfants congolais jouent au football sur une pelouse dans une zone rurale.
Des enfants congolais jouent au football au milieu d’une zone de conflit, devant le quartier des forces de maintien de la paix de l'ONU. © Keystone

Lors du débat ouvert, la Suisse a souligné les domaines dans lesquels des progrès sont nécessaires pour mieux protéger les enfants dans les conflits armés. Premièrement, les instruments développés par le Conseil de sécurité pour renforcer l'obligation de rendre compte des violations graves des droits de l'enfant doivent être appliqués de manière crédible, indépendante et transparente. Dans ce contexte, il est par exemple important que les forces armées du Myanmar et les forces armées russes figurent dans la liste du dernier rapport. La Suisse s'est également prononcée en faveur d'un renforcement des mesures visant à surveiller et à prévenir les violations graves des droits de l'enfant. Deuxièmement, la Suisse a condamné les attaques contre les écoles et les hôpitaux ainsi que leur utilisation militaire. En effet, l'accès à l'éducation est l'un des piliers d'une paix durable. Troisièmement, la Suisse a souligné l'importance à long terme des programmes de réintégration pour les enfants anciennement associés à des groupes ou à des forces armées. De tels programmes devraient également offrir des perspectives économiques et répondre aux besoins des filles afin de permettre une intégration durable des enfants concernés dans la vie civile et éviter un nouveau recrutement.

Les enfants, avec leur créativité, leur ambition et leurs recommandations, que nous avons bien écoutées, peuvent changer le monde.
Pascale Baeriswyl, ambassadrice de la Suisse à l'ONU à New York

«Les enfants, avec leur créativité, leur ambition et leurs recommandations, que nous avons bien écoutées, peuvent changer le monde. Ou, dans les mots de Graça Machel: Les enfants sont une force unificatrice capable d'amener les humains sur des bases éthiques communes», a souligné l'ambassadrice de Suisse à l'ONU Pascale Baeriswyl en conclusion du débat ouvert à New York.

Déclaration de la Suisse sur le thème «enfants dans les conflits armés», Conseil de sécurité de l'ONU, 05.07.2023

20.06.2023 – La MINUSCA est essentielle pour la protection des civils en République centrafricaine

Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est penché aujourd’hui sur la mission de maintien de la paix de l’ONU en République centrafricaine (MINUSCA). Malgré plusieurs accords de paix, le pays est en proie à un conflit armé qui fait régulièrement de nombreux morts et blessés, y compris parmi la population civile, dont la protection est la priorité de la MINUSCA. Plus de 3 millions de personnes dépendent de l’aide humanitaire dans le pays. 

Une commandante de la MINUSCA s’entretient avec une civile dans un village de République centrafricaine.
La protection des civils, le soutien au processus de paix et la facilitation de l’accès humanitaire font partie des tâches quotidiennes de la MINUSCA. © UN Photo

Le rôle des femmes dans les processus politiques est essentiel pour l’instauration d’une paix durable en République centrafricaine, a souligné la Suisse lors de la réunion du Conseil de sécurité. Malgré l’amélioration de la situation sécuritaire dans certaines régions, les groupes armés continuent à commettre des violences. Cela rend l’accès humanitaire difficile et augmente les souffrances de la population civile. Leur protection doit être assurée et a lutte contre l’impunité renforcée.

La promotion d’une paix durable et la protection des civils font partie des priorités de la Suisse au sein du Conseil de sécurité et sont au cœur de sa politique étrangère. «Nous ne pourrons pas consolider la paix en République centrafricaine tant que des violences quotidiennes continuent d’affecter une partie de la population. La réponse à l’insécurité dans le pays passe par des processus politiques inclusifs, et doit reposer sur le droit international, garantissant les droits des femmes et créant un environnement sûr et respectueux pour leur participation», a déclaré l’ambassadrice de Suisse à l’ONU, Pascale Baeriswyl, à New York.

Depuis août 2022, la Suisse est représentée par un bureau de coopération dans la capitale Bangui. Sur place, l’engagement de la Suisse se concentre sur la protection des populations civiles ainsi que sur le respect du droit international humanitaire et des droits de l’homme. Eric Marclay, chef de la représentation suisse, explique dans une interview la collaboration de la Suisse avec la MINUSCA et son importance pour les habitants de la République centrafricaine.

13.06.2023 – Le changement climatique peut aggraver le cercle vicieux des tensions et des conflits

La secrétaire d'Etat du DFAE Livia Leu a représenté la Suisse lors d’un débat ouvert du Conseil de sécurité de l'ONU qui était organisé par les Emirats arabes unis. Le débat s'est concentré sur le thème «Climat, paix et sécurité». Agir pour la sécurité climatique est une priorité pour la Suisse en tant que membre du Conseil de sécurité en 2023 et 2024. Au sein de cet organe, elle assure la coprésidence informelle du groupe d'experts sur le climat et la sécurité avec les Émirats arabes unis et le Mozambique.

Les effets du changement climatique, tels que les sécheresses, les inondations et autres catastrophes naturelles, menacent les moyens de subsistance des populations du monde entier. La stabilité et la sécurité de nombreux pays et régions sont ainsi compromises. Plus de la moitié des pays les plus touchés par le changement climatique sont en proie à des conflits armés. Ils sont donc plus vulnérables à ces conséquences. «La menace la plus systémique pour l’humanité reste le changement climatique», a souligné la secrétaire d'État Leu au Conseil de sécurité.

La secrétaire d'État du DFAE Livia Leu s'exprime à la table en fer à cheval du Conseil de sécurité de l'ONU à New York.
La secrétaire d'État Livia Leu a souligné au Conseil de sécurité de l'ONU que le changement climatique reste la plus grande menace systémique pour l'humanité. © DFAE

Le changement climatique peut renforcer le cercle vicieux des tensions, de la fragilité et des conflits. «La sécurité climatique est une des bases de la stabilité. Reconnaître le lien indéniable entre le changement climatique et la sécurité est ainsi impératif. Notre réponse doit être innovante», a déclaré la secrétaire d'État Leu au Conseil.

La sécurité climatique est une des bases de la stabilité. Reconnaître le lien indéniable entre le changement climatique et la sécurité est ainsi impératif.
Livia Leu, Secrétaire d'État du DFAE

Pour faire des progrès concrets dans le domaine de la sécurité climatique, Livia Leu a insisté sur la prise en compte des effets du changement climatique dans la prévention des conflits. La science et les nouvelles technologies ont un rôle central à jouer dans ce domaine. Afin de mieux anticiper les risques liés au climat, il est par exemple possible de recourir à des systèmes d'alerte précoce. Ceux-ci combinent les meilleures données disponibles sur le changement climatique et les facteurs socio-économiques afin de prédire, par exemple, l'insécurité alimentaire future, les déplacements de population et la dynamique des conflits. D'autre part, Madame Leu a déclaré que les mesures de promotion de la paix du Conseil de sécurité de l'ONU devaient être plus sensibles au climat. Par exemple, par l’intermédiaire de conseillers climatiques pouvant soutenir les missions de l'ONU directement sur le terrain.

«L’inaction n’est pas une option. C’est pourquoi ce Conseil se doit d’agir sur les rouages complexes qui relient le climat, la paix et la sécurité. Il s’agit de la seule façon de remplir son mandat: maintenir la paix et la sécurité internationales», a souligné la secrétaire d'État à New York.

Déclaration de Livia Leu sur le climat, la paix et la sécurité, Conseil de sécurité de l'ONU, 13.06.2023

06.06.2023 – Réunion d'urgence sur la destruction du barrage de Nova Kakhovka

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni d'urgence le 6 juin et s'est penché sur la destruction du barrage de Nova Kakhovka en Ukraine. La Suisse s'est déclarée profondément préoccupée par ces nouveaux développements, qui font peser un poids supplémentaire sur la population civile, marquée par l'agression militaire continue de la Russie. Le secrétaire général de l'ONU António Guterres s'est également exprimé hier par le biais d'un communiqué de presse et a déclaré être confronté à une catastrophe humanitaire, économique et écologique. 

D'énormes masses d'eau s'écoulent à travers la brèche du barrage de Nova Kakhovka en Ukraine.
La brèche dans le barrage de Nova Kakhovka menace de provoquer une inondation massive qui pourrait déplacer des centaines de milliers de personnes dans l'oblast ukrainien de Kherson. © Keystone

Des milliers de personnes seront touchées par cette catastrophe. Outre les conséquences désastreuses à court terme dans le sud de l'Ukraine, il faut également s'attendre à de graves conséquences à long terme. «La Suisse est préoccupée par les risques que pourraient causer les inondations massives sur l’environnement ainsi que la sécurité énergétique et alimentaire, notamment sur l’approvisionnement en eau», a déclaré Adrian Dominik Hauri au Conseil de sécurité à New York.

Cet événement est un triste exemple du lien entre l'eau et la protection des populations civiles, un sujet que le Conseil de sécurité de l'ONU a déjà examiné en détail en mars 2023, à l'initiative de la Suisse et du Mozambique. En particulier, l'approvisionnement en eau douce de la Crimée dépend en grande partie du barrage de Nova Kakhovka. Dans cette situation de crise, la protection de la population civile doit être une priorité, comme l'exige le droit international humanitaire. La protection de l'environnement dans les conflits armés est également d'une importance capitale. La Suisse est prête à soutenir pleinement la réaction immédiate de l'ONU et des partenaires humanitaires qui, en coordination avec le gouvernement ukrainien, font tout ce qui est en leur pouvoir pour fournir une aide vitale et assurer, entre autres, l'approvisionnement en eau potable. Toutes les parties au conflit sont tenues d'assurer l'accès humanitaire à toutes les personnes ayant besoin d'aide.

Le barrage de Nova Kakhovka est également central pour le système de refroidissement de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, sur lequel le Conseil de sécurité a récemment délibéré sous la présidence de la Suisse et du conseiller fédéral Ignazio Cassis. Les «sept piliers» définis par Rafael Grossi, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, stipulent notamment que l'intégrité de la centrale et l'approvisionnement logistique doivent être garantis à tout moment.   

Compte tenu de l'urgence et de la gravité de la situation, la Suisse a souligné au Conseil que les attaques contre les infrastructures civiles étaient inacceptables. Le droit international humanitaire interdit les attaques contre les biens civils et prévoit une protection spéciale pour les barrages. La Suisse appelle toutes les parties à respecter le droit international humanitaire. Une fois de plus, la Suisse a condamné l'agression militaire de la Russie contre l'Ukraine et a appelé la Russie à la désescalade immédiate, à cesser tous les combats et à retirer immédiatement ses troupes du territoire ukrainien.

