Des poissons aux arbres fertilisants: l’impact de la recherche agricole dans les pays en développement

Article, 12.11.2013

Trois vidéos sur les projets soutenus par la DDC au Cambodge et en Afrique

En collaboration avec l’Initiative européenne sur la recherche agronomique pour le développement (EIARD), la DDC a financé 20 études de cas sur l’impact de la recherche agricole dans des pays en développement. Trois de ces projets ont fait l’objet de vidéos : la première traite de l’octroi de concessions de pêche à des pêcheurs locaux au Cambodge, la seconde parle de la propagation réussie d’arbres fertilisants, quant à la troisième, elle expose des méthodes naturelles pour lutter contre les mycotoxines (aflatoxines) en Afrique.

Les contributions de la DDC à «WorldFish» ont permis de soutenir des pêcheurs locaux sur le lac Tonlé Sap au Cambodge.

Les trois films montrent le travail mené par des institutions internationales de recherche agricole, soutenues par l’EIARD et ses organisations partenaires au Cambodge et en Afrique. La Suisse fait partie de l’EIARD (voir encadré).

Films de projet

Mise en réseau des pêcheurs locaux du lac Tonlé Sap
En 2009, «WorldFish» a lancé au Cambodge un projet de quinze mois qui visait la mise en réseau et le renforcement des pêcheurs locaux du lac d’eau douce de Tonlé Sap afin qu’ils puissent mieux communiquer leurs préoccupations et leurs besoins aux autorités. Le Tonlé Sap est le plus grand lac d’Asie du Sud-Est et l’une des zones de pêche les plus riches du monde. Plus de quatre millions de personnes vivent autour de ce plan d’eau et sont tributaires du poisson comme source d’alimentation et de revenus.
Les accès au lac et les concessions de pêche sont très prisés. Avant la réforme, les pêcheurs locaux devaient en permanence lutter contre la concurrence des conserveries commerciales et restaient impuissants face à la pêche illégale.

Le projet a ouvert un dialogue entre les pêcheurs locaux, les marchands de poissons et les anciens des villages. Les pêcheurs locaux ont ainsi appris à déceler les menaces qui pesaient sur leurs moyens de subsistance et à s’allier pour défendre leurs intérêts. Progressivement, les négociations sont passées du niveau local à l’échelle nationale conduisant à des changements radicaux. En 2010, le gouvernement cambodgien a ainsi repris 2500 hectares du lac aux conserveries commerciales pour les octroyer aux communautés locales de pêcheurs. En février 2012, il est même allé jusqu’à interdire à l’ensemble des entreprises commerciales de pêcher dans le lac Tonlé Sap, véritable victoire pour les pêcheurs locaux qui ont ainsi vu s’agrandir leur zone de pêche.

Les arbres comme fertilisants naturels
La deuxième vidéo présente le projet « EverGreen Agriculture » du Centre international pour la recherche en agroforesterie (CIRAF), l’un des instituts de recherche agricole que cofinance la DDC et dont le siège se trouve à Nairobi.
Le projet « EverGreen Agriculture », qui existe depuis les années 1980, encourage l’utilisation de certains types d’arbres, le Faidherbia albida par exemple, comme fertilisants naturels dans les champs ou les pâturages. Des études menées en Zambie ont ainsi montré que cette méthode a permis d’augmenter les récoltes de maïs.
La polyculture associant des arbres et des champs est, entre temps,devenue extrêmement populaire. En Zambie par exemple, plus de 160 000 agriculteurs plantent des Faidherbia albida dans leurs champs. Au Niger, ces arbres ont permis de reverdir et de rendre plus fertiles 4,8 millions hectares de terrain.

Lutte contre des aflatoxines mortels en Afrique
Les aflatoxines sont des toxines produites par le champignon Aspergillus flavus. Elles constituent une menace non seulement pour la santé de millions de familles pauvres en Afrique, mais également pour leur cheptel et la productivité agricole. Le champignon prolifère dans les sols cultivables et leur environnement immédiat et continue à croître lors de l’entreposage des récoltes.

Bien que les bonnes conditions de stockage réduisent les quantités d’aflatoxine, les chercheurs de l’Institut international d’agriculture tropicale (IIAT) ont tenté de trouver des moyens de protéger le fruit des récoltes directement dans les champs. Une nouvelle méthode a ainsi été mise au point, qui empêche la propagation de l’Aspergillus flavus. Un produit facile à utiliser et appelé« Aflasafe » a ensuite été développé avec des partenaires.

Le Kenya, la Zambie, le Burkina Faso et le Sénégal ont développé leur propre version d’« Aflasafe ». Solution naturelle, sûre et économique pour lutter contre les aflatoxines, le développement d’«Aflasafe » à une large échelle pourrait aider les pays africains à rétablir des liaisons commerciales essentielles et à protéger la santé de millions de personnes, actuellement menacées par des maladies causées par les aflatoxines.

Contexte

L’Initiative européenne sur la recherche agronomique pour le développement (European Initiative for Agricultural Research for Development EIARD) est une plateforme de coordination des pays donateurs dans ce domaine, lancée par des Etats membres de l’UE, la Norvège et la Suisse. Elle coordonne et harmonise entre autres les contributions financières versées aux centres de recherche du Consortium CGIAR (Partenariat mondial de recherche agricole pour un monde sans faim), comme l’IIAT, «WorldFish» et le CIRAF.