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Prise de position, 31.10.2014

Laufen, 31.10.2014 - Discours de M. Didier Burkhalter, Président de la Confédération et Chef du Département fédéral des affaires étrangères, à l'occasion de la Conférence des Parlements des Jeunes - Seul le texte prononcé fait foi

Le président de la Confédération Didier Burkhalter entouré de participants à la Conférence du Parlement des jeunes à Laufon. © DFAE
FDFA

Liebe Jungparlamentarier,
Chers amis,

Ich werde diese Rede mit etwas Französisch anfangen. Oder anders gesagt: Frühfranzösisch !

Nous sommes en région alémanique ; vous venez en majorité de Suisse alémanique, mais vous êtes aussi nombreux à venir des parlements des jeunes de Suisse romande et la frontière linguistique n’est qu’à une dizaine de kilomètres en amont de la Birse. C’est ce génie du fédéralisme suisse que de travailler ensemble au-delà des différences linguistiques, mais aussi politiques et culturelles ; c’est le génie de la Suisse de construire ensemble en transformant ces différences en force, comme l’on additionne les couleurs pour faire un tableau.

De toute façon, je suis sûr que vous comprenez tous le français – les suisses alémaniques et tessinois parmi vous ayant sans doute tous bénéficié des vrais cours de « Frühfranzösisch » !

Colgo l’occasione per salutare i giovani provenienti dalla Svizzera italiana. Molto spesso sono i campioni del plurilinguismo in Svizzera. Essi dimostrano come da giovani si possano imparare varie lingue contemporaneamente. Credo che il futuro del nostro Paese debba fondarsi sulla formazione di giovani che praticano il plurilinguismo e non devono più scegliere fra una lingua nazionale e l’inglese. Potranno impararle tutte e due! 

Le slogan de cette conférence – « géniale diversité » ou « genial vielfältig » vous va comme un gant. Il sied parfaitement à la Suisse toute entière, à son passé comme à son avenir, à ses forces. Je suis particulièrement heureux que ce soit là la vision que vous avez de votre travail et de notre pays et je crois que vous avez mis l’accent exactement là où il faut.

La diversité, vous la vivez entre vous tous qui êtes présents dans cette salle – de par vos origines cantonales ou linguistiques. Je suis certain que la pluralité des points de vue enrichira vos débats ces prochains jours. Une diversité de points de vue qui résultera à n’en pas douter en la recherche de positions communes qui en seront d’autant plus forte, créatives et efficaces.

Et puis, la région dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui illustre d’une façon impressionnante la force de la diversité : une région frontalière, à cheval entre trois pays et deux langues. La diversité de cette regio basilensis a eu des incidences très nettes sur la qualité de vie et sur la prospérité des habitants de la grande région bâloise, tout au long de son histoire.

Au 17e siècle, des huguenots chassés de leur pays furent accueillis à Bâle où ils jetèrent les bases pour l’industrie chimique et la finance. Tandis que certains pays réduisaient leur diversité et s’appauvrissaient, Bâle commençait à bâtir son succès, celui que nous lui connaissons aujourd’hui et qui joue des tours en s’élevant haut dans le ciel de ce triangle des pays.

La diversité qui a fait fleurir et prospérer cette région n’est possible que grâce à deux ingrédients essentiels : d’abord, la tolérance. Et puis, l’ouverture. Ouverture de la région autour du « Dreiländereck » qui rend cette diversité aussi féconde ; qui fait de cette diversité une chance plutôt qu’un risque.

Ce n’est peut-être pas un hasard si un certain Erasme, venu de Rotterdam, a vécu ici et repose pour toujours dans le Munster de Bâle : grand apôtre de la tolérance et de l’ouverture, il a inspiré l’histoire et la pensée du continent  et il a donné son nom au programme d’échange « Erasmus », qui ouvre les esprits et l’avenir des étudiants européens, dont les suisses.

C’est cet état d’esprit qui a fait naître il y a presque 70 ans l’aéroport de Bâle-Mulhouse, unique aéroport au monde à bénéficier d’un statut légal binational. Cet aéroport a, lui aussi, contribué d’une façon importante au développement de la région toute entière. Accepter que cet aéroport participe à la diversité de cette région est la meilleure façon d’en assurer l’avenir. C’est un message fort qui a été rappelé hier à Paris.

Lorsqu’on m’a demandé de venir vous parler, on a souhaité que  je raconte comment j’ai accédé à la politique. Je n’aime pas trop parler ainsi de moi, mais je le fais – en quelques phrases - parce que c’est vous !