30.05.2023 – La Suisse s'engage pour la protection de la centrale nucléaire Zaporijjia

Sous la direction du conseiller fédéral Ignazio Cassis, le Conseil de sécurité de l'ONU a débattu le 30 mai 2023, en présence de l'Ukraine, de la protection de la centrale nucléaire Zaporijjia. «Nous sommes tous conscients des risques pour la population civile lorsqu'une centrale nucléaire se trouve dans une zone de guerre. Il est de notre devoir de protéger la population civile», a déclaré le conseiller fédéral Cassis à New York. 

Nous sommes tous conscients des risques pour la population civile lorsqu'une centrale nucléaire se trouve dans une zone de guerre. Il est de notre devoir de protéger la population civile.
Conseiller fédéral Ignazio Cassis

Lors du briefing, le directeur général de l'AIEA Rafael Grossi a présenté au Conseil cinq principes pour la protection de la centrale nucléaire située dans le sud-est de l'Ukraine:

  1. Aucune attaque de quelconque nature depuis ou contre la centrale nucléaire;
  2. Pas de stockage ni de stationnement d'armes lourdes ou de troupes sur le site;
  3. Aucune menace pour l'alimentation électrique externe;
  4. Protection contre toute attaque et tout acte de sabotage de tous les systèmes nécessaires au fonctionnement sécurisé de la centrale;
  5. Aucune opération pouvant porter atteinte à ces principes.

Durant la réunion, la Suisse a réitéré sa condamnation de l'agression militaire de la Russie contre l'Ukraine et de toute attaque contre des infrastructures civiles. La Suisse a à nouveau appelé la Russie à retirer ses troupes du territoire ukrainien. Elle a salué l'engagement de l'AIEA en faveur de la protection des centrales nucléaires civiles en Ukraine et a appelé tous les membres du Conseil à soutenir les cinq principes énoncés par l'Agence pour protéger la centrale nucléaire Zaporijjia. Le conseiller fédéral Cassis a notamment demandé à la Russie et à l'Ukraine de mettre pleinement en œuvre ces cinq principes.

En accord avec l'AIEA et les autres membres du Conseil, la diplomatie suisse a plaidé ces dernières semaines pour la tenue de cette réunion. La Suisse a rappelé que la protection de la centrale nucléaire Zaporijjia relève du respect du droit international humanitaire. Le respect et la promotion du droit en question est une priorité pour la Suisse et constitue un pilier de ses bons offices.

Nous engager pour la protection de la population civile: c'est dans cet esprit que nous avons envisagé la présidence du Conseil.
Conseiller fédéral Ignazio Cassis

La séance d'aujourd'hui est thématiquement liée aux priorités du Conseil fédéral pour le siège de la Suisse au Conseil de sécurité. Durant le mois présidentiel en mai, plusieurs réunions ont été présidées par des membres du Conseil fédéral. Les 3 et 4 mai, le conseiller fédéral Ignazio Cassis a présidé un débat ouvert sur l’instauration de confiance mutuelle et une réunion sur la coopération entre l'ONU et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Le 23 mai, le président de la Confédération Alain Berset a souligné devant le Conseil que la protection de la population civile dans les conflits armés ne devait pas seulement rester sur le papier, mais être davantage mise en œuvre dans la pratique. De son côté, la conseillère fédérale Viola Amherd a présidé le 25 mai une réunion portant sur le financement des missions de maintien de la paix en Afrique. La séance d'aujourd'hui met enfin l'accent sur la protection des populations civiles contre les catastrophes nucléaires. Grâce à ces réunions et à d'autres réunions géographiques et thématiques, le Conseil fédéral est en bonne voie pour mettre en œuvre ses priorités. Dans l'ensemble, la Suisse tire un bilan positif de cette première présidence.

Cinq principes pour garantir la sécurité nucléaire à la centrale nucléaire Zaporijjia, AIEA (Directeur général de l'AIEA Rafael Grossi) (en) 

Discours du Conseiller fédéral Ignazio Cassis 

Newsticker: Engagement de la Suisse en Ukraine 

30.05.2023 – Le Conseil de sécurité de l'ONU prolonge le mandat de la Mission d'assistance des Nations unies en Irak ainsi que les mesures de sanctions au Soudan du Sud

Le Conseil de sécurité de l'ONU a prolongé à l'unanimité aujourd'hui la Mission d'appui des Nations unies en Irak (MANUI). Cette Mission conseille et soutient le gouvernement et le peuple irakiens dans la promotion d'un dialogue politique inclusif et de la réconciliation aux niveaux national et local, dans le processus électoral, dans le dialogue avec ses voisins, dans la protection des droits de l'homme et dans les réformes judiciaires et juridiques.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a également prolongé aujourd'hui les mesures de sanctions au Soudan du Sud ainsi que le mandat du Groupe d'experts y relatif. La Suisse a soutenu la prolongation de ces deux mandats au Conseil de sécurité.

30.05.2023 – Vidéo: Protection de la population civile en République démocratique du Congo

Les civils paient le prix fort lors d’un conflit armé. La longue tradition humanitaire de la Suisse et son engagement en faveur du droit international humanitaire sont reconnus dans le monde entier. La question de la protection de la population civile et des personnes hors de combat est au centre de de nombreuses situations de conflit dont s’occupe le Conseil de sécurité. Dans la vidéo, Laura Reymond-Joubin, Human Security Advisor, explique ce qu'elle fait pour la protection des civils en République démocratique du Congo.

25.05.2023 – La Conseillère fédérale Amherd préside une réunion du Conseil pour le financement durable des missions de soutien à la paix de l'Union africaine

La Conseillère fédérale Viola Amherd a présidé le Conseil de sécurité de l'ONU le 25 mai à l'occasion de la Journée de l’Afrique et de l'anniversaire des 75 ans de soutien à la paix de l'ONU. En 1948, le Conseil de sécurité de l'ONU a mandaté la première mission de paix, l'ONUST, pour surveiller le cessez-le-feu au Proche-Orient. Outre les missions de paix de l'ONU, le Conseil de sécurité autorise également les opérations des organisations régionales. La réunion d'aujourd'hui s'est concentrée sur le financement prévisible, durable et flexible des missions de soutien à la paix de l'Union africaine (UA).

La conseillère fédérale Viola Amherd s'exprime à la table en fer à cheval du Conseil de sécurité de l'ONU à New York.
La conseillère fédérale Viola Amherd a souligné au Conseil de sécurité de l'ONU l'étroite collaboration avec l'Afrique et l'Union africaine pour la paix et la sécurité sur le continent. © DFAE

De nombreux conflits se déroulent sur le continent africain. L'UA, en tant qu'organisation régionale des Etats du continent, revêt donc une importance particulière. Elle est l'organisation clé pour les questions de paix et de sécurité en Afrique et est donc également un partenaire important de l'ONU. «La Suisse se félicite de cette contribution importante. Nous avons l'intention d'utiliser notre mandat au sein du Conseil pour collaborer encore plus étroitement avec l'Afrique et l'UA et poursuivre notre soutien de longue date à l'architecture de paix et de sécurité sur ce continent», a déclaré la conseillère fédérale Viola Amherd au Conseil de sécurité.

La Suisse soutient l'initiative des membres africains du Conseil de sécurité de l'ONU en faveur d'une nouvelle décision du Conseil visant à assurer un financement prévisible, durable et flexible pour les missions de l'UA. Cela constituerait une étape décisive pour l'avenir des opérations de paix. La Suisse apportera une contribution constructive à cet égard au sein du Conseil de sécurité.

Discours de la Conseillère fédérale Viola Amherd, Conseil de sécurité de l'ONU, 25.05.2023

23.05.2023 – Débat ouvert sur la protection des civils dans les conflits armés sous la direction du président de la Confédération Alain Berset

Dans le cadre de la présidence suisse du Conseil de sécurité de l'ONU, le président de la Confédération Alain Berset a dirigé, le mardi 23 mai 2023, un débat ouvert consacré à la protection des civils dans les conflits armés. Le président de la Confédération a déclaré que nous disposions des instruments juridiques, politiques et opérationnels pour protéger la population civile dans les conflits armés, faisant ainsi référence aux résolutions adoptées à l'unanimité en 2018 et 2021 sur la sécurité alimentaire et sur la protection des infrastructures civiles. De tels instruments devraient à l'avenir être mieux utilisés par le Conseil de sécurité et tous les États membres des Nations Unies. Au nom de la Suisse, le président de la Confédération a proposé cinq moyens d'y parvenir, tout en soulignant que la volonté politique était déterminante.

Le président de la Confédération Alain Berset s'exprime à la table en fer à cheval du Conseil de sécurité de l'ONU, à New York.
Le président de la Confédération Alain Berset a présidé un débat ouvert sur la protection des civils au Conseil de sécurité de l'ONU. Il a souligné l'importance du droit international humanitaire dans les conflits armés. © DFAE

Premièrement, il faut appeler à mettre fin aux attaques contre les biens indispensables à la survie de la population civile. Deuxièmement, il faut garantir un accès humanitaire total, rapide, sûr et sans entrave à toutes les personnes dans le besoin. Troisièmement, les parties au conflit qui affament les civils comme méthode de guerre doivent rendre des comptes. Quatrièmement, la Suisse demande que les femmes soient pleinement impliquées dans tous les processus de protection de la population civile. Et cinquièmement, il faut garantir que celle-ci reste bien protégée lorsque les missions de paix de l'ONU se retirent.

Lors de conflits armés, le manque de biens et services de base tels que l'eau, les denrées alimentaires et l'accès au système de santé fait davantage de victimes que les conséquences directes des hostilités. Outre les membres du Conseil de sécurité de l'ONU et les représentants d'autres États, le secrétaire général de l'ONU António Guterres, la présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) Mirjana Spoljaric Egger et une représentante de la société civile de l'Afrique de l'Ouest ont participé au débat ouvert. Le débat a souligné l'importance du droit international humanitaire dans les conflits armés, un thème en faveur duquel la Suisse s'engage depuis longtemps avec force en sa qualité d'État dépositaire des Conventions de Genève et de siège du CICR. 

