Stratégie

En Haïti, la coopération suisse au développement concentre son action sur les questions de la gouvernance locale, de l'économie rurale et de la sécurité alimentaire, ainsi que de la formation professionnelle et le développement économique. La Suisse s'emploie en outre à assurer une meilleure coordination entre les bailleurs de fonds afin d'accroitre l'éfficacité des interventions.  

Haïti est le pays le plus pauvre d’Amérique latine – environ 80 % de la population y vit avec moins de deux USD par jour. Le pays est régulièrement le théâtre de catastrophes naturelles, comme ce fut le cas en 2010, lors du séisme qui fit 230`000 victimes. La fragilité du pays se reflète aussi au niveau politique, ainsi que le démontre le retard avec lequel sont organisées les élections. Haïti dépend fortement de l’aide étrangère.

La coopération suisse au développement en Haïti a pour but d’améliorer les conditions de vie des populations les plus pauvres vivant dans les zones rurales et de promouvoir les principes de bonne gouvernance. Sur le plan géographique, ses activités se déploient essentiellement dans quatre départements situés au sud du pays. La Suisse s’efforce d’améliorer la coordination entre les donateurs, dans le but d’accroître l’efficacité de la coopération au développement.

Stratégie de coopération 2018–2021

Depuis 2013, Haïti compte parmi les pays prioritaires de la coopération au développement de la Suisse dans le cadre de son engagement dans les contextes fragiles. La stratégie 2018-2021 ancre la durabilité dans tous ses programmes en mettant l’accent sur trois nouveaux principes de travail : mettre les Haïtiennes et les Haïtiens au volant de leur développement ; utiliser de manière articulée et intégrée les instruments de l’aide humanitaire et de l’aide au développement ; construire le développement à partir du niveau local. Ce dernier principe (partir du local) fait la spécificité du travail de la Suisse en Haïti.  La stratégie de coopération 2018–2021 se concrétise par des interventions dans trois domaines prioritaires :

Gouvernance locale

La Suisse appuie les collectivités territoriales pour qu’elles investissent de manière équitable et transparente dans l’amélioration des services de base de leurs communautés (tels que eau et assainissement). Elle incite les interactions entre la société civile et les élus locaux, responsabilisant les acteurs quant à leurs droits (revendiquer et interpeller) et leurs devoirs (rendre compte et contribuer à la mise en œuvre des décisions collectives). La participation des femmes aux espaces de décision et la prise en compte des groupes les plus vulnérables dans les processus de décision des collectivités sont soutenues. Elle appuie, également, la gestion et l’intégration des risques liés aux aléas et changements climatiques.

Agriculture et sécurité alimentaire

La stratégie de la Suisse accompagne les producteurs en renforçant leurs capacités d’organisation, de réseautage, de plaidoyer et de développement d’innovations agricoles. Elle appuie les producteurs par la mise en place des mesures de diversification de leurs systèmes de production et de réduction de leur vulnérabilité environnementale. Elle travaille sur la disponibilité et l’accessibilité de services agricoles (y compris épargne, assurance et crédit) qui répondent aux besoins des petites exploitations agricoles familiales ainsi que sur l’amélioration des conditions de mise en marché de leur produit.

Formation professionnelle et développement économique

La Suisse encourage le développement d’une offre de formation professionnelle de qualité répondant aux besoins du marché et tenant compte des besoins en formation de base. Son public cible est, au moins dans un premier temps, constitué par les artisanes et artisans, les artistes et les techniciennes et techniciens des métiers d’arts. Sa stratégie soutient l’organisation et la structuration du monde des microentreprises artisanales, en particulier celles des métiers de la construction et de l’art, pour qu’elles deviennent des actrices reconnues et respectées de la vie économique et sociale. Elle accompagne les femmes vulnérables, particulièrement les artisanes et les artistes, pour qu’elles participent mieux à la vie économique et sociale, améliorent leurs revenus et renforcent leur résilience socioéconomique.

Le montant total prévu pour la période 2018–2021 avoisine les 74 millions CHF.