Dans ma jeunesse, j’avais envie de discuter de tout ou presque. Je dévorais les livres : d’abord Jules Verne, dont les histoires et les illustrations ont été, en quelque sorte, la source de mes premières insomnies… ; puis Camus, Dostoïevski, et bien d’autres encore ; et puis Malraux, que je lisais et relisais pour comprendre « la condition humaine », pour imaginer « l’espoir »...

J’avais commencé le gymnase scientifique mais j’aimais beaucoup mieux écrire que faire des expériences de chimie. J’ai rêvé de devenir journaliste, ou plutôt reporter et photographe, comme dans le temps où le monde était en partie inconnu. 

Je me suis intéressé à une telle formation ; mais je me suis vite aperçu qu’il me manquait quelque chose : observer et décrire, c’est bien, mais cela ne me suffisait pas. Il y a quelque chose d’amer à se contenter seulement d’observer le monde. Comment peut-on en effet seulement regarder lorsque l’on en en face d’un drame, en face des enfants qui manquent de tout dans de nombreux pays ou en face de la violence qui déchire la vie des gens ? Je voulais un monde de paix et de liberté, ce qui tout naturellement, implique de faire de la politique.

Mais assez parlé de ma jeunesse, revenons à la vôtre : le goût d’agir est la base même de la politique ; et c’est ce goût que vous partagez au-delà de toutes vos différences. Vous lisez d’autres livres, vous vous intéressez à d’autres formations ; mais je pense que vous comprenez le goût dont je parle.

Au fond de vous, vous savez que nous avons une responsabilité pour notre société, pour notre pays, pour notre planète. Que nous devons construire ensemble un avenir meilleur, un avenir de paix et de liberté. Et tout au fond de vous, vous savez déjà que nous le devons à ceux qui viendront après nous…

Cette responsabilité est la définition même de la politique, la « gestion de la cité » des grecs anciens. C’est en son nom que le monde va définir l’année prochaine de nouveaux buts pour le développement durable après 2015. J’ai rappelé cette responsabilité aux chefs d’Etat réunis il y a un mois à New York dans le cadre de l’ouverture de l’assemblée générale de l’ONU, cette responsabilité collective, celles des Nations et des individus.

Nous, les gouvernements, nous avons une responsabilité ; mais vous aussi, les jeunes ! Sans votre aide, le monde de demain, ce monde qui est de plus en plus le vôtre, ne pourra pas être construit. Nous comptons sur vous, sur votre engagement, votre créativité, votre énergie. 

Liebe Jungparlamentarier

Sie alle engagieren sich im Rahmen eines Jugendparlaments – auf Kantons- oder Gemeindeebene; im Rahmen von Strukturen, die je nach Kanton und Gemeinde mehr oder weniger eng mit den Behörden zusammenarbeiten. Sie stellen damit Ihr Engagement für unsere Gesellschaft unter Beweis und lernen gleichzeitig, was Politik in der Schweiz bedeutet.

Sehr oft ist Politik eine Miliztätigkeit und sehr oft kommen in unserem föderalistischen Staat massgebliche Impulse von den Gemeinden oder den Kantonen – nicht vom Bund. Daneben lernen Sie als Mitglieder eines Jugendparlaments etwas vom Wichtigsten: nämlich aktive Bürger zu sein. Dafür möchte ich Ihnen persönlich und ganz einfach danken.

Jugendparlamente spielen eine wichtige Rolle: sie sind ein Ort, wo junge Menschen politisieren können und politisiert werden. Sie sind ein Ort, wo politische Kultur entsteht. Ein Ort, wo die politische Kultur von morgen entsteht. Wenn ich sehe, dass diese im Zeichen der „genialen Vielfalt“ steht, stimmt es mich für die Zukunft sehr optimistisch. Denn Vielfalt und andere Meinungen zu respektieren, ist die Grundlage unserer politischen Kultur. Diesen Werten müssen wir Sorge tragen, denn sie werden immer wieder in Frage gestellt.

Politische Kultur und politische Bildung ist in einem Staat wie der Schweiz besonders wichtig. Die Bevölkerung kann sich regelmässig an der Urne zu wichtigen Fragen äussern. Zu Fragen, die die Zukunft unseres Landes direkt betreffen. Entscheide fällen, die auch kommende Generationen betreffen. Die Verantwortung für das Land liegt dabei bei jedem einzelnen Stimmbürger– es ist wichtig, dass sich alle dieser Verantwortung bewusst sind, denn die Beschlüsse an der Urne sind bindend und wirken rasch.