Discours du président de la Confédération Alain Berset sur la protection des civils dans les conflits armés, Conseil de sécurité de l'ONU, 23.05.2023

18.05.2023 – Irak: l'atténuation des effets du changement climatique doit favoriser la sécurité

Fin mai, le Conseil de sécurité de l'ONU se prononcera sur le renouvellement du mandat de la Mission d'assistance des Nations unies en Irak (MANUI). Après des décennies d'insécurité, une reconstruction lente après la guerre du Golfe et la présence de l'État islamique, qui a pu être repoussée en 2017, des évolutions positives ont été constatées ces dernières années en Irak. A partir de 2018, la reconstruction a été prise en main. Le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays est passé de 5 millions à 1,2 million. Malgré cela, l'Irak reste politiquement et confessionnellement divisé. La MANUI accomplit un travail important pour assurer l'avenir de l'Irak en tant qu'État stable dans lequel l'ensemble de la société - en particulier les femmes et les filles - participe sur un pied d'égalité, sans discrimination.

Une femme cuit du pain dans les rues de Bagdad.
La Suisse s'engage pour que les femmes et les filles d'Irak puissent participer à la vie. © Keystone

La Suisse salue les efforts du gouvernement irakien et les réformes entreprises pour lutter contre la corruption, protéger les droits de l'homme et atténuer les effets du changement climatique. «En effet, le changement climatique est un facteur déstabilisant en Irak. Il contribue aux sécheresses et à la raréfaction de l'eau, avec des conséquences graves pour l'agriculture et les moyens de subsistance, qui renforcent les menaces de troubles sociaux et de déplacements internes. Chaque mesure visant à atténuer les effets du changement climatique sert également à la prévention», a déclaré l'ambassadrice suisse à l'ONU Pascale Baeriswyl le 18 mai au Conseil de sécurité de l'ONU. La Suisse s'engage à ce que les aspects liés au changement climatique soient maintenus ou renforcés dans le mandat de la MANUI. En outre, la Suisse a souligné que la protection des minorités et des personnes vulnérables est essentielle pour la cohésion sociale et la réconciliation nationale des différents groupes ethniques.

La MANUI est une mission civile de soutien créée en 2003 à la demande de l'Irak par une décision du Conseil de sécurité de l'ONU. En 2007, le rôle de la mission a été renforcé. Elle conseille et soutient le gouvernement et le peuple irakiens dans la promotion d'un dialogue politique inclusif et de la réconciliation aux niveaux national et local, dans le processus électoral, dans le dialogue avec ses voisins, dans la protection des droits de l'homme et dans les réformes judiciaires et juridiques.

Déclaration de la Suisse sur la situation en Irak, Conseil de sécurité de l'ONU, 18.05.2023

17.05.2023 – Vidéo: agir pour la sécurité climatique dans la Corne de l'Afrique

Cette semaine, nous mettons l'accent sur la priorité «Agir pour la sécurité climatique» dans le cadre du siège que la Suisse occupe au Conseil de sécurité de l'ONU. Le changement climatique représente également une menace pour la paix et la sécurité internationales. L’élevation des températures et les sécheresses peuvent notamment entraîner une fluctuation des prix des denrées alimentaires, générer une intensification de la concurrence pour les ressources naturelles, ou encore menacer les moyens de subsistance et contraindre les populations à l’exil. Le changement climatique constitue un multiplicateur de risques en ce sens qu’il peut contribuer à accentuer les facteurs de stress d’ordre politique, social, économique et environnemental. Bien souvent, ce sont les groupes les plus vulnérables de la population qui sont les plus durement touchés par les risques climatiques. Dans ce domaine également, la Suisse possède une expertise et un savoir-faire permettant d’atténuer les risques liés au climat.

La Corne de l'Afrique est l'une des régions les plus fragiles du monde. Les conflits armés, mais aussi le changement climatique, ont de graves conséquences sur les populations civiles, notamment en matière de sécurité alimentaire et d'accès aux services de base, tels que les soins de santé. Découvrez en vidéo ce que fait la Suisse sur place.

11.05.2023 – 129 États s'engagent à agir de manière responsable en cas de crimes de guerre

Durant la présidence suisse du Conseil de sécurité de l'ONU, le groupe ACT, qui s'engage pour un Conseil de sécurité efficace, a fêté ses dix ans d'existence. 

Au sein du groupe, la Suisse a fait avancer un code de conduite par lequel les Etats s'engagent volontairement à ne pas voter au Conseil de sécurité contre des résolutions visant à prévenir ou à faire cesser des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. 129 membres ou observateurs de l'ONU l'ont signé à ce jour. Il s'agit d'un signal fort adressé au Conseil et qui devrait renforcer son efficacité – une priorité de la Suisse pour son mandat.

Article: 129 États s'engagent à agir de manière responsable en cas de crimes de guerre

10.05.2023 – La promotion de l'unité en Bosnie et Herzégovine est essentielle pour une paix et une sécurité durables

Lors d'un débat le 10 mai 2023, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est penché sur la situation en Bosnie et Herzégovine. La Suisse est engagée sur place depuis plus de 30 ans. Plus de 60 000 personnes originaires de Bosnie et Herzégovine vivent aujourd'hui en Suisse. «Nos pays sont fortement liés. Nous contribuons à la paix durable, la sécurité, la prospérité et la bonne gouvernance du pays», a déclaré l'ambassadrice suisse à l'ONU Pascale Baeriswyl. Elle a également rappelé le travail important de la mission de maintien de la paix EUFOR Althea en Bosnie et Herzégovine, qui contribue de manière essentielle au maintien de la paix dans une région où les tensions sont de nouveau en hausse.

Un membre de l'armée suisse se tient à côté d'un véhicule d'intervention et observe une vallée en Bosnie et Herzégovine.
L'armée suisse soutient la mission EUFOR en Bosnie-Herzégovine avec deux équipes de liaison et d'observation (LOT) stationnées à Mostar et Trebinje. Leurs tâches incluent des patrouilles dans des zones isolées. © DDPS

Près de 30 ans après la guerre, la société bosnienne est toujours confrontée à des défis dont les racines profondes nécessitent des solutions durables. Malgré certaines évolutions positives dans le domaine des droits de l'homme, les discours de haine et la réinterprétation des événements historiques persistent. «Nous appelons à s'abstenir de toute rhétorique de la discorde», a souligné Madame Baeriswyl à New York. Pour surmonter ces défis, la priorité est de promouvoir l'unité du pays en respectant la diversité et les libertés fondamentales des personnes. Pour ce faire, tous les acteurs politiques doivent travailler ensemble dans l'intérêt de l'ensemble de la population. Dans ce contexte, la participation des femmes et des jeunes aux processus de décision politique est essentielle et profite au processus de réconciliation ainsi qu’à la société en général. En outre, les droits des minorités doivent être protégés et la liberté des médias et de réunion doivent être garanties et renforcées.

Depuis décembre 2022, le pays des Balkans est officiellement candidat à l'adhésion à l'UE. «La Suisse continuera à soutenir la Bosnie et Herzégovine dans son intégration européenne. Nous soutenons la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Bosnie et Herzégovine ainsi que son avenir pacifique et multiethnique», a déclaré Pascale Baeriswyl au Conseil.

Déclaration de la Suisse sur la situation en Bosnie et Herzégovine

04.05.2023 – Le conseiller fédéral Cassis préside un briefing sur la coopération entre l'ONU et l'OSCE

Le 4 mai 2023, le conseiller fédéral Ignazio Cassis a présidé le briefing annuel du Conseil de sécurité de l'ONU sur la coopération entre l'ONU et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Lors de cette réunion, le président de l'OSCE lors de cette année, Bujar Osmani, ministre des Affaires étrangères de Macédoine du Nord, a informé le Conseil des priorités et des activités de l'organisation. La Charte de l'ONU reconnaît l'importance de la coopération entre l'ONU et les différentes organisations régionales, telles que l'Union africaine, la Ligue des États arabes et l'Union européenne. L'ONU et l'OSCE célèbrent ce mois de mai le 30ème anniversaire de leur coopération qui fut scellée par la signature d'un accord en 1993. L'agression militaire de la Russie contre l'Ukraine représente le plus grand défi de l'histoire de l'OSCE. Dans ce contexte, le leitmotiv choisi par l'actuelle présidence de l'OSCE, «It’s About People», est plus que jamais d'actualité. «Notre responsabilité première est de protéger la population civile. Cette responsabilité constitue l’essence-même du lien entre l'OSCE et les Nations unies», a souligné le conseiller fédéral Cassis devant le Conseil de sécurité.

Il nous appartient à tous de préserver la capacité d'action de l'OSCE.
Conseiller fédéral Ignazio Cassis

L'OSCE est la plus grande organisation régionale de sécurité au monde. Sa présence dans 13 pays a un effet stabilisateur dans des régions comme les Balkans occidentaux, le Caucase ou l'Asie centrale. L'OSCE dispose de mécanismes permettant de documenter les violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire. Elle effectue en outre un travail important contre les effets négatifs du changement climatique dans la région, par exemple en matière de gestion durable des ressources en eau. «Nous ne devons pas accepter que le futur de l’Europe se joue selon le droit de la force. La Suisse s’engage pour y opposer la force du droit. Il nous appartient à tous de préserver la capacité d'action de l'OSCE», a souligné le conseiller fédéral Cassis à New York. L'OSCE doit rester centrale pour la promotion du dialogue et le règlement pacifique des conflits en Europe.

Discours Ignazio Cassis – Briefing OSCE, Conseil de sécurité de l'ONU, 04.05.2023

03.05.2023 – Le conseiller fédéral Cassis appelle à la confiance mutuelle pour la paix et la sécurité

En tant que présidente du Conseil de sécurité de l'ONU, la Suisse a organisé le 3 mai un débat ouvert dans lequel elle a mis en avant sa volonté de «promouvoir une paix durable», une de ses priorités au sein du Conseil. Une confiance mutuelle et un multilatéralisme fort et ciblé sont des vecteurs essentiels pour trouver des solutions aux défis mondiaux tels que le changement climatique, les pandémies, les crises économiques mondiales et en faveur de la paix et la sécurité. «Le système multilatéral est sous tension, mais il n’est pas en faillite. Il est temps d’affiner nos outils pour restaurer la confiance et consolider une paix durable», a déclaré le conseiller fédéral Ignazio Cassis, qui a présidé le débat au Conseil.

