« La Suisse propose d’instaurer un modèle de la jeunesse de la Francophonie, afin de construire la paix et de construire l’avenir » (fr)

29.11.2014

Dakar, 29.11.2014 - Dichiarazione del presidente della Confederazione svizzera Didier Burkhalter - Vertice della Francofonia - Fa stato la versione orale

Oratore: Presidente della Confederazione, Didier Burkhalter (2014)

FDFA

Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Mesdames, Messieurs,

La jeunesse est le meilleur atout de la Francophonie et du monde ! Je suis heureux que la Francophonie en prenne pleinement conscience et se soit dotée d’une stratégie pour la jeunesse. La Suisse propose d’accompagner cette stratégie par la mise sur pied d’un « modèle des jeunes » de la francophonie. Cette simulation de l’OIF réunira des jeunes délégués de tous nos pays. Elle permettra de lancer des idées nouvelles, de stimuler et d’accompagner notre stratégie jeunesse. Elle rassemblera des jeunes francophones de tous horizons qui vivront une expérience unique et formatrice et créeront des liens entre eux pour la vie, des liens vibrants d’avenir entre nos pays. La première édition de ce « modèle » pourrait se tenir en marge du prochain Sommet ou de la prochaine conférence ministérielle en Arménie. J’ai placé cette année la jeunesse au cœur de la présidence du Conseil fédéral suisse. J’ai rencontré de nombreux jeunes, dans mon pays et de par le monde. J’ai été frappé par une chose : tous, quelle que soit leur origine et leur parcours, disent qu’ils rêvent d’un monde de paix, d’un monde qui leur permette d’accéder à une bonne formation et ensuite à un métier pour vivre dignement.

Une bonne formation pour tous, professionnelle ou académique. Du travail par une économie dynamique et inclusive. La paix et la sécurité. Ce sont les priorités politiques de la Suisse, intérieure comme  extérieure. Je me réjouis qu’elles soient aussi celles de la Francophonie.

Pourtant malgré nos efforts nous ne vivons pas encore dans un monde de paix. Au contraire les crises semblent se multiplier. Les crises politiques, humanitaires, sanitaires ont marqué 2014. Cela demande de notre part, représentants des gouvernements, un engagement d’autant plus fort et volontaire, en faveur de la paix, de la démocratie, du bien-être des populations francophones, en particulier des jeunes qui sont l’avenir que nous ne devons jamais laisser au bord du chemin.

Dans ce cadre, la Suisse se réjouit de la tenue en Algérie des négociations intermaliennes qui ont permis d’aboutir à un premier projet d’accord de paix entre le gouvernement et les groupes armés du Nord. Ces efforts doivent être soutenus par une volonté politique claire et résolue. Il faut qu’ils puissent mettre fin aux violences qui frappent les populations et qu’ils contribuent à stabiliser la zone du Sahel et du Sahara. La Suisse salue la mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies et l’opération française « Barkhane » qui lutte contre le terrorisme au Sahel. La Suisse - qui a participé au Comité de suivi et d’évaluation de l’Accord d’Ouagadougou - est prête à accompagner la mise en œuvre du futur accord de paix sur les volets de la décentralisation et de la réconciliation. La justice, la vérité et la réconciliation sont les clés d’une paix durable.

En République centrafricaine, le déploiement de la Commission d’enquête internationale visant à identifier les violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire constitue une étape importante. L’ouverture d’une enquête par la Cour pénale internationale doit contribuer, là aussi, à lutter contre l’impunité des hauts responsables de tous les groupes armés. Parmi les victimes les jeunes filles et garçons sont particulièrement vulnérables. Parfois ils sont même impliqués dans les combats. Il est prioritaire de prévenir le recrutement d’enfants par les forces ou les groupes armés et de travailler à la réinsertion de ceux qui en ont été les victimes.

Pour plus de sécurité, la Suisse se félicite de l’entrée en vigueur, le 24 décembre prochain, du Traité sur le commerce des armes (TCA). Elle propose d’accueillir à Genève son Secrétariat, ce qui permettrait la mise en œuvre la plus efficace et inclusive possible du Traité, vu les compétences réunies à Genève en matière de désarmement. Par sa situation et les pays qui y sont représentés, Genève, seul siège francophone de l’ONU, permettrait par ailleurs aux pays du nord et du sud de prendre part sur un pied d’égalité aux travaux liés au Traité sur le commerce des armes. Je vous invite à soutenir l’ancrage du Secrétariat au sein du monde francophone, à Genève.

En parlant de sécurité pour nos populations, nous devons aussi parler, hélas, d’un autre mal qui frappe le continent africain: le virus Ebola qui fait des ravages en Afrique de l’Ouest. La peur s’installe et la maladie détruit les systèmes de santé, rendant les populations plus vulnérables à d’autres maladies comme le paludisme. La Suisse estime que la communauté internationale doit renforcer ses efforts, par plus d’engagement et une meilleure coordination. La Suisse a décidé de tripler son aide humanitaire consacrée à la lutte contre Ebola et de soutenir la Mission des Nations Unies UNMEER. Des vaccins sont aussi actuellement testés dans deux hôpitaux suisses.

Le monde a besoin des organisations internationales afin de promouvoir le dialogue, de créer des ponts et d’agir pour la sécurité par la coopération. Cette année, la Suisse préside l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe OSCE.

Elle s’y engage notamment pour une désescalade de la crise en Ukraine. Le cessez-le-feu à l’Est de l’Ukraine connait de graves carences et la Suisse les condamne, notamment l’agression dont a été l’objet avant-hier à nouveau la mission d’observation de l’OSCE. Néanmoins ce cessez-le-feu existe, nous devons tout faire pour qu’il continue d’exister. La bonne tenue des dernières élections parlementaires marquent une étape importante. Il faut maintenant, sur cette base construire le chemin vers la paix. Celui-ci passe toujours et encore par l’application du protocole de Minsk, par le travail de la Mission spéciale d’observation de l’OSCE et par les activités du groupe de contact trilatéral Russie-Ukraine-OSCE.

La Suisse appelle toutes les parties à rechercher une solution politique à la crise par le dialogue et à respecter les droits de l’homme. Elle appelle les Etats qui se réuniront dans quelques jours au sein du Conseil ministériel à Bâle à ne pas aggraver les tensions existantes mais à chercher à les réduire ; à ne pas se contenter des divergences mais à construire les convergences, à favoriser le dialogue, à construire la paix.


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