Dazu ein Beispiel: Am 9. Februar haben die Stimmberechtigten die Masseneinwanderungsinitiative angenommen. Damit haben sie der Regierung den Auftrag erteilt, die Zuwanderung besser und eigenständiger zu steuern. Der Bundesrat hat den Wählerauftrag verstanden und setzt ihn konsequent um, zusammen mit Kantonen und Gemeinden und auch mit den Sozialpartnern. Mit Massnahmen in der Wirtschafts- und Sozialpolitik, in der Verkehrs- und Infrastrukturpolitik, zur Stärkung des Arbeitsmarkts und der Raumplanung und mit einer besseren Umsetzung der flankierenden Massnahmen werden wir das gewünschte Ziel erreichen.

Allerdings steht der neue Verfassungsartikel im Widerspruch zum Personenfreizügigkeitsabkommen mit der EU. Dieses Abkommen ist ein zentraler Pfeiler des bilateralen Wegs, der der Schweiz über Jahre sowohl Wohlstand, als auch Unabhängigkeit gesichert hat. Das wissen die Bürger und sie stehen in Abstimmungen und gemäss Umfragen hinter dem bilateralen Weg. Der Bilateralismus soll auch für Sie, für die kommenden Generationen, der Weg der Schweiz, zu Eigenständigkeit und Erfolg sein. Dank der bilateralen Verträge blüht der Handel mit der EU – an jedem Werktag tauschen die Schweiz und die EU Waren aus im Wert von knapp einer Milliarde Franken.

Dank der bilateralen Verträge können Jugendliche aus der Schweiz im EU-Raum ein Auslandsemester oder ein Berufspraktikum absolvieren – Erasmus lässt grüssen. 2013 machten davon 7000 Jugendliche in Ihrem Alter von dieser Möglichkeit Gebrauch. In vielen weiteren Bereichen profitieren sowohl Schweizer als auch EU-Bürger vom bilateralen Weg.

Aus diesem Grund will der Bundesrat mit der EU verhandeln, um den Wählerwillen umzusetzen: für eine bessere Kontrolle der Einwanderung und für die Weiterentwicklung des bilateralen Wegs. Dafür hat die Regierung nur drei Jahre Zeit (ab dem 9. Februar 2014, also jetzt nur noch ein bisschen mehr als zwei Jahre; das ist eine grosse Herausforderung). Die Diskussionen haben begonnen, sie werden nicht einfach und erfordern viel harte Arbeit. Zwar will die EU nicht über das Grundprinzip der Personenfreizügigkeit verhandeln. Sie ist jedoch bereit, über die Modalitäten der Umsetzung zu diskutieren. Und darum geht es hier auch: niemand bestreitet, dass es eine gewisse Personenfreizügigkeit braucht – die Frage ist: Welches Ausmass sie annehmen kann und soll?

Die Abstimmung vom 9. Februar hat konkrete Folgen. Seit die Stimmberechtigten ihre Verantwortung wahrgenommen und an der Urne Ja gesagt haben, nimmt die Landesregierung nun ihrerseits ihre Verantwortung wahr und setzt den Volksauftrag konsequent um.

Liebe Jungparlamentarier,

viele von Ihnen sind 18 Jahre alt oder älter und können bereits abstimmen. Einige von Ihnen sind auch jünger – vielleicht haben ein paar von Ihnen das Glück, im Kanton Glarus zu wohnen, wo das Stimmrechtsalter 16 gilt (vielleicht folgen in den nächsten Jahren auch einige andere Kantone). Sie alle aber sind politisch aktiv und tragen Verantwortung für die Zukunft.

Eine solche Verantwortung tragen die Stimmberechtigten auch wieder in einem Monat, wenn sie über die Ecopop-Initiative abstimmen mit Ihren extremen Forderungen. Es geht darum, eine wichtige Weiche für die Zukunft unseres Landes zu stellen. Die Initiative verbaut Zukunftsperspektiven, also Ihre Zukunft, liebe Jungparlamentarier, und zwar gleich in doppelter Hinsicht: Sie will die Zuwanderung mit starren Zielvorgaben drastisch einschränken und gleichzeitig verschwendet sie Entwicklungshilfegelder. Die Schweiz würde genau die Offenheit einbüssen, die beispielsweise zum Erfolg dieser Region geführt hat. Die Hugenotten, die im 17. Jahrhundert den Wohlstand der Region Basel mitbegründeten, wären nach Annahme der Vorlage nicht mehr willkommen.

Die Zahl der Grenzgänger würde hingegen stark steigen – sie sind von der Initiative nicht betroffen. Der Druck auf die Verkehrsinfrastruktur würde in der ganzen Schweiz, und besonders in Grenzregionen wie hier, zunehmen. Es würde mehr Verkehr entstehen, mehr Stau, mehr Luftverschmutzung, was kaum mit den angeblich ökologischen Zielen der Initiative vereinbar ist.