Le chef du DFAE a décliné ses idées pour faire du multilatéralisme une réelle valeur ajoutée. Tout d'abord, l’établissement d’un cadre normatif respecté par tous renforce la prévisibilité et, contrairement à l'arbitraire, il mène vers la confiance mutuelle. Deuxièmement, la promotion de la paix doit adopter une approche inclusive. La confiance doit ensuite se fonder sur des faits scientifiquement vérifiés. «La science et les nouvelles technologies nous offrent des opportunités pour mieux anticiper et comprendre les risques d’aujourd’hui et les chances de demain. Nous devons répondre aux défis du 21e siècle avec des réponses du 21e siècle», a déclaré Ignazio Cassis à New York. Ces connaissances se révèlent aussi nécessaires pour prévenir les conflits et garantir la paix. «Le débat d’aujourd’hui est une vraie opportunité de recueillir des idées et propositions des états membres et de tirer parti des synergies qui nous unissent. La confiance se gagne dans les actions, pas dans les intentions», a lancé le conseiller fédéral Cassis lors du débat.

Communiqué de presse

Discours Ignazio Cassis – «Futureproofing Trust for Sustaining Peace», Conseil de sécurité de l'ONU, 03.05.2023

Présidence suisse du Conseil de sécurité de l’ONU 

01.05.2023 – Une paix durable basée sur la confiance

Le 3 mai aura lieu, sous la présidence du conseiller fédéral Ignazio Cassis, le premier évènement phare organisé par la Suisse au Conseil de sécurité de l’ONU. Sous le titre «Renforcer la confiance pour une paix durable», le débat mettra l’accent sur l’une des priorités suisses au Conseil consistant à «construire une paix durable».

Ce débat a pour objet d’examiner et de consolider les approches et les instruments du Conseil de sécurité visant à instaurer la confiance, afin de favoriser une paix qui soit durable compte tenu des défis actuels et à venir.

Communiqué de presse

27.04.2023 – Le Conseil de sécurité de l'ONU condamne l'interdiction faite aux femmes de travailler pour les Nations Unies en Afghanistan

Aujourd'hui, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité une résolution dans laquelle il condamne la décision des talibans d'interdire aux femmes afghanes de travailler pour l'ONU en Afghanistan. Ces décisions ont un impact dévastateur sur une grande partie de la population et constituent un obstacle sérieux à un Afghanistan uni, pacifique, prospère et inclusif. Cette nouvelle interdiction de travailler affecte la capacité de la Mission d'appui des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) à remplir son mandat, qui a été prolongé de 12 mois par le Conseil de sécurité le 16 mars 2023.

Un combattant taliban monte la garde tandis qu'une femme passe devant lui à Kaboul.
Les talibans ont massivement restreint la participation des femmes et des filles à la vie publique en Afghanistan. © Keystone

La Suisse a voté en faveur de la résolution au Conseil de sécurité. La résolution constitue un signal clair du Conseil de sécurité face à cette situation alarmante. Elle appelle les talibans à révoquer leurs décrets. Cette interdiction constitue une violation de la Charte de l'ONU et des droits des femmes. Elle entrave l'aide humanitaire ainsi que le développement social et économique du pays.

L'ensemble de la société afghane, en particulier les femmes et les filles ainsi que les minorités ethniques, doit pouvoir participer à la vie publique sans crainte de représailles. Ceci est essentiel pour le développement dont le pays a tant besoin ainsi que pour une paix durable en Afghanistan.

Afghanistan: les femmes interdites de travailler pour des ONG – Inquiétude du DFAE

27.04.2023 – L'avenir du Kosovo est cher à la Suisse

Dans le cadre de son mandat au Conseil, la Suisse s'est exprimée aujourd'hui pour la première fois sur le rapport de la mission des Nations unies (MINUK) et sur la situation au Kosovo. Les personnes arrivées en Suisse il y a plus de 20 ans en provenance des Balkans occidentaux constituent aujourd'hui une part importante de la société suisse. «L'avenir du Kosovo, de sa population et une paix durable dans les Balkans occidentaux nous tiennent à cœur», a déclaré Pascale Baeriswyl, ambassadrice de Suisse auprès de l'ONU, au Conseil de sécurité à New York.

La Suisse s'engage au Kosovo et dans l'ensemble des Balkans occidentaux en faveur de sociétés pacifiques et multiethniques respectant les droits de l'homme et l'État de droit. «Une coexistence pacifique ne peut être atteinte que par un dialogue honnête, constructif et inclusif», a souligné Pascale Baeriswyl. Cela implique également une participation égale et effective des femmes. La coopération entre le Kosovo et les acteurs internationaux sur le terrain a porté ses fruits. Le Kosovo a par exemple obtenu des résultats dans la lutte contre la corruption et le crime organisé.

Deux femmes de l'armée suisse regardent une carte sur le capot d'une jeep.
L'Armée suisse participe à la Kosovo Force (KFOR) depuis 1999 avec la SWISSCOY et a déployé depuis 2010 des équipes de liaison et de surveillance (LMT). Ces équipes d'observation servent à la KFOR de système d'alerte précoce pour les changements de situation potentiels. © DDPS

L'accord concernant la voie de la normalisation des relations entre le Kosovo et la Serbie est une étape dont il faut se féliciter. Il s'agit à présent de s'appuyer sur cette dynamique positive et de mettre pleinement en œuvre les engagements pris entre les deux parties. La situation sécuritaire reste tendue, en particulier dans le nord du Kosovo. La Suisse déplore les actions et les déclarations qui conduisent à de nouvelles tensions et appelle les parties à s'efforcer de parvenir à la réconciliation et à une paix durable. Elle condamne les incidents interethniques au Kosovo qui nuisent à l'instauration d'un climat de confiance. Dans ce contexte, la Force pour le Kosovo (KFOR), à laquelle la Suisse contribue avec un contingent militaire, continue de jouer un rôle important en tant que garante d'un environnement stable et sûr au Kosovo. 

Déclaration de la Suisse au Conseil de sécurité de l'ONU sur la situation au Kosovo

24.04.2024 – Débat ouvert lors de la journée du multilatéralisme

Lors d'un débat ouvert le 24 avril, le Conseil de sécurité de l'ONU a discuté de l'efficacité du multilatéralisme. C'est précisément dans une période de crises multiples que le multilatéralisme doit être renforcé et focalisé. La communauté internationale doit concentrer ses forces sur les grandes questions qui ne peuvent pas être résolues de manière isolée, comme le changement climatique, les pandémies ou l'extrême pauvreté, les crises économiques mondiales ou les menaces de guerre.

Des drapeaux nationaux flottent au vent devant le siège de l'ONU à New York.
La confiance dans le système des Nations Unies et au sein du système est essentielle pour la mise en œuvre des principes de la Charte de l’ONU. © UN Photo

La base du système multilatéral est la Charte des Nations Unies, adoptée en juin 1945, peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale. L'expansion territoriale par la force - autrefois privilège des grandes puissances militaires et moyen légitime de politique étrangère - a été interdite par la Charte. «La Suisse est convaincue qu’un multilatéralisme efficace demeure la seule façon de réaliser la vision d’un monde pacifique et juste. D’un monde où règne la force de la loi et non la loi du plus fort et où la dignité humaine est toujours respectée. Un monde, enfin, dans lequel l’ensemble de la population profite du progrès social et économique», a déclaré à New York Pascale Baeriswyl, ambassadrice suisse à l'ONU.

L'impact de la Charte de l'ONU n'a cependant d'égal que la volonté de la communauté internationale de la mettre en œuvre. Et cette volonté fait trop souvent défaut. Les principes de la Charte ne sont pas un menu à la carte. «Nous appelons au respect inconditionnel du droit international par tous les acteurs, en toutes circonstances. Et nous appelons au courage pour enfin sérieusement engager des réformes du système multilatéral, y compris de ce Conseil, afin de rétablir la confiance dans et au sein de ce système», a souligné Mme Baeriswyl au Conseil de sécurité.

18.04.2023 – Aperçu de la présidence suisse du Conseil de sécurité de l'ONU

En mai 2023, la Suisse assurera la présidence du Conseil de sécurité de l’ONU. Cette fonction est encadrée par des règles. Elle sert avant tout à garantir le bon déroulement des travaux du Conseil pour que celui-ci puisse prendre des décisions. La présidence est assurée à tour de rôle par les membres du Conseil de sécurité, suivant l’odre alphabétique anglais des noms des États. 

Le pays qui préside le Conseil dirige les séances et représente le Conseil en cas de besoin vis-à-vis de l’extérieur et des autres organes de l’ONU tels que l’Assemblée générale. Pendant ce mois de présidence, la Suisse aura l’opportunité de mettre en avant les priorités thématiques qu’elle a définies pour son mandat au Conseil de sécurité de l’ONU en 2023-2024 et de donner des impulsions à l’action du Conseil

Article: Présidence suisse du Conseil de sécurité de l’ONU

30.03.2023 – Initiative «Silencing the Guns» en Afrique : moins d'armes, des institutions fortes, le dialogue et la prise en compte des conséquences du changement climatique

Dans le cadre d'un débat ouvert, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est penché le 30 mars sur l'initiative «Silencing the Guns in Africa» de l'Union africaine (UA) – une association d'Etats africains. Elle vise à mettre fin à toutes les guerres, conflits et violences basées sur le genre sur le continent africain.

La Suisse soutient les efforts pour une paix durable en Afrique. L'initiative est ambitieuse et doit faire face à de nombreux défis. «Malheureusement, les armes parlent encore trop fort en Afrique, mais aussi dans d’autres régions du monde. La prolifération illicite des armes légères et de petit calibre, ainsi que de leurs munitions, continue de semer la violence, de menacer la paix, de déchirer le tissu social et d’entraver le développement», a déclaré Adrian Hauri, ambassadeur suppléant de la Suisse auprès de l'ONU, au Conseil de sécurité de l'ONU.

Une sculpture en fer en forme de pistolet avec un bouton dans le canon se trouve devant le siège de l'ONU à New York.
Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est penché sur l'initiative «Silencing the Guns» de l'Union africaine, qui vise à mettre fin à toutes les guerres et à tous les conflits sur le continent africain. © UN Photo/Rick Bajornas

Dans ce contexte, la Suisse a souligné au Conseil quatre domaines qui peuvent contribuer à la réussite de «Silencing the Guns». Premièrement, l'offre et la demande d'armes doivent être réduites. Il est essentiel de prendre en compte les facteurs politiques, économiques et sociaux dans la prévention de la violence et des conflits, ainsi que le respect du droit international. Deuxièmement, les institutions locales doivent être renforcées afin qu'elles puissent fournir des services publics durables, ce qui renforcera la confiance de la population dans les structures étatiques. Troisièmement, le lien entre le changement climatique et les conflits doit être pris en compte dans les activités humanitaires et de paix ainsi que dans la coopération au développement. Il est urgent que les États concernés puissent réduire leur vulnérabilité aux chocs climatiques afin de contribuer à la paix et à la sécurité. Quatrièmement, le dialogue entre les parties en conflit est essentiel pour désamorcer les tensions avant que la violence n'éclate et pour résoudre les conflits existants. Un tel dialogue doit systématiquement impliquer les femmes et les jeunes. Conformément à sa tradition de médiation et de bons offices, la Suisse continue de s'engager à mettre à disposition des plateformes de dialogue.

