«Le double écho»

02.10.2016

Genève, 02.10.2016 – Discours du conseiller fédéral Didier Burkhalter à l’occasion de la dernière visite en Suisse du Secrétaire général des Nations Unies M. Ban Ki-moon et de Mme Yoo Soon-tek – Seul le texte prononcé fait foi

Orateur: Didier Burkhalter

© DFAE
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Monsieur le secrétaire général, Madame,
Mesdames et Messieurs, et chers Amis,

Dans trop d’endroits de notre monde, la souffrance est énorme. Depuis dix ans, Monsieur le secrétaire général, vous remuez ciel et terre pour réduire cette souffrance, pour faire comprendre aux nations qu’elles peuvent être davantage unies, qu’elles peuvent faire davantage ensemble…

Aujourd’hui, nous vous disons merci. Nous vous le disons de tout cœur et avec une franche amitié. Et lorsque je dis « nous », je crois pouvoir affirmer qu’il s’agit de toute la Suisse et de tous les Suisses. Et bien sûr de Genève. Genève que nous aimons appeler « la Suisse internationale»; Genève, qui est une chance extraordinaire pour notre pays : la chance de pouvoir contribuer à la paix et à des progrès communs pour notre destin commun. 

Monsieur le Secrétaire général, et cher ami,

Dans une vie, il y a toujours un fil rouge ; il y a une sorte de ligne personnelle que l’on peut découvrir si l’on regarde bien dans le cœur des hommes. Vous-même, votre ligne, vous l’avez tracée avec courage et clarté. Ainsi, il y a presque dix ans, au tout début de votre mandat, vous aviez déjà affirmé votre ligne. Vous aviez expliqué que, lorsque vous étiez collégien, votre maître d’école vous disait qu’il fallait garder la tête au-dessus des nuages, les pieds sur le sol, et marcher lentement, pas à pas. Vous ajoutiez que c’est ce que vous avez fait toute votre vie, investissant d’abord dans les résultats plutôt que dans des rêves qui promettent plus qu’ils ne peuvent tenir.

Dix ans après, ces phrases ont un double écho : un écho d’authenticité, vers le passé ; et un écho d’appel, vers l’avenir.

D’abord, l’écho d’authenticité du passé : durant ces dix dernières années, le « monde uni » a travaillé. La pauvreté extrême – cette terrible épée dans la chair, la vie et la dignité de tant d’êtres humains – a reculé. Les petits enfants qui ouvrent les yeux sur ce qui est notre monde d’aujourd’hui ont plus de chances de vivre qu’hier. Et ils sont toujours plus nombreux à découvrir la chance de pouvoir aller à l’école. Bref : vous pouvez entendre un écho de résultats.

Mais il y a encore ce second écho, vers l’avenir, cet appel : notre planète s’est dotée d’un de ses rêves dont vous vous méfiez un peu. Un rêve commun, sous la forme d’un chemin commun vers un objectif commun : l’agenda 2030 et puis encore l’accord sur le climat. Et ce rêve-là, Monsieur le secrétaire général, il devra devenir réalité. Tout simplement parce que nous n’avons pas le choix.

C’est dans le cadre de cette « Organisation des nations unies » que l’on peut transformer ce rêve en réalité. Mais ce n’est qu’avec la volonté bien éveillée de chacune des nations que l’on y parviendra. Et dieu sait qu’il reste du travail pour amener le rêve de paix, le rêve du développement et le rêve des droits de l’homme vers la paix réelle, vers le développement durable et vers les droits de l’homme pour tous.

Pour tout cela, nous allons nous efforcer de faire comme votre maître d’école disait : garder la tête au-dessus des nuages, garder les pieds sur le sol, et marcher lentement, pas à pas. Mon pays, la Suisse, va continuer de le faire avec sa culture pragmatique, d’écoute et de dialogue, de partage du pouvoir et de respect des minorités. A la Suisse, donc. Mais aussi avec nos rêves que nous voulons transformer en réalité, tout particulièrement pour un monde en paix.

Nous travaillerons, chacun à notre manière, pour le bien de notre pays et du monde, en nous inspirant aussi d’ailleurs de ces abeilles que nous avons offertes en 2012, lorsque la Suisse s’est rendue compte qu’elle venait de passer dix ans comme membre à part entière de l’ONU ; ces abeilles du rucher de l’Ariana  devant le Palais des Nations, qui lui aussi d’ailleurs va faire peau neuve après en avoir rêvé depuis longtemps ; ces abeilles qui, inlassablement, font du miel « pour un monde plus doux »…

Encore une fois, la Suisse vous remercie, Monsieur le secrétaire général. Nous avons aimé travailler avec vous. Pour l’avenir, mon épouse et moi-même, nous vous souhaitons – ainsi qu’à Madame – le plus beau des chemins : le chemin où l’on partage deux échos, côte-à-côte et pas à pas…


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