Renaturation de la rivière Raba en Małopolskie (Petite-Pologne)

Projet terminé

La vallée de la Raba, dans le sud de la Pologne, était autrefois un espace de détente de proximité attrayant, d’une grande valeur écologique. Mais les aménagements réalisés dans les années 1960 et 1970 ont modifié l’écosystème fluvial. À l’époque, on pensait pouvoir mieux réguler les eaux de la Raba en la canalisant et en construisant un système de digues dans la partie amont du cours d’eau. Aujourd’hui, on connaît les effets néfastes de ces interventions: les crues causent d’importants dommages matériels, les peuplements de poissons sont décimés et la végétation naturelle a pratiquement disparu dans le lit de la rivière. La Suisse soutient la renaturation de deux sections de la rivière, contribuant ainsi à améliorer l’écosystème.

Pays/région Thème Période Budget
Pologne
Protéger l’environnement
Biodiversity
Biodiversité
01.09.2011 - 31.12.2016
CHF 1'240'827

Remarque : les textes de toutes les rubriques, à l’exception des résultats obtenus, décrivent la situation avant le début du projet.

La Raba, qui prend sa source au sud de Cracovie, dans les Carpates, coule aujourd’hui dans un lit artificiel rectiligne. Dans les années 1960 et 1970, le chenal naturel avait été aménagé à des fins de mise en valeur des terres et de protection contre les crues, notamment pour libérer de l’espace pour l’autoroute qui longe la rivière. À l’époque, les autorités avaient en outre fait construire des digues et des murs de protection supplémentaires pour réduire la vitesse d’écoulement des eaux.

Aujourd’hui, les travaux de rectification des cours d’eau sont considérés comme extrêmement problématiques, notamment du point de vue écologique, car ils peuvent déstabiliser, voire détruire des écosystèmes entiers. Les espèces animales qui vivent dans les cours d’eau ou au bord de ceux-ci, comme les poissons et les oiseaux aquatiques, mais aussi de nombreuses espèces végétales sont menacées par les aménagements intempestifs. La rectification des cours d’eau augmente en outre le risque de crues: du fait de l’élévation de la vitesse d’écoulement sur leur cours supérieur, une masse d’eau trop importante se retrouve en aval en période de crue et déborde sur les berges, menaçant et détruisant des habitations et des infrastructures le long de la rivière.

Dans la vallée de la Raba, un problème supplémentaire est apparu: les poissons ne peuvent plus rejoindre leurs zones de frai car leurs voies de migration naturelles sont coupées. En outre, l’augmentation de la température de l’eau a un impact sur la flore et la faune: d’importantes espèces de poissons de la Raba ne sont plus présentes dans ses eaux.

Renaturation – plus d’espace pour la rivière, plus de qualité de vie pour tous

Le projet soutenu par la Suisse vise à renaturer deux sections du cours d’eau entre les localités de Lubień et de Stroza, et entre Krczińowka et Trzebuńka. Il est prévu de prendre les mesures suivantes sur un tronçon de 13 km de longueur:

  • Les digues et les ouvrages qui ne sont plus utilisés ou qui sont à moitiés détruits sont enlevés dans la Raba, mais aussi dans tous les affluents et bras secondaires de la rivière dans la zone concernée.

  • La zone alluviale, dans le lit de la rivière, doit être spécialement protégée en tant que zone inondable naturelle.

  • Ces mesures doivent conduire indirectement à une baisse de la température de l’eau, pour que le cours d’eau puisse à nouveau être colonisé par les espèces de poissons initialement présentes.

Le projet, qui doit également promouvoir l’écotourisme, est mis en œuvre par une organisation non gouvernementale locale et par le service de gestion des eaux de Cracovie, sur mandat du gouvernement polonais.

Satisfaire aux normes de l‘UE

Ce projet constitue un important exemple de renaturation d’un cours d’eau dans l’optique des nouvelles directives de l’UE sur la gestion de l’eau dans le cadre de Natura 2000. Natura 2000 est la désignation officielle d’un réseau cohérent de sites écologiques protégés, créé au sein de l’Union européenne sur la base d’une directive sur la protection de la nature adoptée en 1992. Il vise à assurer la protection transnationale d’espèces végétales et animales indigènes sauvages qui sont menacées ainsi que de leurs habitats naturels. En 1992, l’Union européenne avait signé la convention sur la diversité biologique (ou directive habitats- faune- flore), s’engageant ainsi à protéger la diversité biologique des espèces et des habitats. Le lit de la Raba compte parmi les zones protégées relevant du programme Natura 2000.