Les armes ne se tairont pas tant qu'elles sembleront plus accessibles qu’un emploi ou une place de formation.
Adrian Hauri, Ambassadeur suppléant de la Suisse auprès de l'ONU à New York

«Les armes ne se tairont pas tant qu'elles sembleront plus accessibles qu’un emploi ou une place de formation. Nos efforts de paix doivent aller de pair avec des efforts visant à instaurer la confiance, à renforcer les institutions et l'État de droit, à promouvoir la cohésion sociale, à faire respecter les droits de l’homme et le droit international humanitaire, et à créer des perspectives économiques, particulièrement pour les jeunes», a souligné M. Hauri à New York.

Déclaration de la Suisse au Conseil de sécurité de l'ONU: «Silencing the Guns in Africa», 30.03.2023

27.03.2023 – Investigations Nord Stream

Le 26 septembre 2022, les gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2 ont été endommagés par plusieurs engins explosifs. Le motif et l'auteur des actes de sabotage restent inconnus. Le Conseil de sécurité de l'ONU a rejeté le 27 mars 2023 une résolution présentée par la Russie demandant une enquête de l'ONU afin de déterminer les auteurs des actes de sabotage. 

Carte de la mer Baltique et de la mer du Nord montrant le tracé des gazoducs Nord Stream.
Le motif et l'auteur des actes de sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2 restent inconnus. © DFAE

En principe, les enquêtes de l'ONU peuvent apporter une valeur ajoutée, par exemple lorsqu'il n'existe pas d'enquêtes nationales crédibles menées par les autorités compétentes. Dans le cas concret, des enquêtes sont déjà en cours au Danemark, en Allemagne et en Suède. La Suisse estime qu'il est plus approprié d'attendre les résultats de ces enquêtes, tout en s'engageant à ce que les actes de sabotage soient rapidement élucidés. La Suisse s'est donc abstenue lors du vote. 

22.03.2023 – L'accès à l'eau doit être garanti en permanence, même en temps de guerre

A l'initiative de la Suisse et du Mozambique, tous deux membres élus, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est penché sur la protection de l'accès à l'eau et aux infrastructures sanitaires en cas de conflit armé. La réunion informelle a eu lieu le 22 mars à l'occasion de la Journée mondiale de l'eau. Cette thématique constitue un pilier central de la protection des populations civiles dans les conflits armés. 

«L’eau est essentielle à toute vie sur terre et l’accès à l’eau est un droit fondamental. Il doit être garanti en tout temps, y compris en temps de guerre», a souligné Christian Frutiger, vice-directeur et chef de la division Coopération thématique de la DDC, participant au nom du conseiller fédéral Cassis, au Conseil de sécurité. Malgré les obligations existantes en matière de droit international humanitaire, qui sont également reflétées dans plusieurs résolutions du Conseil de sécurité, les installations hydrauliques continuent d'être détruites ou endommagées lors de conflits armés.

Des femmes et des enfants yéménites attendent de remplir des bidons d'eau à partir d'une source.
Comme dans d'autres régions en conflit dans le monde, une grande partie de la population civile au Yémen souffre d'un manque de services et de ressources de base – y compris le manque d'accès à l'eau potable. © Keystone

Aujourd'hui, près de deux milliards de personnes sont menacées de pénurie d'eau suite à un conflit. Cela implique non seulement l'absence d'eau pour les populations et l'agriculture, mais aussi la propagation de maladies infectieuses telles que le choléra en raison du manque d'hygiène. C'est pourquoi la Suisse a souligné au Conseil de sécurité que le droit international humanitaire doit absolument être respecté et appliqué partout. En effet, le droit international humanitaire protège en principe les infrastructures d'eau en tant qu'objet civil. Il interdit en outre d'attaquer, de détruire et de rendre inutilisables des biens indispensables à la survie de la population civile, tels que les installations et les réserves d'eau potable et les systèmes d'irrigation.

Une infrastructure d'eau fonctionnelle est également essentielle à la consolidation d'une paix durable après les hostilités. L'absence de telles structures empêche la reprise des activités économiques et sociales dans des zones déjà gravement touchées par la guerre. L'instabilité persiste et il existe un risque élevé de voir les anciennes tensions se raviver. La réunion a également mis en lumière les effets négatifs du changement climatique en tant que facteur aggravant pour la protection des services et des infrastructures liés à l'eau dans les conflits armés. C'est pourquoi la Suisse, dans son intervention au Conseil de sécurité, a également mis l'accent sur le rôle central de la prévention, de la reconstruction et du soutien de la communauté internationale aux États et régions touchés par les conflits.

«Les défis actuels en matière d’accès, de gestion et de gouvernance des eaux sont multiples et exigent des solutions multilatérales», a souligné M. Frutiger à New York. Pour cette raison, la Suisse s'engage à ce que ce thème soit inscrit durablement dans les priorités de l'ONU.

Déclaration de la Suisse sur la protection de l'accès à l'eau et aux infrastructures sanitaires dans les conflits armés

Newsticker: Participation suisse à la Conférence de l'ONU sur l'eau, 22-24 mars 2023

Blue Peace: l’eau, un instrument de paix, DDC

16.03.2023 – Le Conseil de sécurité de l'ONU prolonge la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan

Le 16 mars, le Conseil de sécurité de l’ONU a prolongé à l'unanimité le mandat de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) pour 12 mois. En tant que membre du Conseil, la Suisse a soutenu cette résolution. La MANUA fournit une assistance humanitaire et des bons offices en Afghanistan, protège et promeut les droits de l'homme, soutient l'égalité des sexes et protège les enfants touchés par les conflits armés. La mission est également chargée de promouvoir le développement et la gouvernance en Afghanistan, notamment l'état de droit. Ces thèmes occupent une place centrale dans la politique étrangère de la Suisse. Sur le terrain, la Suisse s'engage avec des organisations partenaires telles que l'ONU, le CICR et des ONG pour réduire les souffrances humaines.

Le Conseil de sécurité a également adopté à l'unanimité une résolution qui mandate une évaluation indépendante de la situation en Afghanistan pour assurer une approche cohérente des acteurs politiques, humanitaires et de développement. Une stratégie politique commune est particulièrement importante vu la gravité du contexte. La Suisse attend de cette évaluation que les voix des femmes et de la société civile soient prises en compte.

Dans un paysage montagneux aride d'Afghanistan, quatre filles et un garçon marchent le long d'une crête.
L'avenir de la société afghane ne peut pas se passer des femmes et des filles. Au Conseil de sécurité de l'ONU, la Suisse appelle à leur participation à la vie publique et aux processus politiques. © Keystone

L'Afghanistan est confronté à de nombreuses crises qui se renforcent mutuellement et qui ont plongé le pays dans une profonde insécurité. La chute du gouvernement à l'été 2021 a encore aggravé la situation – en particulier pour les femmes et les filles. La liste des incidents violents à leur encontre est longue. Elle comprend notamment des meurtres, des crimes d’honneurs et des mariages forcés. L‘accès des femmes et des filles à l'éducation et au travail est pratiquement inexistant, surtout depuis les décrets imposés par les talibans fin 2022, qui ont encore restreint davantage leurs droits. La Suisse demande aux talibans de revenir sur ces décrets.

La Suisse salue la prolongation du mandat de la MANUA, car ses activités sont vitales pour le peuple afghan. Deux domaines sont essentiels pour la Suisse.  D'une part, l'ensemble de la société afghane, en particulier les femmes, les filles et les minorités ethniques, doit pouvoir participer à la vie publique sans crainte de représailles. Cela est essentiel pour le développement économique et social ainsi que pour une paix durable en Afghanistan. D'autre part, les besoins de la population civile sont immenses. Plus de 28 millions de personnes dans le pays dépendent de l'aide humanitaire pour leur survie. Il faut non seulement trouver des solutions rapides, mais aussi poursuivre le soutien à long terme, notamment pour remédier à l’insécurité alimentaire. Pour que ces efforts soient couronnés de succès, il faut que les talibans reconnaissent le rôle clé des femmes dans la société, l'économie et la politique afghanes.

Déclaration de la Suisse au Conseil de sécurité de l'ONU sur la situation en Afghanistan

Afghanistan: les femmes interdites de travailler pour des ONG – Inquiétude du DFAE

Afghanistan, DDC

15.03.2023 – Paix fragile au Soudan du Sud: le Conseil de sécurité de l'ONU prolonge le mandat de la mission de paix

Le 15 mars, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution prolongeant d'un an le mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS). Au sein du Conseil de sécurité, la Suisse a soutenu cette résolution afin que la mission soit toujours prête à relever les défis qui se posent dans le pays. Le mandat correspond en outre à ses priorités en tant que membre du Conseil, à savoir protéger la population civile, promouvoir une paix durable et agir pour la sécurité climatique. Après des décennies de conflit, le Soudan du Sud a obtenu son indépendance du Soudan en 2011. Lorsque le nouveau gouvernement s'est effondré en 2013, le jeune État est tombé dans la spirale de la guerre civile, qui a pris fin au niveau national en 2018 avec un accord de paix. Des centaines de milliers de personnes ont été victimes de la guerre et des millions ont été déplacées, dont plus de la moitié sont des femmes et des enfants.

Cette paix est donc fragile. La mise en œuvre de l'accord de paix progresse lentement. La formation d'un gouvernement de transition en février 2020 n'a accéléré ce processus que de façon négligeable. Au niveau infranational, la violence reste malheureusement à l'ordre du jour. «Pour réduire la violence et renforcer la coexistence pacifique, il est essentiel de mener des dialogues de paix au sein de la population. Ces dernières années, la Suisse a collaboré avec le Conseil des Eglises du Soudan du Sud pour soutenir de tels dialogues, que la MINUSS encourage également», a déclaré Pascale Baeriswyl, ambassadrice suisse auprès de l'ONU, au Conseil de sécurité de l'ONU. L'année prochaine, il y aura des élections et la fin de la période de transition, ce qui implique d'autres défis.