Die Initiative verbaut auch auf einer anderen Ebene Ihre Zukunftsperspektiven: Bereits ab dem nächsten Jahr würde die Zuwanderung drastisch reduziert. Die Bestimmungen, die mit dem Personenfreizügigkeitsabkommen unvereinbar sind, würden das sofortige Todesurteil für den bilateralen Weg bedeuten – ab dem 1. Januar 2015 – und damit die Brücken zu unserem wichtigsten Wirtschaftspartner und einzigen Nachbarn kappen.

Die Ecopop-Vorlage ist gleichzeitig auch eine Verschwendung von Entwicklungshilfegeldern, weil sie den Staat zwingt, mit über 150 Millionen Franken jährlich Familienplanung in Entwicklungsstaaten zu finanzieren. Solche dogmatischen, ja, fast neokolonialen Entwicklungsansätze bringen keinen nachhaltigen Nutzen; weder für die betroffenen Menschen, noch für die Menschheit insgesamt.

Will man den Ärmsten der Welt wirklich helfen, muss man ein differenziertes Vorgehen wählen, der jeweiligen Situation angepasst und mit nachhaltiger Wirkung. Die nachhaltigste Hilfe ist aber die Investition in das wertvollste Gut, das wir haben: in Bildung und Ausbildung der Menschen. Denn Bildung fördert Freiheit und Selbstbestimmung der Menschen, was übrigens sehr oft auch tiefere Geburtenraten mit sich bringt.

Menschen, die gar nichts haben, brauchen unzweifelhaft Unterstützung – Hilfe zu Bildung, Gleichstellung und Gesundheit, auch sexueller Gesundheit. Solche Massnahmen sind wirksam.

Genau dies leistet die Schweiz – mit einem bemerkenswerten und langfristigen Engagement, das einen Franken pro Tag und Einwohner kostet. Der Bundesrat will Unterstützung für diejenigen aufbringen, die es wirklich brauchen. Und nicht einen Teil davon für eine fehlgeleitete, dogmatische Vision verschwenden.

Chers jeunes parlementaires,

Vous êtes créateurs de solutions et de culture politique. Par vos débats, et surtout par vos convictions et vos valeurs, vous assumez une responsabilité importante pour l’avenir du pays, pour votre avenir et celui de vos enfants à venir...

Au cours de sa présidence de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) cette année, la Suisse a voulu se faire la voix de ce génie de la jeunesse. Elle a voulu être la porte-parole de la jeunesse de la zone euro-atlantique et eurasienne en créant un « modèle » de l’OSCE formé de 57 jeunes ambassadeurs venus de tous les pays participants.

Ces jeunes se sont vus à plusieurs reprises, ils ont beaucoup échangé sur un portail extranet. Ils ont débattu, négocié, décidé. Avec une règle complexe, celle de l’OSCE : toutes les décisions requièrent l’unanimité. De quoi pousser au dialogue et à la recherche du consensus. Et ils y sont parvenus ! Dans un mois ils seront avec nous à Bâle : ils viendront parler devant les ministres des affaires étrangères des 57 pays réunis. Ils leur soumettront 144 propositions de la jeunesse pour l’avenir.

Une de ces propositions sera d’institutionnaliser un Youth Council ainsi qu’une Youth Conference annuelle de l’OSCE. J’espère vivement que cela deviendra réalité et la présidence suisse s’engagera fermement en ce sens. Car nous avons besoin de la jeunesse, de sa voix, de ses idées, pour – ensemble - construire demain.

Chers amis, la diversité de notre continent est sa définition même. Le succès de notre pays montre que la diversité peut être la clé du succès. Pourtant dans mes nombreux contacts internationaux et mes voyages, je n’ai pas besoin de relire Malraux pour voir les difficultés de faire triompher « l’espoir », pour voir les servitudes de « la condition humaine » : que de crises, que de tensions,  que de guerres sur notre planète, qui éclatent parce qu’on vit trop souvent la diversité comme un fossé au lieu d’en faire un pont vers l’avenir ; parce qu’on opte pour l’exclusion au lieu de choisir la tolérance ; parce qu’on craint d’opter pour l’ouverture et la confiance.

L’ouverture, lorsqu’elle est maîtrisée, renforce l’identité et ne l’affaiblit pas : la Suisse le démontre au quotidien. Au fond, notre monde, pour être plus pacifique, aurait besoin d’un peu plus de suissitude... Il a besoin de vous.

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Dernière mise à jour 28.01.2022

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