Département fédéral des affaires étrangères DFAE

«Nous avons besoin de la solidarité de chacun»

Dans une interview donnée à la Weltwoche et publiée ce mercredi 23 décembre, le conseiller fédéral Ignazio Cassis revient sur l’année écoulée. Si l’actualité évolue très vite et que la crise du coronavirus est loin d’être terminée, il insiste sur les décisions réfléchies du Conseil fédéral, la nécessité d’une solidarité globale et la force du fédéralisme helvétique. Il aborde aussi les prochaines étapes du dossier européen et l’importance d’une bonne boussole pour la politique extérieure suisse.

Photomontage pour illustrer l’interview, montrant Ignazio Cassis face à la caméra et deux bulles contenant l’une la question et l’autre la réponse.

Dans une interview donnée à la Weltwoche, le conseiller fédéral Ignazio Cassis parle de la crise actuelle du COVID-19, du dossier européen et de la Stratégie de politique extérieure de la Suisse. © DFAE

En cette fin d’année 2020, tout évolue encore très vite et la crise COVID-19 n’est malheureusement pas finie. Interrogé sur les mois écoulés dans les colonnes de la Welwoche, Ignazio Cassis évoque une année «avec beaucoup de souffrances». Il parle aussi d’espoir: «Le tournant de l'année est un symbole», dit-il. «Nous fermons une porte et nous en ouvrons une nouvelle».

Le tournant de l'année est un symbole: nous fermons une porte et nous en ouvrons une nouvelle.

«La réalité, c'est la Suisse»

Le Conseil fédéral a-t-il agi sous l’effet de la panique? Selon Ignazio Cassis, le Conseil fédéral prend des décisions de manière réfléchie. La situation liée au COVID-19 change tous les jours. Le Conseil fédéral poursuit un seul objectif, a-t-il rappelé; celui de sortir de cette épidémie avec le moins de conséquences sanitaires et économiques possible. Pour Ignazio Cassis, une solidarité commune et globale est essentielle pour lutter contre le virus. La Suisse a notamment appris de l'expérience de ses voisins. Mais au final, «nous suivons notre propre voie. Nous sommes guidés par la réalité. La réalité, c'est la Suisse», détaille-t-il.

Interrogé sur le fédéralisme en temps de crise, le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) indique que les mesures prises tiennent compte de cette particularité helvétique. «Le fédéralisme est intact. La Suisse, avec ses langues et ses cultures, n'aurait jamais la cohésion qu'elle a sans l'autonomie des cantons.»

Le fédéralisme est intact. La Suisse, avec ses langues et ses cultures, n'aurait jamais la cohésion qu'elle a sans l'autonomie des cantons. Elle ne peut exister qu'en tant que pays fédéraliste.

Accord-cadre avec l’UE et Stratégie de politique extérieure

Questionné sur le dossier européen, le chef du DFAE insiste sur l’importance d’un accord-cadre. «Je serais satisfait si nous avions un bon accord qui assurerait notre voie bilatérale», dit-il, rappelant que la Suisse gagne 1 franc sur 2 grâce à l’exportation, dont 60 centimes grâce à l’accès au marché de l’UE, et que «nous devrions probablement nous serrer la ceinture si nous devions un jour mettre fin à l'accord-cadre». Car « le plus grand mensonge est de prétendre que notre prospérité resterait inchangée sans un accord avec l'UE. » Interrogé sur les prochaines étapes de la négociation, Ignazio Cassis indique que cela prendra autant de temps qu'il faudra et que l’essentiel pour la Suisse est d’avoir un bon accord.

Les dernières questions de l’interview portent sur son action de trois années comme chef du DFAE. Pour lui, la Stratégie de politique extérieure 2020-2023 est une belle réalisation. «Pour la première fois de notre histoire, la Suisse dispose d'une stratégie de politique étrangère à large assise. C'est la nouvelle boussole par laquelle la Confédération doit s'orienter dans toutes ses activités de politique étrangère. Il n'y aura plus d'improvisation ni de décisions fondées sur l'inclination, la préférence ou l'appartenance à un parti. Chaque décision de politique étrangère doit suivre la stratégie.», note t-il finalement.

Le plus grand mensonge est de prétendre que notre prospérité resterait inchangée sans un accord avec l'UE.
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