Un convoi de véhicules blindés blancs de l'ONU roule sur une route de terre.
La MINUSS a un effet stabilisateur au Soudan du Sud et joue un rôle essentiel dans la mise en œuvre de l'accord de paix et dans le développement d'institutions étatiques démocratiques. © UN Photo

Touché par le conflit et une grave insécurité alimentaire, le pays connaît une crise humanitaire massive. «Cette crise est exacerbée par les effets du changement climatique, qui aggrave les conséquences du conflit. Nous encourageons le gouvernement sud-soudanais à relever ces défis avec le soutien de la MINUSS», a souligné Mme Baeriswyl à New York. C'est pourquoi la Suisse s'est également engagée, lors des négociations du mandat, à ce que le Secrétaire général de l'ONU fasse désormais référence aux risques liés aux effets du changement climatique dans son rapport sur la MINUSS au Conseil de sécurité. Le mandat mentionne également l'objectif de l'ONU d'utiliser davantage d'énergies renouvelables dans les opérations de maintien de la paix afin d'accroître leur utilisation responsable des ressources naturelles. En tant que coprésidente du groupe informel d'experts du Conseil sur le climat et la sécurité, la Suisse s'engage également sur cette thématique dans un cadre plus large.

Les tâches de la MINUSS comprennent la protection des civils, le soutien logistique à l'aide humanitaire, l'appui à la mise en œuvre de l'accord de paix, la promotion du droit international humanitaire et le renforcement des droits de l'homme. 2023 sera une année importante pour préparer la fin de la période de transition.

Une paix fragile, article d'actualité

UNMISS, déclaration de la Suisse au Conseil de sécurité de l'ONU

07.03.2023 – Les femmes jouent un rôle clé dans la réalisation d'une paix durable

Le 7 mars, le président de la Confédération Alain Berset s'est également exprimé pour la première fois au Conseil de sécurité de l'ONU dans le cadre de sa participation à la 67e session de la Commission de la condition de la femme (CSW) de l'ONU. Le thème «Femmes, paix et sécurité» a été au centre du débat ouvert du Conseil. Le président de la Confédération a souligné l'importance de la participation des femmes à la prise de décision politique et aux processus de paix. Il a fait référence à son voyage au Mozambique en février 2023: «Les femmes s’investissent pour la paix, aussi bien au sein de leurs communautés qu’au niveau national. Elles contribuent ainsi à bâtir un avenir politique et économique juste et égalitaire pour leur pays.»

Le président de la Confédération Alain Berset s'exprime à la table en fer à cheval du Conseil de sécurité de l'ONU à New York.
Le président de la Confédération Alain Berset a souligné l'importance des femmes pour une paix durable lors de son discours au Conseil de sécurité de l'ONU. © ONU

L'agenda «Femmes, paix et sécurité» a été adopté par le Conseil de sécurité de l'ONU en 2000: La résolution 1325 et ses résolutions subséquentes reconnaissent le rôle des femmes dans tous les efforts visant à établir une paix durable et appellent à la protection des droits des femmes. Aujourd'hui encore, dans les situations de conflit, les femmes sont souvent les premières cibles de la violence, des discours de haine, des menaces, des représailles et des agressions sexuelles – cela se produit de plus en plus souvent dans l'espace virtuel.

La mise en œuvre de l'agenda doit encore être renforcée au niveau mondial. Berset a invité le Conseil à prendre des mesures concrètes pour relever ces défis: «Il faut désormais allier les paroles à des actes concrets en termes de budget, de personnel et de politique. C’est une condition pour que les femmes puissent s’exprimer et contribuer à une paix durable – en toute sécurité, librement et sans peur de représailles.»

Déclaration du président de la Confédération Berset au Conseil de sécurité de l'ONU

Commission de la condition de la femme des Nations Unies: la Suisse rappelle l’importance du numérique pour l’égalité, communiqué de presse, 06.03.2023

24.02.2023 – Conseil de sécurité de l’ONU: Ignazio Cassis appelle au respect des Conventions de Genève et au retrait des forces russes d’Ukraine

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis a participé le 24 février 2023 à un débat de haut niveau du Conseil de sécurité de l'ONU à New York. Le chef du DFAE a appelé au retrait des forces armées russes présentes depuis une année sur le territoire souverain ukrainien, ainsi qu’au respect des Conventions de Genève. Il a également appuyé l’engagement de la Suisse en faveur de la résolution pacifique du conflit. 

«Après un an de guerre, nous devons mettre nos forces, nos idées et nos moyens en commun pour rétablir le sentiment de sécurité en Europe et assurer le retour à une paix complète, juste et durable en Ukraine» a déclaré Ignazio Cassis devant le Conseil de sécurité de l’ONU.

En tant qu’Etat neutre permanent, la Suisse respecte pleinement ses obligations découlant du droit de la neutralité. Elle ne privilégie aucun des belligérants sur le plan militaire. Toutefois, comme l’a rappelé Ignazio Cassis, «la neutralité ne signifie pas l'indifférence face aux violations du droit international». Pour le chef du DFAE «La Suisse est prête à tout moment à réunir tout le monde autour d'une table. Afin de travailler pour un meilleur respect du droit international humanitaire et, finalement, pour la paix».

Pendant son séjour à New York, le conseiller fédéral Cassis a participé virtuellement à une séance spéciale du Conseil permanent de l'OSCE à Vienne sur le thème de l'Ukraine. © DFAE

23.02.2023 – Assemblée générale de l’ONU: Le conseiller fédéral Ignazio Cassis dénonce l’agression russe et appelle à une solution de paix durable en Ukraine

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis est présent au siège des Nations unies à New York en cette fin de semaine, un an après le déclenchement de la guerre en Ukraine. Il participe à une session extraordinaire d’urgence de l’Assemblée générale, ainsi qu’à un débat au sein du Conseil de sécurité. L’occasion pour le chef du DFAE de rappeler la condamnation ferme par la Suisse de l’agression russe toujours en cours contre l’Ukraine. Et d’appeler à la cessation immédiate du conflit et au retrait des troupes armées russes du territoire souverain ukrainien.

Le conseiller fédéral Cassis se tient au pupitre et prend la parole. Au premier plan, on peut voir le logo de l'ONU.
Le conseiller fédéral Cassis s'exprime devant l'Assemblée générale de l'ONU. © DFAE

L'Assemblée générale de l'ONU a adopté une résolution à une grande majorité (141 voix), en présence du conseiller fédéral Ignazio Cassis. Celle-ci demande aux Etats et organisations internationales d'accroître leur soutien aux efforts diplomatiques visant à instaurer une paix complète, juste et durable en Ukraine, conformément à la Charte de l'ONU, et à la Russie de retirer ses troupes du territoire ukrainien.

« Avec la résolution d’aujourd’hui, notre objectif intention est d’envoyer un message fort de paix et de respect des principes qui nous unissent » a déclaré Ignazio Cassis devant l’Assemblée générale. Ce nouveau texte appelle les Etats membres de l'ONU et les organisations internationales à accroître leur engagement en faveur de la paix. Un signal clair envoyé par la communauté internationale à la Russie selon le chef du DFAE, qui souligne au passage son appel à toute la communauté internationale « à œuvrer main dans la main en vue d’un règlement pacifique de ce conflit ».

Discours du conseiller fédéral Ignazio Cassis 

Communiqué

14.02.2023 – La montée du niveau des mers menace la paix et la sécurité dans le monde

«Les faits sont clairs: notre planète se réchauffe, provoquant la montée des eaux et la fonte des glaciers. La Suisse est au premier rang pour observer ce dernier phénomène», a déclaré Thomas Gürber, secrétaire d'Etat adjoint du DFAE et chef de la division ONU lors d'une réunion au Conseil de sécurité de l'ONU. Ce débat été organisé par Malte qui préside le Conseil en février 2023. 

La montée des eaux et des inondations plus fréquentes en raison au changement climatique menacent les infrastructures dans les zones côtières. De plus, la production agricole, la sécurité alimentaire et l'habitat sont menacés par l'érosion des sols et la salinisation. En conséquence, certaines régions deviennent inhabitables, obligeant des millions de personnes à s’exiler à l’intérieur de leur pays ou à le fuir. Cette problématique demande une réponse de l'ensemble du système onusien et donc du Conseil de sécurité. «Le Conseil de sécurité a un rôle clé à jouer. Il doit faire face à l’un des plus grands risques contemporains pour l’humanité», a souligné Thomas Gürber. 

Thomas Gürber s'exprime à la table en fer à cheval du Conseil de sécurité de l'ONU à New York.
Thomas Gürber, secrétaire d'État adjoint du DFAE, s'exprime au Conseil de sécurité de l'ONU sur l'impact de l'élévation du niveau de la mer sur la paix et la sécurité internationales. © UNO

Les déplacements de population dus à l'élévation du niveau de la mer ont le potentiel d'exacerber les conflits entre communautés. La Suisse s'engage au sein du Conseil de sécurité de l'ONU pour contrer les effets négatifs du changement climatique sur la paix et la sécurité dans le monde. Le secrétaire d'État adjoint a demandé au Conseil d'intégrer davantage les effets du changement climatique dans ses activités et dans les mandats des missions de maintien de la paix.

«Les impacts du changement climatique et l’élévation du niveau de la mer se font déjà sentir aujourd’hui, de manière différenciée en fonction des contextes. Ces effets nous concernent tous», a souligné M. Gürber à New York. La politique étrangère de la Suisse est active dans ce domaine depuis des années. Elle a ainsi lancé l'initiative Nansen en 2012 avec la Norvège et la «Plateforme sur le déplacement lié aux catastrophes naturelles», basée à Genève, en 2015. L’objectif de cette plateforme est d'améliorer la protection des personnes contraintes de fuir leur pays en raison de catastrophes naturelles et des conséquences négatives du changement climatique. 

Déclaration de la Suisse lors du débat ministériel au Conseil de sécurité de l'ONU sur la montée du niveau des mers, 14.02.2023

13.02.2023 – La Suisse s'engage au Conseil de sécurité de l'ONU pour un accès humanitaire rapide à la population civile syrienne après le séisme

En tant que corédactrice au Conseil de sécurité de l'ONU pour le dossier humanitaire syrien, la Suisse et le Brésil ont demandé une réunion suite au tremblement de terre catastrophique qui a frappé la Turquie. Celui-ci a également touché le nord de la Syrie, où la situation humanitaire était déjà extrêmement préoccupante avant le séisme. Lors de cette réunion, Martin Griffiths, le coordinateur des secours d'urgence de l'ONU, a informé le Conseil de sécurité de la situation dans la zone du séisme et des besoins humanitaires sur place.

A l'issue de la réunion, face aux médias, la Suisse et le Brésil ont appelé tous les acteurs à fournir un accès humanitaire rapide, sans entrave et durable aux populations civiles touchées en Syrie. Jusqu'à présent, l'ONU - s'appuyant sur une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU - ne pouvait fournir une aide transfrontalière à la Syrie que par le passage de «Bab al Hawa». La Suisse et le Brésil ont été encouragés par la décision annoncée hier par la Syrie d'ouvrir deux autres points de passage. Les corédacteurs ont également rappelé à cette occasion qu'ils restaient prêts à faciliter une éventuelle décision nécessaire du Conseil de sécurité.

La Suisse est en contact étroit avec les acteurs humanitaires sur le terrain ainsi qu'avec OCHA, l’organisation de coordination de l’ONU, et d'autres organisations onusiennes. Dans son action en tant que corédactrice, elle est guidée par les évaluations de ces acteurs humanitaires. Les besoins humanitaires de la population civile touchée sont au centre de ses préoccupations.

Newsticker: Tremblements de terre en Turquie et en Syrie

13.02.2023 – Protection, réintégration et éducation des enfants dans les conflits armés

Le 13 février 2023, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est penché sur la question des enfants dans les conflits armés. Les conflits violents ont un impact catastrophique sur les enfants et les jeunes dans le monde entier. Des millions d'enfants et d'adolescents en sont victimes et sont privés de perspectives d'avenir.

La thématique des enfants dans les conflits armés est étroitement liée aux priorités de la Suisse au Conseil de sécurité, à savoir «protéger les civils» et «construire une paix durable». Au sein du Conseil et dans sa politique étrangère, la Suisse poursuit trois types d'action pour atténuer les conséquences des conflits sur les enfants. «Ce Conseil a développé de nombreux outils pour prévenir les violations graves. Pour qu’ils conservent leur effet dissuasif, il faut préserver leur indépendance, leur impartialité et leur crédibilité», a déclaré l'ambassadrice suisse à l'ONU Pascale Baeriswyl au Conseil de sécurité à New York. 

Des enfants africains aux visages peints dansent.
D'anciens enfants soldats exécutent une danse dans le cadre d'un programme de musicothérapie en Ouganda. Le soutien psychosocial est un pilier important pour surmonter les traumatismes de guerre. © Keystone

Premièrement, la Suisse s'engage pour que les enfants soient mieux protégés dans les conflits. Elle le fait notamment en soutenant un système des Nations Unies qui documente les violations graves dans les conflits armés. Le groupe de travail du Conseil de sécurité de l'ONU sur les enfants et les conflits armés les examine et fait des recommandations sur les mesures possibles pour mieux protéger les enfants. Deuxièmement, pour qu'une paix durable ait une chance d'être instaurée, les enfants doivent être réintégrés dans la société après leur participation à un conflit armé. La Suisse encourage la transition vers la vie civile, en offrant aux enfants concernés non seulement un lieu de vie sûr, mais aussi un soutien psychosocial et des possibilités d'éducation et d'emploi. Troisièmement, la Suisse s'engage à ce que les enfants et les jeunes aient accès à l'éducation malgré les conflits. L'éducation permet aux enfants de réaliser leur plein potentiel, de développer leurs compétences et de retrouver un sentiment de normalité et de sécurité.

«En nous mobilisant pour que les enfants aient accès à l’éducation et soient réintégrés dans la société à l’issue d’un conflit, nous participons à l’instauration d’une paix et d’une prospérité durables», indique Simon Geissbühler, ambassadeur, chef de la Division Paix et droits de l’homme au DFAE.

Quand la guerre supplante l’école, article

09.02.2023 – La lutte contre le terrorisme nécessite une approche globale

Le 9 février, le Conseil de sécurité de l'ONU a abordé la question de l’impact du terrorisme sur la paix et la sécurité internationales. Au sein du Conseil, la Suisse a fermement condamné toutes les formes d'activités terroristes. En effet, le terrorisme – en particulier l'État islamique et les groupes sympathisants en Afrique et en Asie centrale – constitue une menace tant pour les individus que pour la stabilité, la paix et la prospérité internationales. Le terrorisme ne connaît pas de frontières ou de nationalités et constitue un défi que la communauté internationale doit relever ensemble. La lutte contre le terrorisme doit toutefois être menée par des moyens conformes à l'État de droit, dans le respect des droits de l'homme et du droit international humanitaire.

La Suisse n'a pas été épargnée par les actes terroristes. Cela montre que la menace terroriste est devenue plus diffuse, surtout en Europe, au cours des dernières décennies. Elle est généralement le fait d'individus radicalisés.

Des blocs de béton bloquent une rue de la capitale suisse, Berne. Derrière, un marché accueille de nombreuses personnes.
Des blocs de béton pour se protéger d'un attentat avec un véhicule témoignent également, lors du traditionnel «Zibelemärit» à Berne, de la persistance de la menace terroriste dans le monde. © Keystone

Chaque menace terroriste a ses propres causes profondes et sa propre dynamique de radicalisation et de violence. Pour combattre cette menace dans son essence et agir de manière préventive, les solutions doivent être adaptées au contexte spécifique de l'État concerné, en tenant compte des différents besoins de la société, afin de prévenir la radicalisation et l'extrémisme violent qui peut conduire au terrorisme. Les femmes et les jeunes peuvent jouer un rôle important à cet égard. «La lutte contre le terrorisme ne peut être couronnée de succès que si nous examinons la situation dans son ensemble, en prenant en compte tous les facteurs qui conduisent à la radicalisation et à la violence. Ainsi, nous ne pouvons réussir que si nous nous conformons à l'état de droit», a souligné Riccarda Chanda, cheffe adjointe de la mission permanente de la Suisse auprès des Nations unies à New York, au Conseil de sécurité.

Déclaration de la Suisse sur la menace que le terrorisme fait peser sur la paix et la sécurité internationales, Conseil de sécurité de l'ONU, 09.02.2023

01.02.2023 – Paix et sécurité pour des millions de personnes en Afrique de l’Ouest et au Sahel

Le Conseil de sécurité de l’ONU a prolongé de trois ans le mandat du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS). Cette mission déploie ses activités dans 16 pays de la région. En Afrique de l’Ouest et dans la région du Sahel, des millions de personnes font face à de multiples défis complexes qui menacent la sécurité dans la région. L’engagement de l’UNOWAS revêt donc une importance cruciale.

La Suisse endosse avec le Ghana le rôle de corédacteur (co-penholder) et apporte à ce titre son expertise dans les débats du Conseil de sécurité. Elle s’engage depuis longtemps pour la paix et le développement dans la région du Sahel, et poursuit les mêmes objectifs que l’UNOWAS. Il s’agit notamment de protéger la population civile, de promouvoir une paix durable et d’atténuer les effets négatifs du changement climatique sur la sécurité. 

La prévention des conflits et la promotion de la stabilité dans les pays concernés nécessitent une approche globale. La Suisse défend cette position au sein du Conseil de sécurité, mais aussi en tant qu’acteur sur le terrain. La sécurité climatique et la prévention de l’extrémisme violent sont les principaux axes de travail.

Les sécheresses et les inondations, intensifiées par le changement climatique, menacent les moyens de subsistance de nombreuses personnes, qui sont parfois contraintes de quitter leur foyer. Cette situation renforce en outre le potentiel de conflit. Au sein du Conseil de sécurité, la Suisse se mobilise aussi pour que la gestion de ces phénomènes soit intégrée dans les réflexions visant à trouver des solutions pour la région. Sur place, elle renforce la capacité de résistance des populations locales et s’engage pour la préservation des ressources naturelles. En outre, elle agit pour accroître la participation des femmes aux processus de décision politique.

La prévention de l’extrémisme violent est un facteur important pour assurer une sécurité durable en Afrique de l’Ouest et dans la région du Sahel. En collaboration avec des partenaires régionaux et l’UNOWAS, la Suisse a lancé en 2016 l’initiative «Conversations régionales pour la prévention de l'extrémisme violent au Sahel-Sahara». Plus de 1000 personnes participent régulièrement à ces échanges. Les approches préventives, la mise en réseau des acteurs régionaux et les alternatives positives à l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest et dans la région du Sahel sont au cœur du projet. La prochaine table ronde aura lieu fin février 2023 à Dakar. Carol Mottet, de la division Paix et droits de l’homme, donne son éclairage sur la situation dans un entretien.

Entretien: Suisse-UNOWAS: un partenariat gagnant

30.01.2023 – La Suisse s'engage au Conseil de sécurité de l'ONU pour une solution juste de la question chypriote

Le Conseil de sécurité de l'ONU a prolongé aujourd'hui à l'unanimité le mandat de la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP).

En 1960, la République de Chypre est devenue indépendante. Après l'éclatement de la violence entre les communautés chypriotes turque et grecque sur l'île, le Conseil de sécurité a établi l'UNFICYP en 1964. L'UNFICYP contribue déjà depuis des décennies à la stabilisation sur place. La situation s’est dégradée en 1974 lorsque la Turquie a occupé la partie nord de l'île. Bien qu'un cessez-le-feu ait été conclu, le pays reste aujourd'hui encore divisé, sans accord formel. L'UNFICYP maintient une zone tampon entre les troupes des deux camps. Cette mesure vise à créer les conditions d'une solution politique. L'ONU a également maintenu le dialogue politique – par exemple au Bürgenstock (2004), au Mont Pèlerin (2016) et à Crans-Montana (2017). Mais aucune percée décisive n'a encore été réalisée.

L'UNFICYP maintient une zone tampon entre les troupes des deux camps. Cette mesure vise à créer les conditions d'une solution politique.
L'UNFICYP maintient une zone tampon entre les troupes des deux camps. Cette mesure vise à créer les conditions d'une solution politique. © Keystone

En tant qu'État hôte des négociations, la Suisse suit donc de près et de longue date le conflit chypriote. Elle apporte également un soutien financier aux institutions sur place, comme le Comité des personnes disparues. En tant que membre du Conseil de sécurité, la Suisse a participé aux négociations sur le renouvellement du mandat de l'UNFICYP. La Suisse s'engage au sein du Conseil de sécurité en faveur d'une solution durable, globale et juste pour les deux parties au conflit. Conformément aux résolutions du Conseil de sécurité, cette solution doit s'appuyer sur le principe d'une fédération bicommunautaire et bizonale. La Suisse soutient en particulier la nomination d'un envoyé ou d’une envoyée des Nations Unies pour accompagner étroitement le processus vers un règlement du conflit juste et durable. En outre, la Suisse continue à proposer ses services comme État hôte des pourparlers de réunification. 

25.01.2023 – La Cour pénale internationale donne une voix aux victimes et aux survivants au Soudan

Lors de sa réunion du 25 janvier 2023, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est penché sur le conflit non résolu à ce jour dans la région soudanaise du Darfour. En 2003, plusieurs groupes ethniques de l'ouest du Soudan se sont soulevés contre le gouvernement du dictateur Omar el-Béchir, renversé en 2019. En tentant de réprimer ces protestations, environ 300’000 civils ont été tués et 2,5 millions de personnes ont été déplacées, selon les données de l'ONU. Peu après, le Conseil de sécurité de l'ONU a estimé que la situation au Soudan constituait une menace pour la paix et la sécurité internationales. Aujourd'hui encore, la région est en conflit. 

En 2005, le Conseil de sécurité a chargé la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye d'enquêter sur le génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis au Darfour afin que les responsables – dont el-Béchir – rendent des comptes. «Ce procès donne une voix aux victimes et aux survivants. Il souligne une nouvelle fois le rôle de prévention et de réconciliation joué par la CPI: la Cour représente un vecteur de paix et de sécurité et partage ainsi l’essence même du mandat de ce Conseil», a déclaré l'ambassadrice suisse à l'ONU Pascale Baeriswyl au Conseil de sécurité.

Des drapeaux du Soudan sont brandis lors d'une manifestation.
Même après la chute en 2019 de l'ex-président Omar el-Béchir, recherché pour génocide, la situation dans la région soudanaise du Darfour reste tendue. © Keystone

La Suisse est, avec le Japon, le point focal du Conseil de sécurité pour les questions relatives à la Cour pénale internationale. La CPI est une institution centrale pour le traitement des conflits violents, afin de promouvoir les bases de la réconciliation et donc d'une paix durable. C'est pourquoi la Suisse a joué un rôle important dans la création de la CPI en 2001. «Afin que la CPI puisse exercer son mandat de manière efficace, indépendante et impartiale, elle dépend de notre assistance à tous. En ce sens, nous invitons tous les États membres de l’ONU à respecter les obligations de coopération qui leur incombent», a souligné Mme Baeriswyl. La Suisse s'engage en faveur d'une interaction efficace entre la CPI et les organes de l'ONU tels que le Conseil de sécurité, afin de rendre justice aux victimes d'actes de violence dans les conflits par le biais d'un traitement pénal et de lutter contre l'impunité des auteurs de ces actes.

Déclaration de la Suisse au Conseil de sécurité de l'ONU sur l'engagement de la CPI au Soudan, 25.01.2023

Justice pénale internationale

13.01.2023 – La population civile paie le prix fort en Ukraine

Le 13 janvier, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est penché sur la situation en Ukraine. La Suisse a profité de cette première réunion en tant que membre du Conseil pour condamner une nouvelle fois avec la plus grande fermeté l'agression militaire de la Russie contre le pays. Elle a demandé à la Russie de cesser toutes les opérations de combat et de retirer immédiatement ses troupes. La Suisse souligne que toutes les parties doivent respecter le droit international humanitaire et les droits de l'homme.

L'ambassadrice suisse à l'ONU, Pascale Baeriswyl, a souligné l'ampleur des conséquences des attaques russes répétées sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes, y compris l'atteinte à des installations essentielles telles que les hôpitaux et les systèmes d'approvisionnement en eau. La protection des personnes civiles est l'une des priorités de la Suisse au sein du Conseil de sécurité de l'ONU. «Je réitère aujourd’hui l’appel de la Suisse à cesser toute attaque contre les civils et les personnes hors de combat, contre des biens civils et contre des infrastructures essentielles», a souligné l’ambassadrice Baeriswyl.

Des hommes de la protection civile ukrainienne sont formés à l'utilisation de véhicules de pompiers offerts par la Suisse.
Les missiles, l'artillerie et les attaques de drones provoquent des incendies et mettent en danger la population ukrainienne. La Suisse fait don de matériel de lutte contre les incendies à la protection civile ukrainienne et forme des spécialistes, ici en décembre 2022. © DFAE

Des efforts sont nécessaires pour trouver des solutions pacifiques, justes et durables. Outre son action au niveau multilatéral, la Suisse s'engage également au niveau bilatéral pour atténuer la crise humanitaire dans ce pays déchiré par la guerre. La Suisse a déclaré au Conseil qu'elle poursuivra son engagement direct en Ukraine. Elle le fera notamment en versant des contributions à des organisations partenaires et en fournissant des biens humanitaires tels que des générateurs mobiles ou des appareils de chauffage. Elle soutiendra aussi le processus de reconstruction en Ukraine initié à Lugano à l'été 2022.

«En tant que membres de ce Conseil, il nous incombe de tout mettre en œuvre pour que cette année soit placée sous le signe d’une paix juste, conforme au droit international, en Ukraine et ailleurs dans le monde», a souligné Mme Baeriswyl dans son intervention.

Déclaration de la Suisse au Conseil de sécurité de l'ONU, 13.01.2023

Newsticker Ukraine, DFAE

12.01.2023 – Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le conseiller fédéral Ignazio Cassis plaide en faveur du respect de la Charte des Nations Unies

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis a participé le 12 janvier à New York à un débat ministériel au Conseil de sécurité de l’ONU consacré à la promotion de l’état de droit.

Dans son discours, le chef du DFAE a exhorté les membres des Nations Unies à respecter le droit international et les principes de la Charte de l’ONU. La Charte interdit le recours ou la menace d’un recours à la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre État. «Les principes de la Charte sont aujourd’hui mis à rude épreuve. Ils ont été violés de manière flagrante dans le cas de l’agression militaire russe contre l’Ukraine», a affirmé Ignazio Cassis lors de son intervention devant le Conseil de sécurité.

Et de poursuivre : «Le travail des instances internationales, telles que le Conseil des droits de l’homme, la Cour pénale internationale et les différents mécanismes d’enquête et d’établissement des faits de l’ONU est d'une grande importance. Il est crucial que tous les États, ainsi que le Conseil de sécurité, coopèrent pleinement avec ces entités.». La Suisse œuvrera au sein du Conseil de sécurité pour continuer à renforcer l’état de droit.

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis s’est rendu à New York sur invitation du Japon. À l’instar de la Suisse, le Japon occupe depuis le début de l’année un siège de membre non permanent au sein du Conseil de sécurité de l’ONU. Il en assure la présidence durant tout le mois de janvier.

Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le conseiller fédéral Ignazio Cassis plaide en faveur du respect de la Charte des Nations Unies, communiqué de presse, 12.01.2023

Discours du conseiller fédéral Cassis au Conseil de sécurité de l'ONU, 12.01.2023

09.01.2023 – Le Conseil de sécurité de l’ONU reconduit l’aide humanitaire transfrontalière à la Syrie

Le 9 janvier 2023, le Conseil de sécurité de l'ONU a prolongé à l'unanimité le mandat de l'aide humanitaire transfrontalière en Syrie jusqu'au 10 juillet 2023. Conjointement avec le Brésil, la Suisse a présenté la résolution correspondante en tant que co-porte-plume qui s'engage pour le dossier humanitaire syrien au Conseil de sécurité.

La «résolution transfrontalière» permet aux organisations de l’ONU de fournir une aide humanitaire dans le nord-ouest de la Syrie, où plus de 4 millions de personnes dépendent d’une assistance humanitaire. Quelque 800 camions chargés de biens humanitaires traversent chaque mois le point de passage «Bab el Hawa» entre la Turquie et la Syrie. L’aide humanitaire transfrontalière comprend des denrées alimentaires, un soutien dans les domaines des abris d’urgence, de l’éducation, de la protection de la population civile et de la santé, ainsi que du matériel destiné à l’approvisionnement en eau et à l’assainissement. 

Des enfants marchent dans la neige dans un camp de déplacés internes.
Dans un camp de personnes déplacées dans la ville de Selkin, au nord-ouest de la Syrie, l'hiver peut être rude. © OCHA/Ali Haj Suleiman

Porte-plume pour la Syrie, la Suisse a accepté un dossier extrêmement important. La question de l’aide humanitaire sur place suscite depuis longtemps des points de vue divergents entre les membres du Conseil de sécurité. Lors du dernier vote en juillet 2022, un compromis a pu être trouvé pour une prolongation de six mois, après un veto lors de la première tentative. Le Conseil de sécurité de l'ONU a maintenant prolongé à l'unanimité le mandat de six mois supplémentaires. La résolution transfrontalière du Conseil de sécurité permet depuis 2014 de fournir une aide humanitaire transfrontalière à la Syrie. Depuis lors, elle a été renouvelée à plusieurs reprises par le Conseil de sécurité.

Conseil de sécurité de l’ONU reconduit l’aide humanitaire transfrontalière à la Syrie, communiqué de presse, 09.01.2023

Entretien consacré à l’engagement de la Suisse en Syrie

Déclaration de la Suisse au Conseil de sécurité de l'ONU 

03.01.2023 – La Suisse fait son entrée au Conseil de sécurité des Nations Unies

La Suisse a débuté son mandat au sein Conseil de sécurité de l'ONU. Les travaux battent dès aujourd’hui leur plein à Berne ainsi qu'à la mission de New York. Actuellement, les collaborateurs se concentrent sur la préparation des prochaines réunions du Conseil de sécurité relatives à la situation en Syrie et en Afrique de l'Ouest, ainsi que sur les informations à fournir au Conseil fédéral et au Parlement.

C'est précisément dans la situation mondiale actuelle, marquée par différentes crises, que l'adhésion au Conseil est une chance. Le Conseil de sécurité de l'ONU joue un rôle important pour la paix dans le monde. Outre les cinq membres permanents (Chine, France, Russie, États-Unis et Royaume-Uni), les dix États suivants siègeront en tant que membres élus en 2023 : Albanie, Brésil, Équateur, Gabon, Ghana, Japon, Malte, Mozambique, Suisse et Émirats arabes unis.

Discours Pascale Baeriswyl, 03.01.2023

La Suisse fait son entrée au Conseil de sécurité des Nations Unies, Communiqué de presse 03.01.2023
 

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